jeudi, 23 février 2006

L'ombre et la lumière

medium_borges.jpgIl est toujours étonnant, voire hilarant, de constater le résultat des traducteurs automatiques du net. Ainsi, en testant le traducteur Google sur la page de ce blog, j'ai eu la surprise de voir le nom de Jorge Luis Borges être traduite en "Jorge Shine Borges", ce qui, avouons-le, est un clin d'oeil brillant et poétique au plus clairvoyant des écrivains aveugles. Disons que c'est une traduction tlönnienne !!

vendredi, 10 février 2006

La mauvaise herbe qui pousse

Quand on est chrétien, on ne va pas se réjouir du fait que la foi des autres croyants soit ridiculisée. Nous avons eus, et nous avons toujours contre nous des tonnes de caricatures imbéciles qui sont publiées. Mais l'humour, même féroce, peut permettre de faire passer la pillule. Nous avons eus aussi droit à des méchancetés gratuites (l'affiche de Amen, les films de "la dernière tentation du Christ" ou "Je vous salue, Marie" entre autres) et des détournements qui ridiculisaient la religion chrétienne. La ligne jaune se franchit d'autant plus que la France est dans un état d'inculture religieuse dramatique. Enfin! le bon sens populaire faisait aussi la part des choses. En France, il est normal de brocarder et une caricature de talent sera toujours appréciée, même si ce n'est pas dit ouvertement. Il faut simplement que la caricature n'induise pas un mensonge éhonté.


L'Islam, dans sa pureté de diamant et dans son culte à un Dieu distant, très distant des hommes, n'admet pas de critiques, surtout venant des insoumis, des infidèles. Il n'admet aucune critique et sa conception de la politique est imperméable à toutes les contorsions génées de nos hommes politiques sans foi. La théocratie islamique ne s'embarasse guère de nuances, a fortiori quand les groupes de pression et les mouvements extrêmistes musulmans enflamment les foules. A la vue des images qui déferlent sur nos écrans, suite à la publication des caricatures de Mahomet, j'ai eu l'impression de voir les foules endoctrinées et fascinées du congrès de Nuremberg (le désordre en plus). Les voies du totalitarisme sont partout et les mauvaises herbes européennes (paiennes et laiques en ce qui concerne le nazisme) ont bien pris dans certains pays Musulmans.


Sous pretexte qu'on ne veut pas blesser les Musulmans, on ne veut non plus dénoncer la lèpre qui ronge l'Islam. Ce n'est pas faire injure aux fidèles sincères, chercheurs de la Vérité, que de leur dire que la gangrène risque d'emporter tout le corps.


J'ai peu de contact avec l'Islam et ce que je vois ne m'incite qu'à la prudence. J'ai lu le Coran, mais sans conviction car à franchement parler les Evangiles sont bien plus révolutionnaires et perturbateurs pour l'ordre établi. Le souvenir le plus frappant de l'Islam que je peux avoir est ce début de soirée passé sous les murailles medium_mosqueebleue.jpgde la Mosquée bleue à Istambul, où le Muezzin appelait à la prière du soir. Dans la pureté du ciel, la voix lançait des appels vers Dieu qui ne pouvaient que bouleverser le coeur. Dans ces appels, et uniquement dans ceux-ci, ce cri infini, cette plainte d'amour, je pouvais reconnaître le sentiment qui habite le coeur d'un fidèle Musulman qui cherche son Dieu. Dans tout le reste, et surtout dans les singeries totalitaires des imams manipulateurs, je ne vois que ruine de l'Homme. Il faudra sans doute sortir les épées pour lutter contre cette forme de fanatisme intolérant, mais il faudra surtout s'armer de la prière.

jeudi, 09 février 2006

L'impossible mémoire du communisme en Europe

"L'Assemblée parlementaire condamne avec vigueur les violations massives des droits de l'homme commises par les régimes communistes totalitaires et rend hommage aux victimes de ces crimes."

 Il aurait été plaisant que cette apostrophe soit émise par le Parlement français mais, las, il n'est pas possible d'évoquer cette question sans tomber dans l'oubliette. En 2002 déjà, le journaliste roumain Radu Portocala, qui demandait au président de l'Assemblée Nationale une minute de silence pour les millions de mort du communisme, avait eu comme réponse :"Il n'appartient pas au législateur français d'adopter un texte de reconnaissance de crimes politiques perpétrés en-dehors du sol national, texte qui, évidemment, ne pourrait avoir aucun caractère normatif." Réponse sans les tambours ni trompettes que l'on sort pour d'autres causes "mémorielles".

