« 2006-06 | Page d'accueil | 2006-09 »

mercredi, 19 juillet 2006

Petite chienne en chaleur

medium_effetserre.jpgLa petite chienne, c'est la canicula, qui a donné canicule, phénomène météorologique que nous subissons actuellement. Ce phénomène est connu depuis la nuit des temps et quelques témoignages nous informent qu'il peut y avoir vingt canicules de suite. L'article de Wikipédia est instructif sur ce point  :

"Longtemps, les étés caniculaires ont eu lieu plusieurs années de suite. Ils allaient souvent par groupe de trois comme en 1383-1385, par groupe de quatre comme en 1331-1334 et 1778-1781, par groupe de sept comme en 1757-1763... et même par groupe de vingt comme en 1718-1737!"

L'article mentionne qu'il y eut 700 000 morts en 1718, liés au manque d'eau.

Cela n'empêche pas les experts d'annoncer des catastrophes

"Le dérèglement est en marche, il n'y a aucun doute, on est au début du processus", a déclaré à l'AFP le directeur du laboratoire de météorologie dynamique du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

"On peut s'attendre à des canicules plus fréquentes ou plus fortes du fait de la tendance générale à la hausse des températures liée aux émissions de gaz à effet de serre", continue-t-il. A-t-il lu l'article de l'encyclopédie annonçant qu'il pouvait y avoir des séries ?

Car là semble être l'ennemi : l'activité humaine. Or, en 1331, et jusqu'en 1718, on ne peut parler d'industrialisation forcenée de la planète. Il y avait des cycles de saisons sèches et de saisons froides. La climatologie montre que l'explication des phénomènes météorologiques nécessite une certaine prudence.

Même si je n'ai aucune sympathie particulière pour les gaz à effet de serre ou l'activité industrielle humaine, il vaudrait mieux ne pas trop crier haro sur le baudet. Il y a là une dérive des idées écologistes qui est tout à fait regrettable car on fait de l'homme le perturbateur essentiel de la planète. Socialement et politiquement, c'est un prédateur redoutable et fort peu sage, nous le savons. D'un point de vue environnemental, c'est moins net même s'il convient de rester vigilant et appeler à la responsabilité. Il y a des dérives, certes, mais la théorie du réchauffement est aussi très débattue.

mercredi, 12 juillet 2006

Web porno

medium_heatseek.jpgL'excellent blog TechCrunch vient de diffuser la nouvelle du lancement de Heatseek, un navigateur web exclusivement réservé aux sites pornographiques. Loin de s'en faire les gorges chaudes sur fond de ripailleries, il faut surtout s'en affliger.

S'en affliger car à travers ce "progrès" technologique, les drogués du sexe vont pouvoir bénéficier d'un outil qui leur est entièrement dédié. Selon TechCrunch, "Chaque fonctionnalité est conçue pour rendre la consommation plus agréable et empêcher les gens autour de vous de savoir ce que vous faîtes avec votre ordinateur".

Je faisais remarquer dans un post précédent que le corps humain n'appartenait pas à la personne qui l'occupe, n'étant pas à l'origine d'elle-même. Je n'en étais toutefois pas arrivé au point de croire qu'il appartenait complétement aux autres, dans cette course à la réification de l'être. La marée noire de la pornographie, qui surfe sur la pulsion la plus fondamentale de l'être humain, en particulier masculin, continue d'étendre sa bave.

Entrer en pornographie, c'est comme entrer dans une secte. Les symptomes sont exactement les mêmes. La personne qui s'y complait est liée d'une manière très forte aux images qu'il consomme. Naturellement, les pulsions normales de l'homme l'entraîne vers le désir sexuel mais il est aussi tout à fait naturel et normal que l'eros se transforme en agapé, en amour (relire à ce sujet le début de Deus Caritas Est de Benoît XVI). Cette dernière phase est complètement niée par la pornographie qui, en montrant crûment l'acte sexuel comme une fin en soi, ramène l'homme dans une insatisfaction permanente... et entraîne une surconsommation pour tenter de la combler. Dans la pornographie, il n'y a plus de femme ni d'homme, il n'y a que des objets d'un plaisir désincarné (même si on se trouve au plus intime de la chair). Enchaîner les internautes de cette façon, cela s'appelle de l'esclavagisme et de l'incitation au crime.

