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mercredi, 31 janvier 2007
La République française l'affirme : la personne humaine est inaliénable
" On ne transige pas avec un principe : la personne humaine est inaliénable ", a dit le subsitut du procureur de la République du Tribunal de Bobigny, Samuel Gillis, en ajoutant que " quels que soient la tendresse et l'amour dont ces enfants ont pu être entourés après, ils ont tous commencé leur vie comme des choses ".
Rapporté dans Le Monde, 31 janvier 2007, page 10
Cela se passe dans une sordide affaire de trafic d'enfants venant de Bulgarie. Le substitut a raison mais la République est faible car les principes moraux qui sont évoqués et proclamés sont à géométrie variable en France. Pourquoi ? parce que la personne humaine n'est pas définie. Cela pose d'ailleurs un véritable problème dans un pays dont la tradition juridique repose sur du droit positif, c'est à dire transcrit dans un texte, à rebours des traditions d'autres pays. La véritable question est : qu'est-ce qu'une personne humaine ? Cependant, tenter de répondre à cette question constituerait l'ouverture d'un débat que bien des personnes ne souhaite pas voir ouvrir. C'est un peu la politique de l'autruche. Le principe fort louable d'inaliénabilité est un principe tout bonnement "nominaliste", c'est à dire qu'il en reste au niveau de la désignation verbale mais ne correspond en rien à la vérité de ce qu'il désigne. Il n'est pas "réaliste". La réalité impose que l'on examine le développement continue de la personne pour que l'on remarque qu'à AUCUN stade de son développement continue intra ou extra-utérin, l'être humain ne peut être considéré comme une chose.
Faire respecter le droit de l'Homme, et non simplement "les droits de l'Homme" en général, c'est cela.
20:20 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Culture de mort, Avortement, Droits de l'Homme
mercredi, 24 janvier 2007
Fondamentaux de la foi chrétienne
Les deux mystères principaux de la foi :
- Unité et Trinité de Dieu.
- Incarnation, passion, mort et résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ.
Les deux commandements de la charité :
- Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
- Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Les béatitudes évangéliques :
- Heureux les pauvres de coeur : le royaume des cieux est à eux !
- Heureux les doux : ils obtiendront la Terre promise !
- Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
- Heureux ceux qui ont faim et soif de justice : ils seront rassasiés !
- Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
- Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu !
- Heureux les artisans de la paix : ils seront appelés fils de Dieu !
- Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le royaume des cieux est à eux !
Les dix commandements de Dieu :
Je suis le Seigneur ton Dieu.
- Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi.
- Tu ne prononceras pas le nom de Dieu à faux.
- Tu sanctifieras le jour du Seigneur.
- Honore ton père et ta mère.
- Tu ne tueras pas.
- Tu ne commetras pas d'adultère.
- Tu ne voleras pas.
- Tu ne feras pas de faux témoignage.
- Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain.
- Tu ne convoiteras pas le bien du prochain.
Les cinq préceptes généraux de l'Eglise :
- Participer à l'Eucharistie dominicale et autres fêtes d'obligation et s'abstenir des travaux et des activités qui pourraient empêcher la sanctification de tels jours.
- Confesser ses péches au moins une fois l'an.
- Recevoir le sacrement de l'Eucharistie au moins à Pâques.
- S'abstenir de manger de la viande et observer le jeûne les jours établis par l'Eglise.
- Subvenir aux besoins matériels de l'Eglise, selon ses possibilités.
Les sept sacrements :
- Baptême.
- Confirmation.
- Eucharistie.
- Pénitence.
- Onction des malades.
- Ordre.
- Mariage.
Les sept dons de l'Esprit Saint :
- Sagesse.
- Intelligence.
- Conseil.
- Force.
- Science.
- Piété.
- Crainte de Dieu.
Les trois vertus théologales :
- Foi.
- Espérance.
- Charité.
Les quatre vertus cardinales :
- Prudence.
- Justice.
- Force.
- Tempérance.
Les sept oeuvres de miséricorde corporelle
- Donner à manger à ceux qui ont faim.
- Donner à boire à ceux qui ont soif.
- Vêtir ceux qui sont nus.
- Loger les pélerins.
- Visiter les malades.
- Visiter les prisonniers.
- Ensevelir les morts.
Les sept oeuvres de miséricorde spirituelle :
- Conseiller ceux qui doutent.
- Enseigner ceux qui sont ignorants.
- Réprimander les pécheurs.
- Consoler les affligés.
- Pardonner les offenses.
- Supporter patiemment les personnes importunes.
- Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.
Les sept péchés capitaux :
- Orgueil.
- Avarice.
- Envie.
- Colère.
- Impureté.
- Gourmandise.
- Paresse ou acédie.
Les six péchés contre l'Esprit saint :
- Désespoir du salut.
- Présomption de se sauver sans mérite.
- Contestation de la vérité connue.
- Envie de la grâce d'autrui.
- Obstination dans ses péchés.
- Impénitence finale.
Les quatre péchés qui crient vengeance devant Dieu :
- Homicide volontaire.
- Péché impur contre nature.
- Opression des pauvres.
- Fraude dans le salaire des ouvriers.
Les quatre fins de l'homme
- Mort.
- Jugement.
- Enfer.
- Paradis.
Source : supplément 30 jours
23:20 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Christianisme, Foi, Charité, Béatitudes, Commandements, Sacrements, Esprit Saint
L'Abbé Pierre au-delà de l'icône médiatique
Le décès d'Henri Grouès, appelé plus familièrement l'Abbé Pierre, donne lieu à un débordement de sentimentalisme qui évoque les larmes des crocodiles. Comment les plus hautes autorités de l'Etat - en deuil d'un christianisme traditionnel français qu'elles ont renié, ont-elles pû se jeter sur son cadavre pour récupérer une fraction de sa lutte quotidienne en faveur des pauvres, alors que ces mêmes autorités en place depuis des années ne font que peu de choses, somme toutes, pour loger les SDF (dont nombre de français de "souche") ? Cette récupération républicaine est honteuse car l'Abbé Pierre appartient d'abord aux pauvres et à eux-seuls. Il fut leur étendard et leur glaive, leur bouclier et leur manteau, leur chaussures et leur casque. Bien sûr, Henri Grouès avait des opinions politiques très arrêtées, avec lesquelles je ne peux être d'accord. Le militant surgissait parfois, laissait paraître le bout de son drapeau rouge mais son principal drapeau rouge, c'était celui du manteau d'officier romain de Saint Martin.
Comment ne pas mettre en relief cette proximité entre le geste insensé de Martin, qui savait la condamnation qui l'exposait pour avoir donné du matériel militaire à un civil, et la radicalité évangélique qui a saisit le jeune Henri avant son vingtième anniversaire. Entre les deux hommes, il y avait le regard du pauvre, le regard du Christ. L'Abbé Pierre appartenait au Christ avant d'appartenir à Marx, il le rappelait et défendait son Eglise, même s'il n'était parfois pas d'accord avec Elle, et un peu en marge. Il savait qu'il vivait sous le regard du Christ, dans l'espérance folle de le croiser le jour où son tour serait venu.
Petit collégien, j'ai eu l'occasion de rencontrer l'Abbé Pierre. Je me souviens de sa tête d'icône médiatique - qu'il cultivait tout de même un peu - mais fidèle à ce qu'il semblait être sur les images de la télé ou des magazines. Il avait le verbe haut et parlait des pauvres. Non pas de ces pauvres abstraits qui font l'objet des campagnes se "solidarité", si désincarnées, mais des personnes qui avaient une vie, des amis, de la famille, que l'on croisaient tous les jours. Il nous avait distribué des médailles où - si ma mémoire ne me trahit pas - il y avait une miche de pain d'un côté et le mot "Emmaüs" de l'autre, car c'est dans ce village, en rompant le pain, que les apôtres reconnurent le Christ. Voilà mon souvenir de cet homme que le pouvoir laïc d'une république sans âme et sans pitié pour les plus faibles canonise sans vergogne.
L'Abbé Pierre a choisi la radicalité de l'Evangile, comme les prêtres et les évêques, les moniales et les moines, les laïcs chrétiens du monde entier. Il a appliqué à la lettre les prescriptions du Christ : donner à manger à ceux qui ont faim, vêtir ceux qui ont froid, loger ceux qui sont dehors.
Puissent ses oeuvres éclairer les nôtres... et puissions-nous rester, nous aussi, sous le regard du Christ.
22:15 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Abbé Pierre, Christianisme, Saint Martin, Charité
vendredi, 19 janvier 2007
Halde-là !
Dans le métro s'étale de grandes affiches de la HALDE demandant aux personnes subissant des discriminations de la saisir. La seule preuve de cet affichage montre bien que l'intérêt de cette eniemme haute autorité n'est pas démontré. Surtout, elle fait dans le message subliminal en mettant une petite silhouette noire environné dans un gigantesque environnement blanc. Que ceux qui ont les yeux suffisamment ouverts regardent et comprennent.