En mars 2005, bis repetita une lettre était adressée au Premier ministre, demandant quelques commémorations officielles reconnaissant la réalité des crimes de l'idéologie communiste. Las, la réponse fut éloquente. Au plus haut niveau de l'État, il est considéré que "le génocide perpétré par les nazis est au sommet de la barbarie, le déni de toutes les valeurs humaines. Cette tragédie unique dans l'histoire est un fondement de la conscience européenne moderne. Reconnaître cette vérité n'est pas méconnaître les conséquences de l'autre totalitarisme du XXe siècle (sic), porteur d'immenses tragédies individuelles et collectives".

Excusable politique

Le refus de nommer le communisme par son nom est déjà un aveu ! Mais le plus grave est que la qualification du crime dépend non pas de la réalité qui a frappé les chairs de millions de victimes mais de l'intention qui le portait. En effet, toujours selon la réponse reçue, "il faut cependant éviter les amalgames et reconnaître chaque situation historique pour ce qu'elle est : la Shoah était le produit d'une idéologie de mort et de négation de l'humanité sur un fondement racial. Les victimes de régimes comme celui de Staline l'ont été d'une violence politique portée à son paroxysme". La violence politique est toujours excusable et ne peut être mise dans la même catégorie que la violence raciale. Étonnant aveuglement et torsion de la réalité dans ces considérations de langage où l'on semble reconnaître implicitement que bonheur humain justifiait bien quelques moyens exceptionnels, insignifiants eu égard au but poursuivi, figé pour l'éternité dans une glue de bons sentiments.

C'est toujours dans cette disposition d'esprit que se trouve la France, alors que les pays d'Europe centrale, qui ont subi la réalité du joug communiste avec le complaisant silence ou la participation active des partis frères occidentaux, cherchent douloureusement à purger leur mémoire d'un poids écrasant. Le chemin est long et la démarche semée d'embûches. Le Conseil européen du 24 février 2005 avait déjà rejeté une proposition du député européen Vytautas Landsbergis qui demandait l'interdiction d'utilisation des symboles communistes, renvoyant les États devant leurs responsabilités à ce sujet. L'Occident, culturellement acquis au marxisme, ne parvenait pas à formuler une condamnation des régimes communistes et des crimes qui y étaient associés. Une telle condamnation risquait de surcroît à mettre en péril les relations commerciales avec la Chine !

Le 25 janvier 2006, toutefois, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe adoptait la résolution 1481 sur la "Nécessité d'une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires" sans toutefois arriver à une majorité pour l'application de recommandations concrètes comme la révision des manuels scolaires.

Pour l'initiateur de cette démarche, le suédois Göran Lindblad, l'adoption de la résolution est un "bon point de départ" pour continuer. "Alors qu'un autre régime totalitaire du XXe siècle, c'est-à-dire le nazisme, a été enquêté à fond, internationalement condamné et les responsables de ce régime ont été amenés en justice, des crimes similaires commis au nom du communisme n'ont été ni étudiés ni été condamnés internationalement", déclarait-il dans son rapport.

Criminelle comparaison

"Crimes similaires au nazisme". C'est sans doute sur ce point, quinze ans après la dissolution de l'URSS, que le bât blesse. Dans son communiqué de presse du 18 janvier, le Parti communiste français déclare que "le stalinisme est une perversion terrible d'un idéal communiste qui ne peut pas séparer l'égalité et la liberté, la justice sociale et les droits imprescriptibles de la personne. Le PCF n'a donc pas attendu la chute de l'URSS pour condamner les violations des libertés qui ont si longtemps bafoué et, parfois, continuent de bafouer les principes humanistes et démocratiques qui sont le cœur du projet communiste. C'est au nom même du communisme et de sa passion de la liberté, qu'il a marqué son refus des atrocités perpétrées dans tant de pays et pendant une si longue période. Rien, aux yeux des communistes français, ne peut effacer ces tâches indélébiles et le préjudice irrémédiable qui a touché des millions de victimes et leurs familles. Mais rien, à leurs yeux, ne peut justifier une assimilation révisionniste au nazisme. Ce n'est pas l'idée communiste mais sa dénaturation qui a produit les crimes. En identifiant le communisme et le nazisme, le projet vise à nier la place tenue par les communistes, à partir de leurs valeurs, dans le combat acharné contre le fascisme. De fait, il participe de la négation de l'exceptionnalité du phénomène nazi. Il contribue ainsi à la banalisation du génocide des juifs".

De même la Gauche unitaire européenne dénonce un rapport qui "instrumentalise (des) atrocités pour attaquer, marginaliser et criminaliser un courant politique dont les idéaux sont contraires aux crimes qui ont été commis". Pour clarifier la position de son groupe, il a lui aussi affirmé que les crimes "de régimes qui se prétendaient communistes […] doivent être condamnés comme doivent être condamnés les crimes commis ailleurs au nom de la démocratie ou du christianisme".

