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jeudi, 30 juin 2005
Rebecca WEST : Agneau noir et faucon gris
Rebecca WEST : Agneau noir et faucon gris, un voyage à travers la Yougoslavie
Présentation de l'ouvrage sur la quatrième de couverture :
"Romancière anglo-irlandaise de renom, Rebecca West entreprit en 1937 un grand périple à travers la Yougoslavie dont l'avenir était déjà assombri par les divisions ethnico-religieuses et l'approche de la guerre. Elle en tira un livre au titre énigmatique qui allait la rendre mondialement célèbre.
Agneau noir et faucon gris parut en 1941, alors que la tentation suicidaire redoutée par Rebecca West se déchaînait en Europe. Ses prémonitions et la force avec laquelle elle a su les exprimer font de son livre un chef-d'oeuvre médiumnique à l'égal des Démons de Dostoïevski. Tout en composant l'un des plus grands récits de voyage de la littérature universelle, elle s'y livre, à l'instar de Tocqueville en Amérique, à l'exploration intellectuelle d'un monde non encore révélé.
De Zagreb au Monténégro, en passant par la Dalmatie, l'Herzégovine, la Bosnie, la Serbie, la Serbie du Sud (Macédoine) et la Vieille Serbie (Kosovo), Rebecca West a tracé une triple cartographie de cet État prophète et martyr: en surface, la géographie et la politique ; en profondeur, l'histoire et les traditions ; et dans les cieux, cette composante que ses confrères occidentaux ont tant de peine à percevoir : les horizons spirituels de tous les peuples de Yougoslavie.
Dans cette société aux traditions encore vives, son oeil et sa plume enregistrent les derniers chatoiements d'une Europe disparue : celle des rites campagnards, des costumes brodés, des chants de semailles, des poèmes épiques et des rancoeurs tribales. Mais nous sommes loin, ici, du pittoresque gratuit cher au tourisme littéraire. Connue pour ses positions progressistes et féministes, Rebecca West se garde pourtant bien de juger cette société si éloignée de son monde, préférant la clair voyance de l'amour aux raisonnements de l'analyse.
Mais son voyage outrepasse de loin les frontières de la Yougoslavie. Chaque défaite de la civilisation dans les Balkans, constate-t-elle, a toujours été un pas de plus vers le déclin de l'Europe, et l'assassinat du roi Alexandre, en 1934, fut le premier acte de la guerre mondiale qui suivit. Avec, à l'arrière-plan, la rumeur de cette lutte éternelle de l'être et du néant, Agneau noir e tfaucon gris est aussi, à l'instar des Sept piliers de la Sagesse de Lawrence, une vaste méditation sur la vie et la mort des civilisations.
Servi par une narration envoutante, parcouru de descriptions émerveillées et de rencontres mémorables donnant lieu à des portraits désormais classiques, ce livre entraîne le lecteur d'aujourd'hui dans une redécouverte bouleversante d'une période cruciale de notre histoire.
Née à Londres en 1892, Cecil Isabel Fairfield se fit connaître dès 1911 sous son nom de plume emprunté à Ibsen. En plus de ses écrits militants et de ses romans, elle écrivit notamment un essai sur Henry James, une biographie de saint Augustin et des comptes rendus célèbres des procès de Nuremberg. Nommée Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique en 1959, elle s'éteignit en 1983 à l'âge de 90 ans."
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Balkans : l’histoire à vif
Remis à l’honneur par une théorie des dominos catastrophique, les Balkans dont l’histoire compliquée revient sous les feux de l’actualité, ne sont plus cités désormais que sous le terme d’ex-Yougoslavie, comme le souvenir d’un rêve utopique. Cette terre de fracture, au tellurisme historique violent et où s’exerce une sanglante tectonique des peuples, déroute les politiques occidentaux actuels comme elle a dérouté ses principaux occupants, Turcs, Italiens, Autrichiens. Les peuples de ces terres portent un résumé douloureux de l’histoire européenne, dévorés par une mémoire omniprésente et une hétérogénéité culturelle et religieuse plus qu’ethnique qui fait rejaillir par saccades la lave des conflits.
Lorsque Cecil Isabel Fairfield décide de se rendre en Yougoslavie, elle savait qu'elle allait au devant d'un monde déjà relaté par les meilleurs utopistes qui l'avaient précédé. En effet, "Des Anglais donc, animés de sentiments humanitaires et de tempérament réformateur, se rendaient constamment dans la péninsule balkanique afin de voir qui maltraitait qui, et, comme ils étaient en vertu même de leur foi perfectionnistes et incapables d'accepter l'effrayante hypothèse selon la quelle tout le monde maltraitait tout le monde, ils revenaient tous en s'étant choisi dans le fond de leur cœur un peuple balkanique chéri toujours victime et jamais bourreau".