Rappelons la phrase de Soljenitsine : « On asservit les peuples plus facilement avec la pornographie que par des miradors. »

Et quelle hypocrisie dans le bas de page du site Heatseek : "We support the fight against child pornography". Honte à vous, négriers du net !

Le monde par la lucarne

medium_pdp436sxe.jpgJe viens d'installer à mon domicile un téléviseur. Pas de quoi pavoiser sur cette nouvelle sauf que cela faisait 18 ans que je vivais sans télévision et que je m'en portais très bien, merci.

Les technologies audiovisuelles évoluant, la fourniture de programmes diversifiés, le fait d'avoir des enfants qui ont aussi besoin de comprendre le monde qui nous entoure m'a fait sauter le pas. Donc, il y a une grosse bête dans mon salon qui me regarde d'un oeil carré, parfois noir (toréador prends garde à toi), et que je regarde aussi.

La première chose que je constate, avec un bel écran, c'est la fascination que nous pouvons avoir pour les images et le manque de recul que nous avons, pris dans le déferlement des séquences. Le montage vidéo est fait de telle façon que l'on ne peut s'attarder pour exercer un sens critique. Cela va être redoutable à gérer avec des enfants sur des émissions TV, plus facile sur des DVD.

La seconde chose, c'est que la qualité des programmes ne s'est pas améliorée en 18 ans. Nous avons certes de nouvelles chaînes avec des documentaires bien ficelés et remarquablement tournés, mais les chaines généralistes versent toujours autant dans la médiocrité et la facilité, dans leur course effrénée à l'audience. Il manque des chaînes d'opinion, plus sobres sans doute en moyens mais plus riches en contenu. Elles existent sans doute sur le cable mais pas sur la TNT.

Le plus dur sera de gérer le déluge provenant de la boite à image et d'apprendre à faire des sélections. Quand ce réflexe est acquis, l'outil peut devenir formidable.

mardi, 11 juillet 2006

Ceci est mon corps

J'évoquais récemment le pillage de la culture chrétienne au profit d'opérations mercantiles. Les chrétiens n'égorgeant pas, ne coupant pas les mains, ne brûlant pas de drapeaux, il n'y a nulle raison pour que cela s'arrête. Bien entendu, les actes de christianophobie, même larvée, paraissent normaux car nous sommes au coeur d'un continent qui fut chrétien avant de verser dans l'apostasie. Cela fait partie des expressions populaires, de notre culture. Ceux qui font ces couvertures de magazines ne savent même pas ce qu'ils font. Donc, "Père, pardonne-leur".

Mais enfin, le magazine Enjeux Les Echos, magazine très sérieux d'économie, nous avait habitué à plus de tact. Se plaçant dans le prolongement de SAMSUNG, du film AMEN, de l'affaire MARITHE GIRBAUD, il nous offre cette affiche ambigue. Ambugue non pas par le texte, non pas par la photo, d'ailleurs très belle, mais par l'alliance des deux et de ce que cela évoque pour les chrétiens.

 medium_enjeuxechos200607.jpg"Ceci est mon corps" est une des paroles du Christ instaurant le sacrement de l'Eucharistie lors de la Cène, c'est à dire son dernier repas. L'Eucharistie, c'est le don de Dieu aux hommes, le don de l'Eternité à travers ce qui est éphèmère et qui se mange, le don de l'immatériel à la matière. A travers le petit morceau de pain blanc tout pauvre que le prêtre offre de sa main indigne, c'est le Christ en personne qui vient à nous et s'offre à nouveau.

Dans la couverture du magazine, rien de tout cela. Passons sur la nudité, cela ne choque personne et moi en premier car nous sommes nés nus et nous retournerons nus à la terre. Le corps est beau car il est d'essence divine. D'essence divine mais pas à diviniser. C'est là que le bât blesse car le dossier porte justement sur la divinisation du corps pour lui-même. Notre époque, réduite à la matière ne se rend plus compte que l'Homme est corps ET âme, pas l'un ou l'autre. Diviniser le corps, c'est se l'approprier pour soi-même et uniquement soi-même (même s'ily a un reflet qui transparait dans le regard de l'autre). Où donc est le don dans ce renfermement de mollusque ?