Tigran Tarossian, le vice-président de l'Assemblée nationale d'Arménie a renchéri en soulignant "qu'on ne doit en aucun cas faire amalgame des régimes communistes et totalitaires". Ces jeux de mots et ces torsions de la langue seraient plaisantes si elles ne cachaient pas une réalité faite de cadavres et de spoliations en tout genre. La statue du Commandeur de la lutte anti-fasciste, mise en avant depuis des lustres lorsqu'on évoque les crimes du communisme, tient encore, mais accuse tout de même de profondes lézardes sous le coup des plus récentes études historiques sur les régimes communistes à travers le monde.

L'objectif du Conseil de l'Europe est d'apurer la mémoire, cette mémoire collective des peuples qui provoque un si vif débat en France actuellement. Dans un article à paraître dans Liberté politique (n° 32, hiver 2006), le dominicain Emmanuel Perrier écrit que seule une histoire vraie est capable de porter une mémoire vraie, mais que celle-ci doit être également assumée dans l'ordre politique. Le fondement civilisationnel est là et non pas uniquement dans les travaux des historiens.

À l'Est, la lumière

Si l'intelligentsia communiste occidentale ne fait pas encore son deuil d'un idéal trahi, les peuples d'Europe orientale cherchent cependant à faire toute la lumière sur leur passé récent. C'est d'ailleurs bien par leur initiative que continue à se fissurer la perception que nous pouvions avoir du communisme. Une chose était de le professer dans des écrits dans une société repue de consommation, une autre était de le vivre dans sa chair. Les opinions sont donc diamétralement opposées. Les représentants bulgares affirmaient ainsi que seize ans après la chute du régime communiste, il était inacceptable que les dossiers reliés aux crimes commis par ce régime soient considérés confidentiels. Selon les députés, une telle attitude équivaudrait à ce que le gouvernement démocratique de la Bulgarie supporte le régime communiste en l'assistant à dissimuler ses crimes à la société. Des députés bulgares ont ainsi introduit au Parlement bulgare une proposition de loi établissant un Institut pour la mémoire nationale des crimes contre le peuple bulgare.

Une association croate de prisonniers politiques du régime communiste en Yougoslavie a pour sa part accueilli la décision de l'Assemblée avec joie. Son président, Alfred Obranic, a déclaré : "Il y a besoin de condamner les pires fléaux de notre histoire et de notre vie, le nazisme et le communisme." Selon lui, 100 000 Croates ont souffert d'emprisonnement lors du règne du régime communiste. Il affirme aussi que "le communisme a promu le respect des valeurs humaines, mais il a mis en place le contraire, ce qui le rend encore plus pervers que le nazisme".

La Roumanie a aussi entrepris des moyens pour rendre de telles informations publiques. À l'initiative de l'historien Marius Oprea, et après de fortes intimidations de la part des anciennes officines de sécurité roumaines toujours actives dans la vie publique, un Institut pour l'investigation des crimes du communisme en Roumanie a été créé par le gouvernement. Pour Marius Oprea, non seulement la décommunisation des structures d'État s'apparente à la dénazification, mais par ailleurs il considère le terrorisme d'État comme un crime imprescriptible. Le plus compliqué, dans les initiatives qui voient le jour, sera d'une part l'accès aux archives publiques et d'autre part la volonté de mener à bien ce processus dans un temps qui peut s'avérer très long.

Faire mémoire des crimes du communisme, ce n'est pas s'affranchir de l'impératif absolu qu'est la justice sociale, qu'est le combat pour la dignité des personnes. Ce n'est pas non plus absoudre les exactions qui se produisent avec d'autres systèmes politiques. C'est faire en sorte que l'homme soit au cœur de la société, et non plus la classe, la race ou le capital. Remettre les pendules à l'heure semble devoir être un impératif pour remettre l'Europe en marche.

jeudi, 12 janvier 2006

Françoise CHANDERNAGOR : La chambre

medium_2070767140_08_MZZZZZZZ.jpgFrançoise CHANDERNAGOR : La chambre

Les salauds !

« Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve ».

L’homme qui écrit cette lettre testamentaire du fond de son cachot n’a plus que quelques jours à vivre. Sa femme quelques semaines et son fils quelques mois. Il ne sera jamais roi, mais le sera néanmoins dans l’esprit de ceux qui le détiennent. Roi sans avoir été enfant, sans avoir pu exprimer des désirs d’enfant dans un monde assoiffé de sang. Roi d’un royaume circonscrit à une tour crasseuse, miteuse, où la vie se consume doucement. Un enfant-roi perdu, ballotté au milieu d’un univers ogresque qui sombre dans l’absurde totalitaire et égalitaire. Un enfant-roi qui est le sommet émergé d’un monde englouti. Un enfant qui n’a pas de haine ou plus de haine car pour avoir la haine, il faut avoir connu le monde. Le monde le rejette, l’éjecte, le vomit, lui « l’avorton » du « gros cochon », l’enfant du Temple sacrifié sur l’autel des idoles. Car c’est bien de Louis Capet, qui aurait été le dix-septième du nom, qu’il s’agit mais il pourrait s’agir de n’importe quel enfant maltraité à n’importe quelle époque.