Ecrit en 1940, ce livre , dédié " A mes amis de Yougoslavie qui sont maintenant tous morts ou réduits en esclavage ", est la narration d’un voyage entreprit en 1937, alors que l’Europe s’enfonçait vers la nuit de la guerre. Cependant, le mot " narration " est faible pour définir ce qui apparaît plus comme une " quête ". C’est en effet tout un univers disparu qui s’offre à nos yeux, une civilisation complète et complexe à jamais engloutie, telle une Atlantide dont nous n’aurions plus que quelques fragments épars. Rebecca WEST fait oeuvre tout à la fois d’historienne et d’ethnologue pour nous rendre l’atmosphère de cette Europe disparue. Le voyage physique de l’auteur s’accompagne d’un voyage dans les traditions et mieux, ce qui rend cet ouvrage plus précieux encore, dans la composante spirituelle des peuples. A soixante ans de distance, ce livre détonne par son actualité.
Celle qui fut chroniqueuse du procès de Nuremberg accompagne son récit d’une réelle réflexion sur les causes des défaites des civilisations, sur ces petits renoncements qui aboutissent aux grandes barbaries. S’ouvrant et se fermant sur la figure du roi Alexandre, assassiné à Marseille, le livre mentionne les événements contemporains comme les pointes immergées de cet iceberg balkanique où le passé récent se compte à l’échelle du millénaire, avec cette mémoire brûlante qui a un arrière goût de fer et de sang. Le récit passe du détail quotidien à la grande fresque historique, avec des raccourcis saisissants dans lesquels l’Histoire est constamment appelée à la barre des témoins pour nos yeux de jurés. Ainsi des guerres balkaniques de 1912 et de l’intervention de la Serbie en Macédoine : " Les Serbes se ruèrent vers le sud avec l’impétuosité de jeunes poulains. L’Occident les prit pour des matamores barbares et stupides, d’oser ainsi s’attaquer à un ennemi (l’empire Ottoman) qui n’avait jamais été vaincu… Absorbés dans leur rêve de gloire et d’héroïsme, les Serbes n’en avaient cure… Ils subissaient et commettaient des atrocités. Mais rien ne les troublait. Dans leur esprit régnait l’image splendide de l’empire slave, puissant en dépit des siècles et de la défaite, comme le Tsar Lazare dans son cercueil ".
Le livre met en lumière, avec le parti pris mesuré de l’auteur, l’intransigeante politique impériale des dirigeants austro-hongrois à l’égard des slaves, de cette politique d’asservissement reprise par Mussolini qui fait que " tout individu à l’intérieur de l’Etat qui résiste ou qui est seulement soupçonné de conserver la conscience de sa différence par rapport au parti dominant est soumis à toutes les formes de contrainte ". La logique d’empire n’est pas à l’honneur dans le livre de Mme West. On lira avec beaucoup d’intérêt ses réflexions sur les tentations impériales au cours de la visite du palais de Dioclétien.
Les soubresauts historiques de cette région européenne donnent une image de violence réelle aux Balkans. Il en ressort des caractères contrastés et on peut dès lors comprendre la réaction épidermique de certaines figures de ce livre qui sont amenées " à hurler et à gesticuler pour survivre ".
Le voyage commence dans un train en compagnie d’Allemands, archétype des européens moyens de cette époque, pleutres et arrogants, cyniques et lâches, modèles, selon Mme West, de ce que la société industrielle avait pu modeler comme citoyen. Le voyage à travers la Yougoslavie se fait sous la conduite de guides, témoins privilégiés dont la figure la plus marquante est celle de Constantin, poète juif et sorte de savant universel, Pic de la Mirandole serbe, attachant avec son caractère entier et franc. Il est le fil rouge de l’ouvrage, donnant un éclairage particulier de l'âme des peuples slaves.
Par des scènes quotidiennes relatées avec humour, l’auteur mesure l’écart qui nous sépare des Balkans. Ainsi, de ce sanatorium croate où les médecins pensent que la meilleure façon d’améliorer la vie, c’est d’y ajouter de " bonnes choses ", tandis qu’en Occident, c’est d’en retirer les mauvaises.