Pour ma part, la Halde adresse d'abord un message ethnique, ceci au mépris de sa propre mission au sein de la République Française. Dans son traitement médiatique, la Halde s'adresse d'abord aux communautés étrangères. C'est faire injure complète aux étrangers qui travaillent avec ardeur dans les entreprises et administrations et qui n'ont jamais eu le sentiment d'être différents. En accentuant le message, la Halde génère elle-même un sentiment d'exarcerbation qui peut pousser aux extrêmismes, y compris communautaires. Ainsi, une personne dont on aura refusé la promotion pour raisons légitimes pourrait s'adresser à cet organisme en mettant en avant une discrimination. Cela ouvre une boite de Pandore pour la dégradation des rapports sociaux. Ce type d'organisme force la nature humaine, qui n'est pas reluisante certes, mais qui n'a nul besoin qu'on la police comme on est en train de le faire de manière institutionnelle. Au lieu de travailler sur l'assimilation des personnes étrangères dans une culture française qui s'impose à elles, on joue sur leurs différences. Certaines différences ne peuvent s'adapter à toutes les situations, d'autres oui. Si l'objectif de la Halde est honorable, les moyens pour y arriver sont plus discutables. Surtout, l'idéologie de métissage à outrance qui la sous-tend est détestable. Il ne s'agit plus de faire de l'égalité mais de l'égalitarisme où celui qui dépasse où n'est pas assez long est ramené à la taille que le tyran défini, comme dans la légende du lit de Procuste. J'aurais pour ma part souhaité que l'accent soit plus visiblement mis sur les difficultés d'insertion des prisonniers et des handicapés (bel effort de traduction en LSF sur leur site, soit dit en passant)
Pour l'humour, que l'internaute aille voir sur le site Wikipédia le résultat de recherche quand on tape "halde" (la première définition vaut son pesant d'arachide si on la rapporte à la Haute Autorité) ; et qu'il aille voir sur les images de Yahoo quand on saisit le même mot en recherche multilingue. Il est évident que ceux dont la photo s'affiche ne seront jamais recevables dans les petits papiers de cette administration française (la composition du Conseil d'administration étant fort éclairante à cet égard).
22:15 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : HALDE, Discrimination, Idéologie
mercredi, 17 janvier 2007
Recensions, critiques, notes de lecture
Voici quelques livres lus dans les mois passés. Je regroupe dans cette note les différentes recensions faites. Cela vient remplacer la précedente liste disponible sur la plate forme de l'hébergeur, fort peu pratique quand elle s'allonge. La présente liste est classée par ordre alphabétique des auteurs. Les nouveautés sont indiquées en rouge. Cette note sera republiée actualisée à chaque parution.
LES LIVRES FRANCHISSEURS
Marcel CLEMENT : Les nations ont-elles une vocation ? Et la France ?
Eugenio CORTI : Le cheval rouge
Jean-François MATTEI : La barbarie intérieure
Dimitri MEREJKOVKY : Atlantide-Europe, le mystère de l'Occident (Cf. extraits)
Lucien REBATET : Les deux étendards
LES AUTRES LIVRES
Brian ALDISS : Super Etat
Juan ASENSIO : La littérature à contre-nuit
Jacques BENOIST-MECHIN : Ce qui demeure
Statford CALDECOTT, Grégory SOLARI, Didier RANCE : Tolkien, faërie et christianisme
Françoise CHANDERNAGOR : La chambre
Guy COQ : Petits pas vers la barbarie
Eugenio CORTI : Les derniers soldats du Roi
Eugenio CORTI : La plupart ne reviendront pas
Dominique DAGUET : Le linceul du Ressuscité
Sylvie GERMAIN : Chanson des mal-aimants
Nicolas JONES-GORLIN : Rose bonbon
Jean-Paul KAUFMANN : La lutte avec l'ange
Jean-Luc MAXENCE : L'appel du désert
Philippe MAXENCE : Pour un réenchantement du monde, petite introduction à Chesterton
Charles RIDOUX : Tolkien, le chant du monde
Michel SCHOOYANS, Klaudia SCHANCK : Euthanasie, le dossier Binding & Hoche
Christine SOURGINS : Les mirages de l'Art contemporain
Joseph-Marie VERLINDE : Le christianisme au défi des nouvelles religiosités
Michel VERRET : Sur une Europe intérieure
Dominique VIDAL, Serge HALIMI : L'opinion, ça se travaille
Rebecca WEST ; Agneau noir et faucon gris
22:45 Publié dans Lectures | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Lectures, Recensions, Critique littéraire
Christine SOURGINS : Les mirages de l'Art contemporain
Christine Sourgins : Les mirages de l'Art contemporain
L’art du vide
A ceux qui s’interrogent légitimement sur certaines démarches artistiques contemporaines, notamment du point de vue de la compréhension des œuvres, manquait un guide de décryptage de ce que l’on appelle « Art contemporain ».