« La chambre » de  Françoise Chandernagor nous renvoie l’enfant du Temple en reflet de nos mondes désocialisés, déshumanisés au point de sacrifier un bourgeon d’homme au nom de la raison d’Etat. Les bourgeons d’homme sont tout aussi sacrifiés aujourd’hui par une raison individualiste devenue le clone de la raison d’Etat. Bon sang ne saurait mentir chez la fille aînée des droits de l’Homme et de la Révolution, car sans nul doute, c’est bien au nom de ces droits que l’on dénie aujourd’hui comme hier ceux des plus faibles. Non pas que les injustices étaient inexistantes antérieurement à la formulation des droits mais leur proclamation rend leur violation plus criante. Allez, Vae Victis mais « fraternité » quand même.

Est-ce le dégoût qui nous monte au lèvres, dans cette évocation puissante du fils de Louis Capet seizième du nom ? Est-ce l’écœurement devant Mozart qu’on assassine, pour reprendre l’expression de Saint-Exupéry ? Sans doute les deux car dans un monde où les marées des massacres ne connaissent jamais de reflux, le radotage du mot « liberté » s’accompagne toujours en écho du mot « crime ». Quant à l’ « égalité », la pauvresse, il faut bien reconnaître qu’elle ne fut évoquée que face au « rasoir national » car dans les autres cas, il y eut des individus qui furent « plus égaux que d’autres », pour reprendre le mot d’Orwell, et dont la seule qualité fut de répandre la fange, l’ignominie et le malheur. La lecture du roman de Françoise Chandernagor laisse le lecteur dans une tension horrifiée. Il faut un grand talent pour susciter l’horreur en faisant de l’histoire. Malheur au pays dont le prince est un enfant. La France s’enfoncera dans la tourmente révolutionnaire et la gabegie humaine napoléonienne. Laissons aux historiens le soin de juger le livre de Mme Chandernagor. Pour nous, dans ce monde ou d’aucuns se réclament les héritiers des grands ancêtres « révolutionnaires », on ne peut avoir qu’un seul mot après avoir lu « la chambre » : Les salauds ! Une envie meurtrière subite vous prend pour arracher le malheur du cœur du monde, réduire à néant ceux qui nient l’homme. Réfrénons pourtant cette pulsion en relisant le testament de feu Louis XVI : « je prie tous ceux que je pourrais avoir offensé par inadvertance ou ceux à qui j’aurai pu avoir donné de mauvais exemples ou de scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait ». Pardonnons, pardonnons donc, même si ces mots ont manqué aux bourreaux du petit Louis, mais n’oublions pas !

ISBN-13: 978-2070767144

Dominique DAGUET : Le linceul du Ressuscité

medium_2866793919_08_MZZZZZZZ.jpgDominique DAGUET : Le linceul du Ressuscité

Par ce signe, tu vaincras

We shall not cease from exploration
And the end of all our exploring
Will be to arrived where we started
And know the place for the first time

Nous ne cesserons pas notre exploration
Et le terme de notre quête
Sera d'arriver là d'où nous étions partis
Et de savoir le lieu pour la première fois

T.S. Eliot, four quartets, Little giddings, V


Ce monde manque de poètes. Soit il les ignore, soit il les tue par l'indifférence qu'il leur manifeste, par la volonté de réifier toute chose vivante, par le désir de ne pas voir perturber une logique d'enfermement. Car le poète est d'abord prophète et chanteur et son chant comme ses prophéties sont insupportables à ceux qui ne veulent entendre que l'insatiable rengaine de leur petit orgueil. Mais le verbe du poète, une fois lancé, traverse tous les murs. Il est le reflet du Verbe initial par qui toutes choses furent faites et vers qui toutes choses reviendront. Gilbert Keith Chesterton disait que le monde manquait de prêtres et de poètes car tous deux ont la vocation de pontonniers, littéralement de faiseurs de ponts, "pontifex" entre le monde des réalités spirituelles et éternelles et celui des réalités temporelles et matérielles.