Rebecca West voit dans les Balkans la marque cuisante des hérésies chrétiennes qui se sont développées tout au long de l’histoire et dont les stigmates ne cessent de réapparaître sporadiquement. Ces hérésies sont selon elles, " les pires perversions qui puissent affliger la nature humaine. Hormis quelques îlots de pureté dans le Languedoc, l'Europe hérétique présente dans l'ensemble le spectacle effrayant d’innombrables êtres humains affrontant avec joie le martyre pour avoir le droit de pratiquer de macabres et sinistres extravagances ".
Le récit prend des tonalités sombres et quasi métaphysiques au fur et à mesure du cheminement. Les chocs successifs de la célébration d'un rite païen de fertilité en Macédoine avec l’égorgement des agneaux noirs, et de la plaine de Kosovo où ne subsistent que quelques palimpsestes de la civilisation médiévale serbe engloutie dans les batailles du XIVème siècle laissent un goût amer à l’auteur qui constate que l’Europe voue une admiration morbide aux idéologies mortifères. " L’humanité avait régressé. On eût dit que l’homme était sur le point d’oublier qu’il était plus sage d’être doux que violent, plus digne d’être sain d’esprit que d’être fou. Il n’ignorait pas seulement le Sermon sur la montagne, il oubliait ce que le Psalmiste avait sû. Et comme ces choses sont profondément vraies, celui qui les avait oubliées serait un jour bien obligé (mais à quel prix !) de les redécouvrir ".
Le livre, malgré une densité jamais démentie sur plus de 900 pages, est simple à lire, servi par une traduction limpide de Gérard Joulié. Un index des noms de personnages, des lieux et des thèmes permet de revenir facilement sur l’ensemble des interactions pesant sur la mosaïque balkanique.
ISBN: 2825108650
18:35 Publié dans Lectures | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Rebecca West, Balkans, Serbie, Yougoslavie
Brian ALDISS : Super Etat
Super-Etat : l'Union européenne dans quarante ans
Brian ALDISS
Présentation de l'ouvrage sur la quatrième de couverture :
"Bienvenue au mariage du fils du président de l’Union européenne, le Super Etat qui s’étend de l’Irlande à la Grèce et aux contreforts de l’Est. La mariée a été retenue sur l’Everest par une tempête mais une androïde la remplace avantageusement. (Un seul problème avec les androïdes, ils posent toujours trop de questions sur les humains. Ils sont bruyants, on doit les enfermer le soir dans les placards.) Malgré le printemps, le temps est orageux, mais c’est à cause du réchauffement de l’atmosphère! Le père du marié est très excité par son projet de guerre contre ce petit pays musulman des confins de la Chine, c’est tellement amusant d’essayer des armes nouvelles!
Puis tout bascule: la banquise fond et un raz-de-marée engloutit toutes les côtes de l’Irlande à la Bretagne, la mariée, enlevée, s’amourache d’un terroriste, les Foudéments sèment la panique sur le Net tandis que l’expédition scientifique sur Jupiter trouve une forme de vie et, affamée, la mange.
Un roman de vraie SF intelligent, prémonitoire, noir et drôle."
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Pandémonium
Les ouvrages d'anticipation sont toujours tenus pour d'aimables plaisanteries de la part des auteurs dits " sérieux ". De ce fait, ils ne peuvent être tenus pour prophétiques. Ainsi du " Meilleur des mondes " de Huxley, du " 1984 " d'Orwell. Un principe tacite de non crédibilité des fictions décrites est de rigueur. Cependant, si les hypothèses des auteurs de ces œuvres sont parfois caricaturales, les événements qui nous atteignent dans le monde " réel " leur donne bien souvent un arrière-goût de raison. Lire aujourd'hui le " Meilleur des mondes " provoque insensiblement un malaise ou une sensation terrible de vertige. Si nous nous complaisons à nous plaindre que les sociétés humaines contemporaines sont souvent au bord du gouffre, les œuvres d'anticipations nous font faire un grand pas en avant !
