« 2005-09 | Page d'accueil
| 2005-12 »
mardi, 25 octobre 2005
Triste Arc-en-Ciel
La mode du communautarisme bat son plein, alimentée en sous-bassement par la culpabilisation de ceux qui ne pensent pas pareil. La dernière agitation vient de la communauté gay à l'occasion du salon Rainbow Attitude, qui vient de clore ses portes au parc des expositions de la Porte de Versailles.
La promotion du salon s'est en particulier faite dans le métro où l'affiche de deux hommes ou deux femmes s'embrassant sur la bouche a été vécue de manière particulièrement attentatoire à la liberté des personnes qui ne partagent pas le même style de vie. Cette affiche était porteuse du slogan : "ça change quoi pour vous ? Parce que pour nous c'est important". Après un premier refus d'affichage de la part de la société Métrobus, le ton est monté puisque d'un coup, c'est le front revendicatif qui s'est ouvert en menaçant de porter l'affaire devant les tribunaux pour discrimination homophobe. Rainbow attitude s'est déclaré ouvertement militant, "trait d'union entre un groupe de la société, les gays et les lesbiennes et le monde d'aujourd'hui, pour qu'ils se rencontrent, se découvrent et se comprennent". Il ne faut donc pas s'en étonner. Le processus est bien bouclé puisqu'on produit d'abord des rapports dont la rigueur laisse à désirer, puis on vote une loi interdisant de critiquer l'homosexualité sous peine de passer pour un "phobiste", enfin on met en place une campagne d'affichage et de promotion qu'il est impensable de critiquer. Il y a également dans l'affaire ma propre liberté de ne pas subir le mode de vie de la communauté gay lorsque je prends le métro. A phobiste, phobiste et demi ! Quand on prône la tolérance, mieux vaut ne pas jouer avec la provocation.
Devant cette menace judiciaire, et avec la persuasion de la HALDE (que ne s'est-elle embourbée dans cette galère ?), Metrobus a fini par afficher cette affiche avec le slogan : " ca ne change rien pour vous mais ça change tout pour nous".
Si, cela change tout pour nous, les autres (et ce seul "nous" montre bien l'enfermement progressif des gays) ! Je ne dois pas être le seul à penser cela puisque la majorité des affiches du métro ont été déchirées. Le débat sur l'homosexualité dans la société n'ayant et ne pouvant être ouvert sous peine de discrimination condamnable pénalement, voici que l'on m'impose une réponse. C'est le propre d'un système qui dérive fortement vers l'idéologie.
Je crains, hélas, que tout cela ne se retourne contre les gays et les homosexuels, ce qui serait dommage car, pris en otages dans leur propre communauté, ils n'auront comme reflexe que de s'enfermer dans une posture de défense-attaque qui ressemblera fort à la politique de la terre brûlée. Comment les gays veulent-ils être "comme tout le monde" si leurs revendications sont faites ainsi ? La méthode se rapproche fort des anarchistes qui souhaitaient mettre le désordre pour le désordre. Etrange d'ailleurs ce souhait de se démarquer absolument et par ailleurs de retomber dans des demandes d'une normalité banalement bourgeoise (adoption, mariage,...). Etrange, cet affichage de vouloir vivre en société alors que tout est fait pour se conforter dans un cocon communautariste confortable et bien à l'abri. Etrange cette façon de provoquer le débat et de s'en dérober dès que celui-ci devient possible. Etrange, cette posture de vouloir transgresser les lois et d'en demander une pour se protéger.
Par pur hasard (Ah, ah! diront certains), je me suis trouvé à la porte du salon Rainbow Attitude au premier jour d'ouverture. Je me suis donc laissé à regarder les visiteurs, comme lorsqu'on est à une terrasse de café on regarde les passants. Il yavait des personnes bariolées, des carnavalesques, des sobres, des discrètes. Un peu de tout. Ce qui m'a le plus frappé, c'est leur tristesse manifeste. Les gays passent dans le grand public pour être amateurs de fêtes somptueuses, de la nouba permanente, de la drague, de l'exubérance, de la joie de vivre, de l'ouverture. Je m'attendais à voir des sourires, des yeux pétillants, une certaine légéreté du regard. Non, rien! Plutôt comme une sorte de lassitude, l'impression d'être dans une habitude triste, un corridor sans issue. Un envers du décor plutôt mélancolique et sans espérance. C'est vrai qu'en ce sens, ils rejoignent la "normalité", hélas.
13:50 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Idéologie, Homosexualité, Salon Rainbow attitude