C’est chose faite avec ce petit livre, dense mais jamais ennuyeux, dans lequel Christine Sourgins, historienne de l’art, expose avec brio les ressorts d’une démarche artistique bien particulière. En effet, la confusion est vite faite, et savamment orchestrée, aux yeux du public entre « Art contemporain » et « Art moderne », le premier se voulant l’exclusif continuateur du second.
Christine Sourgins montre que l’Art contemporain n’est en rien celui que l’on croit être, c'est-à-dire un mouvement artistique équivalent à d’autres plus anciens, qui n’aurait d’avantage que celui d’être le dernier en date. Il est plutôt une démarche intellectuelle reposant sur les fondements destructeurs du surréalisme. Détrônant l’art moderne à coup de surenchères dans les années 60, il s’est révélé sous son véritable visage, à savoir une démarche vide, liberticide et surtout officielle. L’Art contemporain a fait place nette dans les cabinets ministériels et les collectivités locales, chassant progressivement toute autre démarche artistique, plus conventionnelle et classique, au nom de l’audace et de la rupture. Or, ce que montre bien le livre de Christine Sourgins, et qui est très éclairant eu égard aux exemples fréquents qui défrayent la chronique dans ce domaine, c’est que l’Art contemporain ne peut rien construire de lui-même, pris dans sa tourmente destructrice interne. Pour vivre, l’Art contemporain doit être greffé sur un art vivant, afin de pouvoir le consumer de l’intérieur et le vider de sa substance vitale. De même, il se réclame du droit de création pour protéger ses propres déprédations, montrant paradoxalement ainsi que la rupture avec l’ordre établi atteint une limite qu’il ne s’autorise pas à franchir.
La rupture annoncée est en réalité un parasitage en règle qui se développe de manière tumorale sur l’art plus classique mais également dans tout le corps social et dans le domaine intellectuel. Par sa prétention à tout réinterpréter et revisiter, l’Art contemporain entre dans une démarche d’ordre totalitaire, au même titre que les grandes idéologies modernes. Après une première partie didactique identifiant le phénomène qu’est l’Art contemporain, l’auteur va développer sa pensée autour de trois thèmes. Tout d’abord en analysant le rapport de la société avec l’Art contemporain dans lequel sont particulièrement évoqués les errements de l’Etat culturel. Ensuite le rapport, compliqué et subtil entre le spectateur et l’Art contemporain. Dans cette partie sera particulièrement analysée toute la force de subversion qui aboutira à la manipulation de celui qui vient en simple spectateur. Enfin, le troisième thème sera consacré à la sacralisation de l’Art contemporain, vu non seulement comme ultime Eldorado artistique mais également comme seul filtre valable pour tout convertir. Une mention spéciale est accordée aux rapports entre l’Art contemporain et le christianisme. Dans bien des cas en effet, nombre de clercs se sont fait prendre dans les rets du système, souvent en toute bonne foi, en croyant ouvrir les portes de l’Eglise à l’Art – chose que l’Eglise a fait par ailleurs de tout temps. C’était sans compter la volonté systématique de l’Art contemporain de vouloir tout désacraliser et subvertir, sauf lui-même.
Au-delà des facéties de certaines « performances » qui peuvent déclencher la sympathie, l’Art contemporain vu par Christine Sourgins se présente sous une facette « orwellienne » sombre et inquiétante. Le savoir grâce à cet ouvrage est une manière de mettre l’accent, a contrario, sur les autres démarches artistiques pour lesquelles la rupture avec la culture héritée des siècles est contre-nature.
ISBN 2-710327910
22:10 Publié dans Lectures | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Christine Sourgins, Art contemporain, Idéologie
mardi, 16 janvier 2007
Laïcité, mixité sociale et socialisme débridé
Dans la ville de l'ouest parisien où je demeure, il existe une section du Parti Socialiste qui édite une feuille d'information mise dans les boites à lettres au moment des elections. Je la lis régulièrement, histoire de connaître la température locale.