Le chemin vers le commencement

Incombe-t-il à Dominique Daguet de reprendre ce flambeau de pontonnier, de cantonnier plutôt tant son œuvre est irriguée par la trace, le chemin, le sillon imperceptible, la "piste de grâce / faite pour les chèvres", "la rugueuse route incessamment gravie" chère à Péguy ? Très certainement car il marche parmi les porteurs de lumière dont l'être profond ne s'illumine qu'au contact de l'Autre. Malgré son propre aveu d'impuissance lorsqu'il s'exclame :

Ah ! Que pesante est mon âme
quand elle voudrait n'être plus
que la légère haleine de Ton souffle,

Dominique Daguet montre une foi dévorante, débordante, qui transparaît et transpire dans une œuvre exigeante dont la profondeur théologique ne cède en rien à la beauté formelle. Voici un poète qui rend grâce des dons reçus au baptême qui le firent prêtre, prophète et roi, à l'image du seul Prêtre, Prophète et Roi dont la contemplation est son seul but. Comme le décrit le titre de son roman qui semble si autobiographique, il est "envahi" par Dieu, envahi par l'Etre, le Vivant, inondé de l'Infini et n'a de cesse de nous montrer à travers son œuvre les sentiers de la grâce. Toute la sensibilité de Dominique Daguet s'exprime dans une continuelle recherche du Royaume, du sentier qui y mène, de la contemplation du Roi dont il attend le retour avec ferveur, et de cette participation promise à "l'ineffable chant à trois regards – le grand hymne de l'univers". Ce Royaume n'est pour lui que l'unique demeure construite pour l'homme avant tous les siècles, voulue par un Dieu aimant ses enfants, lesquels ont oublié –ou perdu- le chemin y menant, malgré le désir prégnant qu'ils ont d'y parvenir. Ce chemin oublié "dans la dérive des jours" nous est ouvert par la grâce de l'Incarnation. Homme, "de ceci pourtant tu es assuré : / à ton salut d'homme perdu / l'unique passage offert ! / Et désirable, à en mourir".

C'est un appel au pèlerinage terrestre que Daguet nous lance. Une mise en route "vers ta maison, / chez toi, rien d'autre que ton pays, / un pays que tu ne connais pas", écrit-il dans son recueil de poésie "Désir du Seul" où il rejoint la grande contemplation vers l'au-delà que le poète anglais Thomas Stearn Eliot déployait dans ses quatre magnifiques quatuors, en cheminement vers l'éternité : "In my end is my beginning" (en ma fin est mon commencement). N'ayons crainte de convoquer les grands auteurs, d'établir des filiations littéraires. Les pas de Dominique Daguet s'inscrivent dans la grande tradition chrétienne et universelle de ceux qui ont cherché le visage du Vivant à travers l'écume du temps. C'est un cantique unique et inspiré qui monte vers Celui qui est seul digne de louanges, un même chant à plusieurs voix. Il est normal que les hommes inspirés par le même Esprit aient la même tonalité de parole à travers le flot des siècles qui les séparent, autant dire rien au regard de Celui qui est Père de toute éternité et qui ne cesse de souffler son influx vital à sa création. Comment en effet ne pas entendre en écho la voix de Saint Jean de la Croix, lorsque Dominique Daguet parle de "ce chemin qui hante ton désir, / ce chemin d'une rencontre telle / qu'elle suffirait pour l'éternité", chemin pourtant "obscur, étroit" mais néanmoins rempli d'une lumière ineffable qui nous renvoie à la "noche oscura" du fondateur du Carmel  ? Comment ne pas entendre également, nous l'avons vu, le rythme profond de T.S. Eliot  ou la psalmodie inspirée de Patrice de la Tour du Pin , lorsque Dominique Daguet s'exclame :

"Et l'esprit boit à la source :
une éternité,
tandis qu'ils s'effacent,
les mots,
inutiles désormais !".

 Le cheminement nocturne est la condition du poète et de tout homme en quête de vérité, mais " L'obscurité du passage prouve-t-elle l'effacement de toute lumière ?". Elle prouve simplement la difficulté de trouver le passage, la voie, le chemin par nos propres moyens. Nous reviennent sur nos lèvres les paroles déjà prononcées dans l'inquiétude d'une absence : "Vers qui irions-nous ?", que le poète complète dans sa crainte et sa faiblesse de voir monter la nuit de l'âme : "Si tu pars, qui viendras ? Qui s'installera, s'imposera, et prendra ta place ?".

De l’amnésie à l’anamnèse

Sous la plume du poète, la faiblesse de l'homme est caractéristique, permanente, répétitive. L'amnésie guette, volontaire, occultant tragiquement la destinée de l'Homme dans le plan de Dieu. Amnésie orgueilleuse pour ceux qui s'écrient :

Vivre où Il n'est pas,
voilà la charte et le contrat !
Qu'importe la nuit,
si Sa clarté ne nous aveugle plus ?

Aveu des cloportes et lombrics que nous sommes tous un peu même si existent quelques rémissions lucides durant lesquelles

"Monte en toi la surprise de L'avoir oublié, vide de mots, de pensées, et te surprend de t'être préféré
l'étonnement ou le vertige absurde aveuglement !".

Dans le cheminement difficile que le poète engage résonnent des appels à l'ascèse, à la purification, à l'aplanissement des montagnes chères au Baptiste. Le pèlerin de passage qu'est devenu cet Homme revenu dans le désir de restaurer son unité intérieure s'écarte des faux appels,

"les divertissements du monde
ses parades,
ses agenouillements au pubis des idoles,
ses frénésies au chevet de la mort".