Auteur de nombreux essais, critiques et historiques du genre, anthologiste et écrivain, Brian Aldiss occupe une place de tout premier plan dans la science-fiction britannique depuis les années 60. Il est l'auteur reconnu de la trilogie d'Helliconia et l'instigateur direct du film A.I (artificial intelligence) de Steven Spielberg. Son œuvre tourne principalement autour de la réalisation d'utopies, extra-terrestres ou non. C'est justement l'objet de son dernier roman traduit en français : " Super Etat, l'Union européenne dans quarante ans ". Le titre sonne comme un intitulé de rapport officiel sorti des plus grands instituts de prospective mais le contenu n'incite pas à l'optimisme. Le Super Etat en question s'étend de l'Irlande à la Grèce et aux contreforts de l'Est. Son président est un mégalomane très excité par son projet de guerre contre un petit pays musulman des confins de la Chine (c'est tellement amusant d'essayer des armes nouvelles!). La guerre y est vue comme une distraction politique mineure. Les enjeux politiques internes au Super Etat sont minimes, la démocratie n'étant bien défendue qu'entre les mains d'une oligarchie dont on imagine le philanthropisme. La société civile, quant à elle, dérive au gré des comportements " normaux " ou normés que le vent de l'époque impose. Les mariés peuvent se faire représenter par des androïdes, la jet set est égale à elle-même, les riches sont très riches et les pauvres plus pauvres encore grâce au programme communautaire d'aide sociale. L'art suit la même pente. La télévision assure la " cohérence culturelle " que l'on imagine mais la lecture obligatoire est promue par la distribution gratuite d'œuvres inoffensives, celles du bon Monsieur Nietzsche par exemple. Les bateaux des immigrants sont tout simplement coulés… avec leurs occupants, bien entendu. La monnaie est unique et s'appelle l'univ (toute coïncidence avec des faits réels est bien sûr fortuite). Les clergymen, ou ce qu'il semble en rester, psalmodient un préchi-précha insipide, suant les bons sentiments et digne d'une psychanalyse de comptoir. En bref, un monde " parfait " où règne une administration débordante pétrie d'intentions généreuses. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Le grain de sable arrive cependant car avec le réchauffement de la planète, la banquise fond et un raz-de-marée engloutit toutes les côtes de l'Irlande à la Bretagne, la fille du Président s'amourache d'un terroriste, un groupe à tendance anarchisante sèment la panique sur le Net tandis qu'une expédition scientifique expédiée sur Jupiter trouve une forme de vie et, affamée, la mange. Le Super Etat que l'on croyait policé se transforme dès lors en Pandémonium, copie conforme de la capitale de l'enfer décrite par Milton dans son œuvre Paradise lost.
Ce n'est pas le meilleur livre de Brian Aldiss. La lecture en est très hachée et le style commun, sans relief. Ce n'est pas non plus le meilleur livre d'anticipation sur le sujet. Le lecteur pourrait légitimement lui préférer les livres plus noirs et mordants de Norman Spinrad (Jack Barron et l'Eternité, Rock Machine) ou ceux de Robert Silverberg (Les monades urbaines). Cependant, ce roman est racheté par les courts et savoureux dialogues entre les androïdes qui cherchent à comprendre la " condition humaine ". Quelques personnages hauts en couleur tentent également de vivre une vie tout simplement humaine, donc rétrograde, dans un univers en marche vers une course à l'abîme. L'humour est décalé, caustique. Nul ne souhaiterait que ce roman soit prémonitoire mais en ces choses-là, rien n'est jamais sûr et le pire est toujours à prévoir selon la fameuse loi de Murphy, bien connue des humoristes : " S'il existe deux ou plusieurs manières de faire quelque chose et que l'une de ces manières est susceptible de se solder par une catastrophe, on peut être certain que quelqu'un se débrouillera pour la choisir. ". Quelle époque formidable !
ISBN: 286424442X
18:10 Publié dans Lectures | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Brian Aldiss
La fierté de défendre la vie
Ce matin, sur l'antenne de la radio Europe 1, j'entendais une chronique dans laquelle des chercheurs se lamentaient sur le fait que notre pays était en retard dans la recherche sur les embryons et qu'heureusement, les dernières lois permettaient d'importer des cellules souches de l'étranger. Suivait un témoignage d'un chercheur qui racontait comment certaines de ces réunions d'explications étaient troublées par des "extrèmistes catholiques", lesquelles le traitaient d'assassins et utilisaient "Auschwitz" comme vindicte. Le reportage reprochait ensuite à ces mouvements d'empêcher la science d'avancer, surtout que ce qui était prévu, c'est que les embryons qui n'avaient pas de projet parental pouvaient être utilisés.
Tout le reportage était orienté sur l'ostracisme des défenseurs de l'embryon, impasse étant faite sur les recherches moralement satisfaisantes sur les cellules-souches adultes. Surtout, une culpabilisation pernicieuse mettait les catholiques comme personnes empêchant les malades de guérir.
Bref, un reportage bien orienté et uniquement à charge. Nous en avons l'habitude.
