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dimanche, 16 avril 2006

Vie et joie

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Re-création. Fiat Lux. Revoici le monde a sa refondation essentielle, au retour près de la source primordiale, au moment du grand rachat, de la grande transformation, à la lisière de la métamorphose. Voici l'ouverture des eaux de la Mer Rouge, Voici Dieu guidant son peuple à travers les ombres de la mort, à travers les sentes de la perdition. Voici la lumière du monde reprenant la faible chair humaine pour en faire un corps de gloire. Ô nuit où nous sommes engloutis, nuit du créateur, nuit voulue à la Genèse comme étant le ferment de la lumière, voici que sur ta fin, à l'aube de toutes les espérances, tu laisses la place au plus bel avènement. Noël, Noël, un homme nouveau nous est né, la mort ne fait plus son oeuvre, elle n'est plus la terminaison de la vie, elle devient un passage. Le renversement de perspective est radical. Les frontières du monde éclatent, la création frémit de ravissement devant l'incompréhensible joyeux. Dieu recréé le monde, refait l'unité perdue du jardin d'Eden où l'homme et la femme parlaient naturellement avec Dieu. Dieu réentraîne l'Homme dans sa grande giration d'Amour, l'appelle à partager le mystère de la Trinité, ce mystère d'Amour auquel nous sommes appelés. Nuit des rois, nuit de la délivrance, nuit où Satan jette l'éponge, nuit où la faute est effacée, cette faute appelé péché originel, qui n'est autre que cet orgueil insensé de l'Homme de se mettre à la place de Dieu. Nuit de glorification, nuit dans laquelle nous sommes encore tous endormis, dans laquelle nous cheminons tous à tatons, nuit où nous cherchons la lumière libératrice. Nuit de tous les possibles.

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité

vendredi, 14 avril 2006

Mort et silence

medium_crux.jpgSeule journée de l'année littéralement a-liturgique, où le silence règne, où l'esprit de ce monde peut vociférer une victoire visible sur les forces de l'Amour, où l'esprit de Satan flotte sur les eaux, comme la préfiguration d'une création négative. Vendredi de cendres et de mort, où Dieu fait homme (scandale pour les uns, folie pour les autres, non-sens pour les derniers) s'anéantit au niveau de sa créature, revêt la condition humaine jusqu'au plus intime d'elle-même. Voici l'être éternel, celui qui proclame dans la brise "Je suis, Je suis", déchiré sur le bois de la Croix, dans ce supplice infâme et cruel. Dieu s'est abandonné entre les mains cruelles des hommes, comme il s'est abandonné tout petit entre les mains d'une mère qu'il a choisi de toute éternité. Mystère insondable de l'Amour divin envers sa créature quand celle-ci ne lui retourne que de pauvres psalmodies du bout des lèvres. Il aura dû aller jusqu'au bout de cette pauvre condition humaine, défaillante, meurtrie, traitresse, si facilement induite en erreur. Et pourquoi, finalement, alors qu'Il aurait pû garder sa distance, garder le silence, être comme le Dieu de l'Islam, pourvoyeur de sentences à respecter, législateur auquel il ne faudrait plus que se soumettre ? Mais Dieu n'aime pas la soumission pour elle-même. Il veut être aimé pour lui-même, comme n'importe quel enfant des hommes aime son amie, sa fille, son épouse, sa mère, son père. Aimé comme faisant partie de la famille, aimé pour être pleuré aux jours de misère et d'affliction. Car Dieu a semé dans le coeur de l'Homme une graine d'amour que l'homme ne peut arracher sans se mettre en péril éternel. Nous sommes si fait à son image que l'arrachement de cette graine entraîne l'arrachement de notre être. En Jésus et par Jésus, le Père du monde visible et invisible s'est attaché à l'Homme indéfectiblement afin que l'Homme puisse s'attacher à Dieu éternellement. Mystèrieux renversement de la perspective, vertige de l'Amour qui bouleverse les petitesses du quotidien.

Alors aujourd'hui, c'est jour de cendres, c'est jour de deuil car Dieu fait Homme, dans l'immensité de son amour, a pris sur lui toutes nos faiblesses, toutes nos peines, toutes nos haines, tout le cri de rejet de Satan, cet être libre, cet ange de lumière qui refuse éternellement l'Amour éternel. Tout s'enfouit douloureusement comme une semence dans la terre. Le terreau de l'Homme est la condition de Dieu afin que l'infini de Dieu soit la condition de l'Homme.

lundi, 03 avril 2006

La gauche contre les ouvriers...

... ou le grand désamour du travail

Ainsi pourrait se résumer cet excellent article de Michel Volle, sur son non moins pertinent site web. Dans le texte qu'il publie, on peut voir l'éffarement des petits patrons, de ceux qui font tourner la boutique, contre le harcélement procédurier du Code du travail, des syndicats. Les petits patrons n'embauchent pas parce qu'ils ont peur d'embaucher. C'est un comble dans un pays où l'on sait pertinemment qu'une réserve d'emploi considérable se trouve dans les PME et que les carnets de commande sont pleins à craquer de longues semaines à l'avance.

Le soubassement de cette peur, c'est la haine viscérale qu'entretien la gauche contre les petits patrons, autant d'électrons libres politiques qui ont, de surcroît, le sens des réalités. Les patrons de PME, ouvriers pour la plupart, et leurs ouvriers, se voient botter en touche par ceux-là même qui s'autoproclament les défenseurs des ouvriers. Ironie cinglante de l'histoire d'un délabrement intellectuel d'une gauche qui n'a plus que les gros bataillons de l'educ'nat et de ses officines étudiantes pour refuser toutes les réformes. On comprend dès lors pourquoi cette même gauche demande toujours plus de moyens pour ce bastion à grèves.

09:05 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Gauche

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