 Il ne compte plus le temps qu'il a devant lui pour réaliser son chemin. Jeunesse et vieillesse se rejoignent pour l'éternité car,

"O jeunesse tremblante et oubliée,
même les murs les plus sûrs
se changent en tumuli de poussière".

 Pour le poète, le chemin seul est important, quel que soit le rythme auquel on le parcourt, ce chemin qui sonne la fin de quinze milliards d'années d'exil depuis le jardin d'Eden avant "qu'un ventre de femme ne t'ouvre le chemin du retour" vers "l'aire ancienne de tes premiers jeux". Dans ce double appel incessant de Dieu vers l'Homme et de l'Homme vers Dieu , appel qui taraude le poète, c'est Dieu qui fait la démarche ultime dans cet abaissement, cette kénose entre les mains meurtrières et meurtries des hommes. Le poète, par son vers : " Faible entre les faibles, Ô ! celui qui fit les mondes" résume intensément le dessein de Celui qui nous appelle en premier. Folie divine dont le mystère ne se déchirera que dans la nuit pascale. Au Grand Matin, la frontière de la mort sera abolie, sortant le monde de son enfermement. L'œuvre de Dieu fait que chaque être humain "sera tiré de l'éphémère / désordre des angoisses, des misères, / et mis hors d'atteinte par la Résurrection". Daguet, dans une double anamnèse des hommes en recherche de Dieu et du Christ en recherche de l’Homme, prolonge encore ici la constante recherche que St-Jean de la Croix chanta dans son Cantique spirituel .

Le signe de l'icône-mère

Résurrection ! Le mot en lui-même fait tressaillir si tant est que nous puissions encore tressaillir à force de l'avoir entendu. Il est impossible de s'y habituer tant l'événement paraît hors de proportion avec le monde connu. Pourtant, c'est toujours et encore ce fait fondateur de la foi chrétienne qui est ardemment combattu, c'est ce fait qui est en filigrane de la plus étrange pièce archéologique du monde : le Linceul de Turin. Il était presque dans l'ordre des choses que le poète, dans sa vocation de faiseur de pont, investisse le mystère Pascal, l'investisse d'autant plus qu'un témoignage physique fait tremplin à son élan poétique. Car c'est bien en ce sens de l’élan vers le Tout Autre qu'il faut lire le magnifique ouvrage (à mes yeux le plus beau sur le sujet) que Dominique Daguet a écrit sur le Linceul du Ressuscité. La pièce de tissu indique qu'une clef ouvre la porte d'un royaume qui ne sera plus soumis aux aléas de l'histoire tourmentée des Hommes. C'est littéralement un signe, c'est à dire une clef d'entrée pour une réalité supérieure à ce qui est signifié. Dominique Daguet insiste beaucoup sur cette notion de signe, filigrane de toute son œuvre, infiniment respectueuse de la liberté humaine. Un signe, ce n'est pas une preuve scientifique même si tous les points d'examens du Linceul repris dans le livre attestent, clament l'authenticité de cette "icône-mère", selon le beau terme qu'il emploie. Si authentique qu'il est difficile, désormais, de vouloir la retrancher du corpus des évangiles, tant elle lui est complémentaire. Bien entendu, Daguet va bien au-delà de la position officielle de l'Eglise, laquelle reste très prudente dans ses déclarations . Il est naturellement légitime de s'interroger au sujet du Linceul, d'avouer sa perplexité, ses doutes pour finir par exiger toujours de nouvelles preuves comme autrefois les Juifs demandaient au Christ toujours plus de "signes". Le poète, lui, s'accroche à ce seul signe de Jonas et, qu'il me pardonne cette facilité, se signe devant lui. Tout signe, insiste-t-il, est annonce de quelque chose, permet d'identifier ce qui est encore non advenu ou non apparent. Le Linceul annonce la Résurrection, est l'indice que l'essence de la création n'est pas toute contenue dans la seule étude de sa réalité objective : il permet l'identification d'un mystère capital, celui d'un homme qui a connu des supplices terribles, qui a connu les affres d'une agonie où même le créateur des mondes a chancelé devant la mort pour mieux épouser notre condition humaine , celui d'un homme donc qui, en atteignant un état devant laquelle la science reste muette, est passé à travers une étoffe en y imprimant une image qui ne pourrait être révélée (au sens littéral photographique) que vingt siècles plus tard.