Notre corps nous appartient-il ? En sommes-nous l'auteur ? La réponse à ses deux questions est NON. Nous ne sommes que le dépositaire d'un patrimoine corporel qui nous a été donné et que nous devons transmettre au mieux en en prenant soin de ce qui nous a été confié.

Surtout, en détournant la phrase du Christ reviennent en mémoire les slogans féministes disant exactement les mêmes choses pour ouvrir la brêche du drame de l'avortement, considérant que les cellules de l'être humain en gestation n'étaient que des tumeurs à éliminer selon les souhaits des personnes qui les portaient. En disant "Ceci est mon corps", nous interdisons à autrui, insignifiant petit autrui, de dire la même chose.

Il est simplement dommage que Les Echos aient pris ce titre pour un dossier interessant.

 ------

Sommaire repris du site Les Echos

34. Ceci est mon corps
Beauté, santé et jeunesse régentent nos sociétés modernes. Au-delà de l'émancipation des corps, un nouveau conformisme n'est-il pas en train de naître ?

40. A CORPS PARFAIT
Inspirées par les médias, entretenues par la société,
les normes de beauté et de santé s'imposent jusque
dans l'entreprise et modèlent l'économie.
42. Vingt-quatre heures de la vie d'un corps parfait
52. La santé, un patrimoine capital pour la croissance
58. Etats-Unis : bonne santé obligatoire en entreprise
64. Au travail, l'apparence éclipse la compétence
68. Belle, blonde et mince : la règle d'or des médias

74. TOUS MUTANTS
Transformé par la vie moderne, surentraîné par les sportifs, réparé et fabriqué par la médecine, repensé par la méditation… Voici les dernières métamorphoses du corps.
76. L'homme moderne, plus grand, plus gras, plus âgé
80. Le sportif de haut niveau, vers l'ultime performance
82. L'humain en pièces détachées, bon pied bon œil
86. Le bébé sur mesure, la création sous contrôle
90. L'apprenti yogi, corps et âme en quête d'harmonie
92. ENTRETIEN. Alain Milon
"Dans la cyberculture, le corps n'a plus de chair."

94. LE CORPS SANS LIMITES
D'où est issue l'humanité ? Est-on propriétaire de son corps ?
Masculin et féminin sont-ils les seuls genres possibles ? En mal de repères, l'individu interroge la société.
96. Les origines de l'homme toujours en débat
102. Vie, sexe, mort : à qui appartient mon corps ?
104. ENTRETIEN. Marie-Hélène Bourcier
"Le queer réinvente féminités et masculinités."

Envie profonde

La FNAC publie son magazine gratuit appelé EPOK, sorte d'exposé ludique du prêt à consommer pour technoloïques en manque ainsi que de vitrine pour le prêt à penser de notre époque (sans K, comme Culture !). Bref, du publi-reportage pour vendre et encore vendre.

Il s'y trouve des petites perles qu'il faut savourer comme telles, comme le parfum d'un temps édénique auquel nous aspirons encore et toujours. Ainsi, dans son numéro de la semaine du 7 juillet se trouve tout un dossier sur les mobiles (les téléphones, pas les jouets pendus au plafond). A la page 5, je tombe sur les petites interviews des célébrités éphémères de ce temps, auxquelles le magazine demande de témoigner sur ce petit outil indispensable qu'est devenu le téléphone mobile. L'une d'elle est Mareva Galanter, dont je sais maintenant qu'elle fut Miss France en 1999 puis animatrice télé.

medium_galanter.jpgVoici ses propos : "J'ai un motorola, un portable ultramoderne avec plein de fonctions : musique, photos, vidéo... Mais je ne me sers de rien du tout, je ne me suis jamais connecté au wap. Je suis inapte. Je pourrais avoir un vieux dinosaure, ce serait pareil. Ca m'énerve de recevoir des textos écrits en abrégé : je suis obligée de les lire quatre fois, à haute voix, avant de comprendre. J'ai l'impression d'être une mamie. Quand j'étais ado, au lycée, je pensais qu'avoir un portable, c'était un accomplissement dans sa vie. Je me souviens de cette envie profonde, qui est très vite retombée quand j'en ai eu un."