Il se trouve que dans sa dernière livraison, l'éditorial écrit par le secrétaire de la section locale faisait prendre la mesure exacte de la tolérance affichée par ce parti. Extrait éloquent :
"L'école publique, lieu par excellence de la mixité sociale, ne tient plus son rôle éducatif contre les incivilités. Elle se réduit, dans notre ville, à une peau de chagrin. Des établissements pratiquent la ségrégation à l'égard d'enfants en fonction de leur niveau social.
Ceux des habitants... qui refusent cette mixité favorisent le développement de l'enseignement privé, et portent atteinte, par voie de conséquence, au principe fondamental de notre République : la laïcité"
Quelques lignes plus loin : "De plus, nous réaffirmons notre attachement inconditionnel à la loi de 1905 sur la séparation des égises et de l'Etat".
Bien, dont acte ! Alors faisons quelques observations :
1- le ton sur lequel s'exprime ce secrétaire reflète une confusion des genres qui prouve bien que le PS n'a pas encore entamé sa mue dans un paysage politique qui tente de jeter ses oripeaux idéologiques par dessus-bord. La vulgate marxisante a encore de beaux jours devant elle.
2- L'école publique est-elle un lieu où on apprend un savoir, une instruction ou bien où l'on fait du mixage social une priorité éducative ? Pour ma part, l'école est un lieu où l'on apprend un savoir. Proritairement, c'est la mission de l'école que d'instruire. Or, depuis quelques années, et cela est plus fort ces derniers temps, l'école a pour objectif essentiel de faire du mixage social. Que l'on me permette de ne pas être d'accord sur cette priorité. Dans une école digne de ce nom, le mixage social est une conséquence du fait de vivre ensemble dans un établissement, au sein d'un projet éducatif commun. Le mixage social se fait dans la rue, dans la famille, dans les clubs de sport, au travail et, bien entendu, à l'école. Il n'est jamais une fin en soi.
3- Les personnes qui disent favoriser le mixage social s'appuient sur un instrument dévoyé qui s'appelle "carte scolaire". En fonction de cet instrument, des enfants d'un même secteur géographique sont expédiés dans un seul et même établissement. Bien sûr, cela ne peut pas plaire et nombreux sont les professeurs et instituteurs, et nombreux sont les hommes et femmes politiques, en particulier de gauche, qui cherchent à s'en affranchir. L'imposition de la "mixité sociale" va contre un autre principe républicain, inscrit dans notre devise celui-là, qui est la LIBERTE. Mais la liberté semble faire peur à certains vieux caciques.
4- La "mixité sociale" telle qu'elle est présentée s'apprente fort à une mixité culturelle imposée où les français doivent s'adapter aux coutumes étrangères dans un établissement géré par la République. Faut-il parler plus franchement et remplacer le concept de "mixité sociale" par "mixité ethnique" ou "mixité multiculturelle" ? Bizarrement, dans les établissements ou la majorité de la population est française de souche, le concept de "mixité sociale" paraît plus normal et il n'y a nul besoin de le mettre en avant car le creuset français a pour objectif d'assimiler les cultures, et non de les juxtaposer.
5- Si l'école ne tient plus son rôle éducatif contre les incivilités, c'est qu'elle y a renoncé par des politiques issues de doctrines socialistes. Depuis quand les pyromanes appellent-ils les pompiers ?
6- Selon le PS, il existe une catégorie de mauvais français, intolérants et sectaires, qui favorisent (honte) le développement d'écoles privées. Et alors ? la liberté républicaine, c'est de pouvoir choisir son enseignement. D'ailleurs, on devrait pouvoir le choisir librement et sans aucune référence à sa fortune mais en fonction du projet éducatif de l'établissement. Le plus scandaleux, c'est qu'il y ait toujours cette main mise de l'Etat sur l'éducation des enfants.
7- En quoi les parents choisissant la voie du privé portent-ils atteinte au principe de laïcité ? Derrière cette phrase incongrue, le secrétaire de la section du PS souhaite une seule chose, vraiment très révolutionnaire : l'interdiction de la manifestation de la foi dans les actes quotidiens des familles et, en particulier, dans la manière d'élever les enfants. Il y a une chose que le PS n'a pas compris, c'est que la liberté est non-négociable.
Le roi se faisait jadis le garant des libertés locales et il en est mort. L'Etat d'aujourd'hui, dans sa version socialisante, veut intervenir dans tous les domaines et ses thuriféraires porte-valise jettent l'opprobre sur ceux qui sont attachés à la liberté et en particulier la liberté de l'enseignement. La Laïcité, ce n'est pas de l'athéisme de combat.
