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lundi, 26 février 2007

Jour blanc

Ceux qui arpentent les sommets des montagnes sur de faibles planches appelées skis, connaissent parfois ce phénomène nommé "jour blanc". Lorsqu'on est pris dans cette brume, tout relief s'efface, le monde entier perd sa réalité et le skieur se trouve pris dans un état quasi comateux, car perdant tous ses repères. Pour l'avoir vécu à plusieurs reprises, le jour blanc s'avère être assez angoissant et paisible à la fois. La paix vient bien entendu de la lumière dans laquelle on se trouve, lumière confortable qui irradie les pupilles. Mais en même temps, le jour blanc est angoissant car on ne distingue plus l'amont de l'aval, la droite de la gauche et que les informations données par le relief des montagnes sont gommées. A l'arrêt dans un jour blanc, il m'est arrivé de tombé sur place, ne sachant plus d'ailleurs si j'avançais ou non.

Ainsi vont les idées délétères qui ont cours en France, qui sous des dehors de paix et de générosité, de sérénité et de fraternité, d'égalité et de justice font perdre tout reflexe et tout repère à celui et celle qui leur tend l'oreille. Sous les dehors flatteurs des mots s'avance une réalité sociale bien plus cruelle, celle de l'euthanasie sociale. Les médias traditionnels sont de grands diffuseurs de brouillard, gommant les reliefs, adoucissant les contours pointus, atténuant les différences. A travers eux, tous les chats sont gris. Une fois que le brouillard est là, quelques idées bien placées sorties "spontanément" indiquent "l'état de l'opinion" vers une "évolution" sociale qui reflétera les nouveaux "progrès" du genre humain, avant qu'ils ne soient gravés comme nouveaux "droits de l'Homme". Quelles abstractions subtiles, quelles décoctions maçonniques, quelles répétitions bêlantes ! Les mots sont si piégés que cela me valut une petite anecdote de montagne.

Discourrant sur le temps (thème d'ouverture en France) avec quelques personnes, ces dernières constatent que les prévisions météo de TF1 sont complètement fantaisistes et contraires à la réalité constatée sur le terrain, en particulier sur les degrés d'enneigement des stations. Elles me disent que c'est du n'importe quoi. Je leur rétorque alors que si elles ont la preuve constatée que l'information météo est biaisée, il devrait en être de même pour toutes les informations diffusées par la chaîne, car passées au travers du même crible de non vérification. Réactions outrées et visages pincés des Téhaifistes qui me rétorquent : "vous êtes raciste !". Oui, je suis RACISTE parce que je n'aime pas une chaîne qui diffuse du prozac pour consommateur béat. Je leur dit alors qu'il y a des moyens alternatifs pour s'informer et recouper les sources, dont les sites internet. "Ah ! oui mais il y a aussi beaucoup d'erreur". Que voulez-vous, le mouton de Panurge aime bien manger son herbe grasse environné de jour blanc ... et je me suis fait traité de raciste parce que je disais que la vérité ne passait pas obligatoirement par la lucarne de la télé.

22:00 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Médias, Mots

lundi, 12 février 2007

Multiculturel et multiracial

Les hommes politiques, et aussi certaines femmes dont quelques unes briguent la magistrature suprême du pays, n'ont que ce mot à la bouche : "multiculturel", ainsi que ses dérivés que sont "diversité", "métissage", "mélange", j'en passe et des meilleurs. Bien entendu, surfant sur cette vague démagogique, il est paradoxal tout autant de les entendre louer les identités locales et les fiertés d'appartenance, à condition bien entendu que cette fierté ne soit pas pour les peuplades locales blanches du bout d'Occident qu'on appelle encore France. Ce serait du chauvinisme raciste non seulement nauséabond mais en plus puni par la loi. Dont acte, la confusion est vite faite entre le multiculturel et le multiracial et celui qui est monoculturel ne peut être qu'un monoracial et donc, raciste. La boucle est bouclée, haro sur le baudet de souche !

La mode est au mélange total mais les coloristes - Benetton ne dira pas le contraire - savent que lorsque toutes les couleurs se mélangent, cela nuit très clairement à la diversité car tout tend vers un marron gris indéterminé, celui qui "donne la même couleur aux gens", comme le dit la chanson.

Mélange d'idées funestes car la réalité veut que le monde soit multiracial, et que les races perdurent et échangent, non pas qu'elles se fondent en une seule - vieille utopie babélienne. Il n'y a aucune honte à être fier de sa race puisque nous sommes nés, par le hasard et l'amour des parents, dans un lieu et une communauté humaine que nous n'avons pas choisis. Autant le concept de supériorité des races est imbécile, autant l'est celui qui veut tout fondre et tout mélanger. Mais ce concept du grand "melting pot" chromosomique - qui est soit dit en passant une idée raciste puisque se focalisant sur les races - devient totalisant et source de guerre lorsqu'il débouche sur le multiculturalisme. Sur ce point, la responsabilité des dirigeants est écrasante lorsqu'ils minorent la culture d'une nation pour mettre en valeur des cultures hétérogènes incompatibles avec celles du pays d'accueil. En faisant ainsi, en minorant la culture héritée du passé, en décrédibilisant les initiatives de mises en valeur du patrimoine, en promeuvant les initiatives "culturelles" détruisant la langue et les arts hérités, en voulant faire table rase du pasé et en faisant en sorte que ce passé soit honni, ces hommes politiques sont des fauteurs de guerre civile. La France a le goût du beau, du vrai, de la fronde, de la rebellion, de la légéreté, de l'esprit, de la grâce, de l'universalité. C'est son caractère profond et ce caractère ne s'accorde pas avec les cultures qui misent leur développement par exemple sur les concepts d'honneur et de déshonneur plutôt que sur ceux de bien et de mal. L'écart est trop important et vouloir faire des mariages forcés, c'est vouloir la mort de la civilisation française.

Etre multiculturel s'apparente aujourd'hui comme un rejet des racines, de la culture héritée. Comment dès lors peut-on s'ouvrir aux autres si on a la haine de soi ? Soyons clair, la France peut absorber toutes les races car la France est avant tout une culture qui transcende les races et les ethnies. Je suis fier de François Cheng et de Léopold Sendar Senghor, je suis fier de tous les immigrés qui, a travers les âges, ont francisé leur nom en marque d'appartenance à la communauté nationale. Je suis fier du cardinal Mazarini, de Lulli et de Ivo Livi, je suis fier des ces immigrés asiatiques d'aujourd'hui qui choisissent des prénoms français pour leurs enfants, dès la seconde génération, je suis fier de ceux qui font l'effort de comprendre notre univers, notre civilisation, même avec beaucoup de difficultés car on sait ce que ces pas peuvent être difficiles. Je suis fier de ceux qui vont dans nos musées et visitent autre chose que les "arts du Moyen-Orient".

A ceux qui font l'effort de l'assimilation et du dialogue, je tends la main. Toute assimilation est un deuil des racines, et on ne peut totalement les oublier. Faire un chemin ensemble, ce n'est pas marcher à reculons, mais c'est déjà partager la même culture, celle du pays d'accueil. Si au bout de quatre générations, l'acculturation ne s'est pas faite, c'est que la culture étrangère est incompatible.

Aux politiques d'en tirer des leçons !