Rassurons la belle Mareva : elle n'est pas une mamie gâteuse, elle est normale et tout simplement rétive à la course technologique qui transforme chaque individu en consommateur effréné, à la poursuite de l'objet qui pourra lui donner un succédané de position sociale. Qui la voiture, qui l'échelon hierarchique, qui l'invitation spéciale dans telle ou telle soirée côtée, qui le fait de se pavaner de connaître telle ou telle célébrité : chacun a ses manies, ses envies, son caractère. Les réactions de Mareva sont donc perfaitement normales.

Ce qui me frappe le plus est sa conclusion, sorte de bilan sans illusions sur le fonctionnement de ce monde : "Je me souviens de cette envie profonde, qui est très vite retombée quand j'en ai eu un". Le monde fonctionne sur l'envie, la possession, l'AVOIR, alors que les relations entre les êtres, visibles et invisibles, temporels et éternels, fonctionnent sur l'ETRE. L'AVOIR est infini, comme l'ETRE mais les plus grandes personnes sont celles qui ont pû maîtriser le désir de possession au profit de la rencontre.

Quand le Christ dit qu'il sera plus difficile à un riche d'entrer au royaume des cieux que pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille, il ne dit qu'une vérité éternelle qui s'applique à tous les hommes de toutes les époques. La nôtre, engluée dans un matérialisme sordide, ne déroge certainement pas à la règle. Elle en est au contraire le plus criant reflet.

La différence avec les temps passés est qu'avant, les gens savaient que le message judéo-chrétien prônait l'assouvissement du seul désir de l'Homme, c'est- à dire une rencontre coeur à coeur avec la sagesse éternelle (avec la sagesse éternelle, pas avec l'église visible d'un clergé chaotique), la Trinité des personnes qui mène sa giration d'amour. Aujourd'hui, nous ne le savons plus et l'envie ne se calme qu'avec une dose d'AVOIR toujours plus forte. Et cela retombe très vite. 

Coupons l'être humain de la transcendance et il devient un lombric soumis à toutes ses envies. Il faut AVOIR, bien sûr, c'est essentiel pour les activités humaines, mais il faut aussi surtout ETRE.

Peut-être notre époque a-t-elle résolu la question de Hamlet "to be or not to be" en choisissant de ne plus être. Les propos de Mareva me disent simplement que ce n'est pas aussi simple.

lundi, 10 juillet 2006

Rome, ville éternelle

medium_forum.jpgQui dira le choc produit par la vue des ruines de la Rome antique ? Ce sont des photos mille fois vues et pourtant mille fois loin de la réalité. Fouler du pied le forum romain et imaginer les générations qui sont passées là donne un certain vertige.

Qui dira le choc devant l'ampleur des thermes de Caracalla, réduites à des ruines majestueuses qui impressionnent par leur volume et leur qualité ?

Rome se résume à mes yeux de touriste rapide à ces deux vues. La basilique Saint-Pierre n'a pas eu la chance de me convertir à la grâce du baroque, trop compliqué à mes yeux de cistercien convaincu. La colonnade du Bernin est tout simplement magique et aérienne quand la basilique est pataude et boursouflée.

La ville de Rome ? Rien d'éternel par contre. Des rues bruyantes, sales, des immeubles lépreux, des quartiers jonchés de merveilles architecturales, comme des diamants bruts dans une gangue de charbon. Une chaleur étouffante prenant à la gorge, le vrombissement incessant des Vespa, le hurlement continuel et inutile des ambulances (trafic fluide en permanence), des fontaines magiques disséminées un peu partout, des glaces à déguster qui se terminent trop vite, la gentillesse et l'exhubérance des romains, surtout un soir de demi-finale de la Coupe du monde de football.

Le Vatican ? Pas vu et pas trop envie de voir avec deux jeunes enfants sur les bras. Des défilés de prêtres en soutane, sérieux comme des fonctionnaires de Bercy, pressés comme des hommes d'affaire de la Défense. Je n'ai rien vu de ma foi dans le peu que j'ai vu. L'Eglise visible sera toujours en dessous de ce qu'elle doit être, ce reflet du coeur du Christ. 

Le pélerinage se réduisit à un grand merci dit sur la tombe de Jean-Paul II. C'était à mes yeux une chose essentielle à faire en cette ville.

Toutes les notes