Les poubelles de l'histoire ne sont qu'à moitié remplies. Il reste encore de la place pour certaines idées que professe le Parti socialiste.
Rappelons l'article 10 de la déclaration des droits de l'homme de 1789 : Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.
Rappelons l'article 10 du préambule de la constitution de 1946 : 10. La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.
Rappelons l'article 1 de la constitution de 1958 : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
21:50 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Socialisme, Liberté d'éduction, Ecole libre, Laïcité, Etat, Idéologie
jeudi, 11 janvier 2007
La grande doxologie contre un monde de sots
Dans un sondage paru dans le quotidien La Croix, il est mentionné que simplement la moitié des catholiques croiraient en l'existence de Dieu. Pourquoi sont-ils catholiques ? Comment peut-on se dire chrétien et ne pas croire en Dieu ? Y aurait-il des chrétiens athés ? Si oui, quelle terrible schyzophrénie spirituelle ! Beaucoup se disent catholiques parce qu'ils sont nés dans une famille catholique. C'est un peu une habitude, une tradition familiale et il ne serait pas poli de véxer la grande tante Ginette en disant que l'on ne croit plus en Dieu mais plutôt au Loto ou à la boule de cristal.
Selon ce sondage, je serai classé dans les catholiques extrêmistes car croyant en Dieu et priant. Bon, d'accord, je vais rarement à la Messe car j'avoue que les célébrations avec micro, guitare et rétro-projecteur, je commence à en avoir par dessus la tête mais bon, je me force à aller aux grandes fêtes en me concentrant sur l'Eucharistie et en me disant que le pauvre prêtre qui marmonne son texte comme le Code Général des Impôts a reçu des mains de l'évêque le sacrement permettant d'opérer la Transubstantation du pain en corps et sang de Jésus-Christ. Sans quoi, pourquoi irai-je boulotter un bout de pain azyme alors que la boulangerie d'à côté présente de bien meilleures choses ?
Je suis pratiquant (quand je peux) mais je prie. Discrétement, mais régulièrement. Dans les poches de mes vestes, dans mon porte-monnaie, il y a la médaille miraculeuse de la rue du Bac. Quand je la vois ou la sent du bout des doigts, cela me remet en face de certaines réalités.
Souvent, le matin, après avoir déposé les enfants à l'école, je passe par la petite chapelle de l'église, celle-là même où il y a des rétro-projections de Jésus en couleurs chromo. Je salue quelques instants dans le silence matinal le Saint Sacrement et va mettre un cierge chez ma mère du ciel. Cela ne me prend pas plus de cinq minutes mais ce sont des minutes qui comptent et qui rechargent les batteries pour la journée.
Le soir surtout, juste l'instant avant de sombrer dans le sommeil, quand la tête est déjà sur l'oreiller, je récite la grande doxologie, texte qui m'a toujours plu :
"Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit ; comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen"
Mais je le préfère en latin car il a une saveur d'éternité indéniable et une force poétique terrible :
"Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto : sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen."
Avec cette courte prière, j'ai une prière de demande, de remerciement, le rappel de la Trinité et de tout le mouvement du monde. le fameux "in saecula saeculorum" est extraordinaire de profondeur.
[ajout du 26.01.07 : je me rends compte que ce n'est pas la grande doxologie que je récite, mais la petite, la grande étant : "Gloria in excelsis Deo..."]
22:05 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Christianisme, Chrétiens, Foi, Eglise, Incroyance, Dieu, France
Cathophobie ambiante : illustration
Le simple fait d'être chrétien, catholique et pratiquant, passera bientôt pour un délit d'appartenance à un mouvement sectaire. Si mon point de vue est caricatural, ce que je suis prêt à entendre, il n'en reste pas moins que la France vit dans un état ou le fait religieux passe pour suspect. J'ai bien l'impression que la conquête islamique actuelle, et ses cohortes d'intolérance, déteigne sur toutes les autres religions dans un même syndrome : tous pourris, tous opium du peuple.
On peut voir le décalage avec la société française dans les multiples sondages qui sont publiés ça et là. Déjà, dans un récent sondage publié par le Journal La Croix, on pouvait constater que seuls la moitié des catholiques croyaient en Dieu, ce qui est pour le moins surprenant. Dès lors, on peut estimer que la partie restante reste la frange la plus "obscurantiste", "rétrograde" et "ringarde" d'une église moribonde. Dont acte, fermez le ban et transformons ces blocs de pierres que l'on nomme églises en centre musulmans, en maison pour les jeunes ou en salle de ciné.