Un signe de réconciliation

Un signe donc pour un temps où les hommes accumulent expériences sur expériences, zappings spirituels sur apostasies morales pour tenter d'accéder, finalement, au seul désir qui comble le cœur, celui de l'infini. Mais un signe, même majeur, pour une époque qui ne veut reconnaître que les siens, à grand peine d'ailleurs, qu'est-ce donc, si ce n'est quelque chose qui trouble, qui gène, qui dérange ? Ce bout de tissu légèrement marqué d’une roussissure qui forme l'empreinte d'un homme semble décidément de trop, remarque Dominique Daguet. Et de renchérir : "Pourquoi donc gène-t-il à ce point ceux qui, après tout, n'en ont rien à faire, Jésus de Nazareth n'étant pour eux qu'un homme ordinaire même si extraordinaire qui ne saurait avoir la moindre influence sur leurs pensées, leurs actes et leurs choix essentiels ? Gênerait-il parce qu'il orienterait l'esprit vers ce que le monde refuse en s'arc-boutant sur ses convictions idéologiques ? Parce qu'il accréditerait l'idée que la résurrection n'est plus une folie ? Qu'il soutiendrait cette notion scandaleuse que l'homme ne saurait se satisfaire d'être enfermé pour toujours dans l'espace, d'être contraint par un temps qui n'est qu'un écoulement de nature carcéral ? " Qu'il frapperait la raison, la provoquerait, la pousserait dans ses retranchements, mais l'accompagnerait aussi sur le chemin libérateur de la Vérité ? Sans doute cette étoffe, reconnaît le poète, porte la promesse d'une réconciliation que l'on attendait plus, la fin de l'opposition artificielle entre la Foi et la Raison, entre l'adhésion donnée à l'Eternel et à la découverte des phénomènes liés au temps et à l'espace. Pourtant, c'est bien une image qui parle pour notre temps, qui en est déjà saturé. C'est parce que cette relique a accédé, peu à peu, au statut d'objet scientifique, parce qu'elle a suscité d'inépuisables recherches mobilisant les chercheurs les plus experts dans les nouvelles technologies, que l'on peut en toute certitude s'agenouiller devant elle en pensant à Celui qui fut par et en elle enveloppé avant de s'en défaire, mystérieusement, afin de rejoindre Son Père [Notre Père] "qui est au Cieux". Cette remarque trouble l'esprit : car ce signe semble également, dès le début, n'avoir été envoyé principalement que pour notre époque audiovisualisée, qui regarde le labyrinthe de son nombril. Sans doute, déclare Dominique Daguet, une autre efficacité est-elle réservée au Linceul pour le temps où nous serions devenus incapables de témoigner de notre foi, où nous ne saurons plus transmettre le message de la Résurrection et de la Vie éternelle.


La première marche de la conversion

La Résurrection est le point d'achoppement, la pierre d'angle que nous rejetons encore et encore, même quand nous croyons, ou feignons de croire. La réincarnation ou l'évaporation dans les corps subtils sont tellement plus amusants en société. De la mort du Christ, qu'aurions-nous à faire s'il était resté pour toujours enfermé dans sa tombe , martèle le poète. L'image du Linceul parle à l'évidence de résurrection : impossible de l'oublier, car elle ne semble pas avoir d'autres fonctions. Peut-être insiste-t-elle beaucoup plus, malgré les apparences, sur la résurrection que sur la passion elle-même ! Peut-être que ce signe qu'Il nous a laissé n'a pas d'autre rôle plus urgent que Celui-là, focaliser notre attention sur la résurrection alors que tout aujourd'hui est fait pour nous détourner d'elle comme de l'idée de vie éternelle. Adhérer à la pensée que ce bout de tissu est un signe pousse à adhérer à la personne qui a tracé ce signe et à la réalité qu'il nous propose. Le Linceul fait poser le pied sur la première marche de la conversion au terme de laquelle nous accepterions de déposer un instant nos pauvres carapaces d'orgueil pour entrer dans cet infini qui déborde de toute part quand on commence à se mettre en route. Dominique Daguet rapproche cette mise en route de celle de Nicodème quand il  tourna le dos au Temple de Jérusalem pour prendre le sentier du Golgotha. En contemplant cette simple pièce de tissu, ce sont les bribes des fins dernières qui parviennent jusqu'à nous, de la fin des temps, de cette fin des temps que nous sommes incontestablement en train de parcourir d'un pas pesant. L'Apocalypse est en germe dans le tissu conservé en la cathédrale de Turin.


