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vendredi, 22 septembre 2006
L'affaire Ratisbonne
L'affaire de la conférence de Ratisbonne est révèlatrice des incohérences de nos contemporains et prouve bien que nous sommes régis par le domaine émotionnel, donc irrationnel, plutôt que par une reflexion posée. Le rôle de caisse de résonance des média est bel est bien en cause pour une partie de réactions rencontrées : déformation jusqu'à la caricature, troncature des expressions, manque de mise en perspective. Le mensonge édicté en mode de vie est la pathologie de l'Occident. Les propos de Benoît XVI ont eu ce mérite qu'un certain nombre d'intellectuels, pas forcément d'accord avec le pape, trouvent que l'Islam pousse trop loin le bouchon. Par une sorte de reflexe anti-colonialiste vengeur, l'Islam crie haro sur le baudet dès que l'on touche à un poil de barbe de son prophète. Cela commence vraiment à bien faire et il faut en finir avec cette hypocrisie de tout accepter sous pretexte de passer pour intolérant. Je suis pour ma part français, blanc, catholique et j'assume ma foi, mon pays, son histoire avec ses ombres et ses lumières. Le jour où les Musulmans arrêteront de massacrer gratuitement des chrétiens, que des églises pourront être construites librement en terre d'Islam, on pourra esquisser que c'est peut-être une tradition spirituelle de paix et de tolérance. Jusqu'à ce jour, ce n'est pas le moment de faire patte de velours avec tous les ahuris à barbe !
L'Islam est-il d'ailleurs une religion ? On peut fort légitimement se poser la question puisque le mot "religion" vient de "religere" qui veut dire "relier à". Se relier, c'est créer un lien, un lien où la communication va dans les deux sens, un lien d'amour. Entrer en religion, c'est comme entrer en mariage. A partir du moment où l'Islam se définit lui-même comme une soumission, c'est à dire sans cette contrepartie de l'échange, il est difficile de parler de lien d'amour. La nature du lien change car c'est un lien de soumission. Violence est faite à l'Homme qui, par nature, cherche du lien social et non des chaînes. L'Islam n'étant pas un bloc uniforme, la nature du lien peut être fort différente d'un homme à l'autre mais la partie la plus conquérante de l'Islam contemporain n'est pas de celle qui plaide en faveur du lien d'amour, et donc de la religion.
Relier Dieu et les Hommes, c'est aussi accepter qu'il y ait une similarité dans l'approche d'une vie commune, qu'il y a une approche réciproque. On ne peut s'assembler avec ce qui ne nous ressemble pas (du point de vue de l'affection mutuelle). Si Dieu est totalement transcendant, y compris aux catégories de la psychologie humaine, alors il n'y a pas besoin d'avoir un lien et on ne peut donc parler de religion. Je ne peux croire en un Dieu qui m'est étranger. Il n'est dès lors que le grand horloger de l'univers. C'est humain. Si Dieu a accepté d'endosser les contingences humaines, ou bien s'il a tout simplement créé l'Homme à son image, comme il apparaît dans le livre de la Genèse, alors je peux entrer en lien avec lui. Derrière le débat sur la foi et la raison, fort opportunément lancé par le pape, se trouve le questionnement sur la nature de l'Homme éternel. Etre ambivalent, charnel et spirituel, toujours à la croisée de deux mondes et incapable d'assumer un équilibre s'il se coupe de la relation avec Dieu. La foi sans la raison déraisonne, comme on le voit dans les manifestations orchestrées dans l'Islam, et comme on l'a vu dans le passé de l'Eglise, mais la raison sans la foi n'a plus de garde-fou et ouvre la porte à tous les génocides et régimes politiques criminels. C'est ce qui est arrivé dans cet Occident du XXème siècle qui s'est coupé de Dieu avec le communisme, le nazisme, le consumérisme à outrance et le relativisme morale. Je suis assez en phase avec l'Islam quand sont dénoncées les apostasies occidentales. Reste à expliquer que le christianisme, s'il a fondé l'Occident, ne se confond plus depuis longtemps avec lui.
Faut-il dialoguer avec l'Islam ? Oui, comme avec tous les hommes mais un dialogue a pour corollaire l'estime et la réciprocité. On ne dialogue pas avec des hyènes en furie. La première étape du dialogue est d'avoir une similarité de comportement. La liberté de culte dans les pays musulmans est un pré-requis. S'il y a une mosquée à Rome, il peut y avoir une basilique à la Mecque. Le contraire montre simplement que l'intolérance n'est pas là où les gogos ou les bobos la croît.
En attendant, le pape a raison de parler. La liberté, cela commence par la liberté de parole. Merci Joseph !
14:40 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Benoït XVI, Christianisme, Islam, Foi, Raison, Occident, Religion