Reste que l'Eglise est perçue avec un décalage abyssal, que renforce certains sondages. Pour ces derniers, la présentation des questions est très partiale. Sur le site Expression Publique, nous pouvons participer à un sondage intitulé : "Catholique, musulmane, juive : y a-t-il ouverture ou repli des grandes religion ?" (Cf fichier attaché)
D'emblée, avec un titre pareil et compte tenu de l'ambiance laïciste de notre pays, c'est du "pain béni" pour tous les pourfendeurs d'infâme.
Nous apprenons dès la première question qu'il n'y a que 56% d'opinions favorables sur l'Eglise, et les Juifs en recueillent 46%. Les musulmans sont eux à 79%... d'opinions défavorables.
A la seconde question, réponse implicite aux mauvais résultats de la première, nous apprenons que 62% des répondants souhaitent que les religions adaptent leur message pour tenir compte de l'évolution de la société. Donc, la solution est de se dissoudre dans un espèce de bain syncrétique qui ne ferait nul cas d'un être transcendant ayant délivré, et le délivrant encore, un message que les religions ne font que transmettre. Si les religions ne sont que des messagers de Dieu, la société veut être Dieu toute seule.
Nous apprenons que les catholiques ne sont en phase avec la société qu'à 46%, les Juifs à 39% et les Musulmans à 5%. Je dirai que dans les pays Musulmans, ils sont en phase à 95% avec la société.
Viennent ensuite une série de questions destinée à catégoriser les religions. Là, peu de surprise. Selon les internautes, la religion catholique est à mi-chemin entre la tolérance et l'intolérance. Mais, à partir de ce moment, il y a un grave problème méthodologique car à aucun moment l'entreprise de sondage ne définit ce que peut être cette tolérance ou intolérance. Tout dépend du contexte et du sujet abordé. Rappeler une certitude de foi déclenchant des comportements sociaux est bien souvent perçu comme une marque d'intolérance par ceux qui n'ont aucune certitude et qui vivent au vent du relativisme. Reprocher à quelqu'un qu'il roule à 200 Km/h alors que la limite est à 50 Km/h est-il une marque d'intolérance ? Rappeler que les embryons sont des êtres humains que l'on ne peut tuer ni manipuler est-il une marque d'intolérance ? Non, c'est rappeler un principe. Il peut ne pas faire plaisir, certes, mais ce n'est pas de l'intolérance. Par rapport à une dictature de la pensée "inique", tout point de vue contraire est vécu comme une meurtrissure. Dès lors, où se trouve la marque de l'intolérance ? Enfin, les catholiques s'en tirent plutôt bien par rapport à l'Islam parce que là, nous sommes dans le plein choc des civilisations !
La marque de l'intolérance montre son visage dans la question suivante ou 64% des internautes estime qu'il n'est pas normal que les croyants et les religions interviennent dans le débat public. La laïcité est donc comprise comme du laïcisme, c'est à dire l'exclusion de la religion de la vie publique. Or, c'est bien l'inverse qui se produit pour une religion
dont les internautes estiment qu'elle est intolérante, à savoir l'Islam. L'espace public, les institutions publiques et en particulier l'école, font place de plus en plus aux preceptes, en particulier alimentaires de l'Islam. Si l'espace public est vraiment a-religieux, il faut supprimer toutes les marques de différenciation. Ce n'est pas le cas. Et je passe sur les villes où la proportion de Musulmans est très forte, et dans lesquels les élus ont tendance à faire du respect de l'autre le principal mobile pour un renoncement à une laïcité neutre.
Passons sur la question inepte demandant à l'internaute de quel bord politique penche telle ou telle religion. Stupide car une religion n'a qu'un seul parti, celui de Dieu. L'Eglise a depuis longtemps renoncé à ce principe d'avoir un parti catholique. Christine Boutin en a connu les fruits amers et Philippe de Villiers risque fort de voguer dans son sillage. Le National Catholicisme est nul et non avenu. L'Eglise en a souffert sous Franco, quoiqu'on en pense. Mais cette question est quand même infesté d'un sous-entendu car l'Eglise catholique étant vue comme ringarde et réactionnaire, les votes s'orientent sur la droite et, suivez mon regard, surtout sur l'extrême Droite (avec le sifflement entre les dents et le D majuscule).
Ensuite vient une question sur le respect de la loi française où l'on voit qu'à 76% le sentiment des internautes est que les Musulmans ne la respecte pas. Malgré cela, nous avons tout fait pour que les Musulmans soient respectés. "Lèche la main que tu ne peux pas mordre" (vieux dicton arabe teinté d'Islam combattant). Passons, le sujet de ce post n'étant pas l'Islam.