La chair, chemin du Ciel

Quelle belle méditation conduit Dominique Daguet dans ce premier chapitre sur la nuit de la Résurrection en prenant comme fil conducteur les saintes femmes qui cheminent dans l'obscurité du matin de Pâques, le Grand Matin, sortant de cette nuit où Dieu fit son œuvre, la nuit Génésique qui reprend tout pour rétablir l'homme dans la dignité de la lumière divine. Il y a du Péguy chez Daguet par le retour cyclique de l'idée, de la litanie, à chaque fois ouvrant sur une variation infime mais essentielle. Que dire de ses phrases ou vers construits en mots tous simples qui ouvrent pourtant une respiration vers le grand large ? Elles sont à manduquer, à digérer, à parcourir car elles sont lentes, longues, denses comme le plomb dans leur économie de mots, mais finalement, dans leur incantation incisive, si lumineuses. Elles sont l'expression d'un homme pour qui la foi en Jésus Christ, Sauveur des Hommes, n'est pas une posture intellectuelle. La foi de Daguet est charnelle, incarnée comme fut incarné le Verbe créateur de toute chose et vers qui nous retournons à travers nos chemins ronciers. Nous cheminons avec Daguet dans le silence du matin de Pâques ? Avec lui, nous sommes en route vers le Sépulcre qui semble barrer notre destinée terrestre. Il nous remet dans les pas du Crucifié dont l'acte d'abandon absolu entre les mains de son père a ouvert la voie pour le retour dans le Royaume qui nous est destiné de toute éternité. Le Christ, et lui seul, a abaissé la garde de l'épée étincelante que l'ange brandissait pour barrer l'entrée du jardin d'Eden.

Christocentrique, la méditation poétique de Dominique Daguet nous amène toujours à regarder le Fils de l'Homme au-delà de la pièce archéologique du Linceul. C'est réellement la continuation des oraisons et adorations conduites à travers le cheminement des siècles par tous ceux qui se sont mis à la recherche de la Sainte-Face. Seulement, Daguet voit réellement cette Face, ce visage qui nous est littéralement "révélé" par le tissu du Linceul. Et quel visage dont on aurait pu attendre qu'il soit celui d'un mort figé dans la douleur des sévices subis ! Au contraire, la paix dégagée par ce visage aux yeux encore clos dans sa remontée des enfers est celui qui appartient à la deuxième personne de la Trinité, au moment de sa définitive Transfiguration . Dominique Daguet, dans sa méditation qui puise également ses racines dans les résultats scientifiques les plus récents reprend dans une intuitive reprise du Credo, l'hypothèse selon laquelle l'impression de l'image serait celle du "flash", éclair de plusieurs millions de degrés mais de quelques millionièmes de secondes, qui ne saurait brûler la toile. La proclamation "Lumière né de la Lumière" s'inscrirait ainsi dans une double véracité de foi et de science qui peut en troubler plus d'un !

Plus encore, la plume du poète nous entraîne dans l'intériorisation du chemin de croix parcouru par Jésus. Jamais l'Incarnation n'a paru aussi concrète, matérielle, physique que par les traces des blessures, les meurtrissures reçues. Jamais ce qui nous relie à Dieu n'aura été aussi charnel. A la contemplation des zébrures du fouet, on saisit l'absurdité qu'à eu parfois l'Eglise de jouer sa pudibonde et son effarouchée face au corps qu’une morale puritaine et bourgeoise a cherché à cacher. Toute tentative d'effacement du corps marque la volonté d'effacer le Christ, d'effacer l'Incarnation, de gommer l'Etre, de laisser la place à une néantisation qui est le souhait profond de celui qui s'est opposé à Dieu. Nous touchons en compagnie de Dominique Daguet au cœur du Mystère de l'Incarnation quand la discrète trace inscrite sur le lin montre que le Mal dans tout son déchaînement n'a pu empêcher l'Amour de se manifester le plus fort, réduisant à néant ses prétentions de domination, d'écartèlement, de régression et d'amenuisement. La victime volontaire "nous invite à voir son Père nous appelant aussi bien du fond de Son éternité que du fond même de notre être ! Un être plus fondamentalement ancien et actuel que le cosmos même ! Il vient, est venu pour nous introduire en un passage dont nous ne savions plus rien, dont aucun homme, si brillant, si sage ait-il été, ne savait rien. Une porte si étroite que personne jamais, ne l'ayant vue, ne pouvait l'atteindre ni la franchir." Dans sa profonde méditation sur le Linceul, le poète rejoint sa quête du Royaume à travers les sentes de l'existence, il appelle à prendre le chemin pour densifier notre être personnel, l'unifier et le préparer à la rencontre du Seul, de l'Autre, de l'Unique. Et Dominique Daguet de nous placer dans une attente émerveillée : « Le portrait parfois précédait le prince, afin de faire patienter ceux qui l'attendaient. »

Décidément, ce monde manque de poètes !

ISBN-13: 978-2866793913

Désir du Seul, poèmes
Le Nouvel Athanor, collection "les cahiers du sens", 2000
ISBN 2-907069-26-8, 107 pages

Le Linceul du Ressuscité
Sarment / Editions du Jubilé, 2004
ISBN 2-866793-91-9
406p, 20 euros,

A lire également :

L’envahi
L'Age d'Homme (1997)
337 pages
ISBN : 2825110450

Le texte de cette page est disponible avec les notes de bas de page au format PDF. Téléchargez-le