Brusquement, à partir de la question 11, alors que nous parlions jusqu'ici que des trois religions, tout se focalise sur la religion catholique et là, les questionneurs-inquisiteurs rédigent les questions d'une manière très tendancieuse. Le fait de parler de "retour à la tradition" évoque dans l'inconscient populaire une régression sociale. Des décennies de language de "progrès", "avancées" et "luttes" diverses fait paraître le mot "retour" comme marqué au rouge et fait instantanément cliquer sur la réponse que l'on souhaite voir s'afficher, à savoir NON. Qu'importe à l'internaute non croyant et non-catholique le retour à la Traditionnelle Messe de Saint-Pie V ? Il ne connaît pas ce pape au nom rigolo et étrange, il ne sait pas ce que représente une messe et voit la tradition comme un objet exotique non conforme à la marche du progrès. Quant aux catholiques, ils devraient savoir qu'il n'y a qu'une seule et même Messe qui suit plusieurs rites et que les rites, il y a en a une floppée au sein même de l'Eglise universelle, y compris dans les clergés fidèles au pape.
C'est la question 13 du questionnaire qui fait se tenir les côtes : "Par rapport à il y a dix ou quinze ans, estimez-vous que l'Eglise catholique a évolué sur les sujets suivants ?"... Là, attention, ça dépote car les grands juges de la conscience universelle et éclairée montrent le bout de leur nez rouge : homosexualité, laïcité, renonciation aux insignes religieux à l'école publique, l'usage des contraceptifs, le droit à l'avortement, l'euthanasie, le divorce, l'égalité des hommes et des femmes, les rapports avec l'Islam, le remariage, le rapprochement avec les intégristes.
Faut-il y rajouter le viol en réunion, l'extermination d'êtres humains, l'usage des bombes à fragmentation, les executions de masse, la pédophilie (oui, certains membres de l'église essayent d'y renoncer mais le pape est intolérant en les pourchassant !), la zoophilie, la nécrophagie (sacrément intolérante sur ce sujet l'Eglise et pourtant
les chrétiens mangent le corps de leur Dieu !)...
L'internaute digne de foi (si, osons le mot) pense-t-il un moment que sur des questions qui ont longuement été débattues par des générations de théologiens, l'Eglise allait remettre en cause ce qui touche au sacrement (mariage), à la vie (contraception, avortement), tout simplement parce que les sondages lui sont défavorables ? Là-dessus, elle est un roc et heureusement qu'elle est là, d'ailleurs.
Pourtant, paradoxalement, quelques questions plus loin, l'internaute pense à 54% que les catholiques de France sont en phase avec la société (oui, mais ils ne sont que la moitié à croire en Dieu !)
La question 20 est du même acabit et les résultats d'ensemble montre que l'Eglise ne devrait jamais intervenir et que les chrétiens devraient rester des grenouilles bien tranquillement à croasser dans leur bénitier (vous savez, à dire, je croooa, je croooa ). Pas d'intervention sur l'euthanasie, sur l'expérimention sur les embryons, sur le clonage, sur le SIDA (quand on sait pertinement avec certitude que le préservatif ne règle rien, l'attitude de la société est suicidaire mais montre bien que l'attitude courante est celle du chien de Pavlov : on dit SIDA et le bon peuple répond : capote).
Les deux questions suivantes montrent qu'incidemment dans l'inconscient populaire français, l'extrême-Droite est bien catholique puisque ce sont Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers qui sont associés au "parti catholique". Rien n'est plus faux ni dangereux. Il y a sans doute moins de personnes cryant en Dieu au Front National qu'au Parti communiste. Les chrétiens sont au-dessus et redescendent en pluie fine partout. La politique gère les solutions technqiues, pas l'Eglise. Les chrétiens peuvent être de Gauche, de Droite, du Centre, mais ils sont surtout de Dieu. Qu'on ne leur demande pas la schyzophrénique et imbécile attitude d'oublier leur foi chez eux. Dieu, ils le mangent chaque dimanche et l'emmènent donc dans chaque fibre de leur coeur, de leur esprit, de leur âme.
La dernière question résume le sentiment commun : la religion ne sert à rien. Au mieux, c'est une morale de substitution pour les couillons qui ne sont pas capables de penser par eux-même, au pire une aliénation à réprimer.
Affligeant.
20:30 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Eglise, Christianisme, Islam, Juifs, Laïcité, France, Inculture
mardi, 02 janvier 2007
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