Pour ma part, la culpabilisation ne marche plus car il y a des choses que l'on ne négocie pas. La ligne jaune a été franchie depuis longtemps par les partisans qui veulent voir l'être humain comme un matériau génétique manipulable à loisir. Est-il possible de guérir au prix de la mort d'autres êtres humains ? Non bien entendu, sauf si on considère que les embryons ne sont pas des êtres humains. Or, là est bien le noeud du problème. La loi sur l'avortement de 1974 a ouvert une boite de Pandore car si on considère l'embryon comme une personne, celle-ci bénéficie de toutes les protections de la loi. Cela gène beaucoup et remet en question les partisans du libre choix (libre pour la personne qui avorte, pas celle qui est avortée !). Les lois de bioéthiques se tortillent dans ce magma intellectuel. Il faut en revenir aux fondamentaux : Toute rencontre de deux cellules mâles et femelles forme un être humain ! C'est simple mais c'est très compliqué à mettre en oeuvre car la volonté manque.
La manne financière qui dépend des recherches sur le vivant et l'incroyable débouché commercial qui en découle font que les tentations sont très grandes de brûler les vaisseaux. Un bon travail de sape de l'opinion par les grands lobbyes et mouvements de pensée antichrétiens et le tour est joué.
Donc, n'ayons crainte d'être traité de réactionnaire, de rétrograde et d'extrêmiste.
Le réactionnaire est celui qui réagit et seuls les corps vivants peuvent réagir à une agression extérieure.
Le rétrograde est celui qui freine, comme le conducteur rétrograde une vitesse pour empêcher sa voiture de filer dans la pente.
L'extrêmiste est celui qui voit d'emblée le bout de l'horreur vers laquelle on s'achemine, et qui s'en offusque.
Autant de termes dont on peut être fier !
A voire : site Cellules-souches Suisse, Colloque "l'embryon humain face au temps de l'histoire, face au temps de la vie"
11:45 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note
mercredi, 29 juin 2005
La science à l'épreuve du Linceul de Turin

Le magazine Science & Vie, bien connu et toujours passionnant à lire, a publié dans son numéro de juillet un article sur le thème suivant :
Saint suaire : la science aveuglée par la passion
En 1988, une datation au carbone 14 révélait l'âge du suaire de Turin : moins de 800 ans !
Pourtant, des scientifiques cherchent, encore aujourd'hui à démontrer que ce linceul aurait pu envelopper le corps d'un homme il y a 2000 ans.
Voilà de quoi mettre quelquechose sous la dent de lecteurs assommés par la chaleur. Le Linceul pourrait paraître un bon "marronnier" journalistique si son sujet était correctement traité. Or, il semble bien que la rigueur n'a pas trop étouffé le magazine. Pour rétablir un peu le fléau de la balance, voici une petite réaction à verser au dossier que le lecteur pourra emporter également dans sa valise. Pour paraphraser le titre de l'article il semble que la science soit aussi aveuglée elle-même.
L'auteur de la réaction est Dominique Daguet. Ecrivain, poète, il est également l'initiateur de l'opération "Linceul Pélerin" et a écrit un admirable livre sur le sujet, retraçant avec rigueur toutes les découvertes scientifiques faites sur le linceul. Cet objet archéologique a poussé des disciplines scientifiques dans leurs retranchement. L'analyse épistémologique qui avait été conduite par Arnaud-Aaron Uspinsky avait conclu à l'authenticité du Linceul. Pourtant, cette conclusion est toujours remise en question.
Avouons simplement que toute question scientifique relative au Linceul est passionnante à suivre. Elle pousse la raison dans ses retranchements, l'obligeant à faire de nouvelles hypothèses qui doivent être vérifiées, expérimentées. En tous cas, le Linceul n'oblige jamais à croire. On reste sur le seuil du mystère et cela stimule encore plus l'imagination. Reste qu'il faut être honnête dans la démarche mais c'est une toute autre question.
La réaction de Dominique Daguet est disponible en téléchargement sur ce blog.
17:55 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note
La République dans son miroir
"Miroir, mon beau miroir, dis moi que je suis la plus belle". Tout un chacun a en tête ce questionnement de la marâtre de Blanche-Neige au miroir magique, symbole de la jalousie mais également de l'aveuglement.
C'est ce qui m'est venu à l'esprit ce mardi lorsque j'ai appris, éffaré, que le Président de la République Universelle des Droits de l'Homme, de la Solidarité Obligatoire et Festive Française, a remis les insignes d'officier de la légion d'honneur au Kamarade Roland Leroy, ex-patron du journal l'Humanité, ex-membre du Comité central du Parti communiste, ex-député communiste, etc...
Je ne m'attends plus à grand chose de propre de la part d'une République dite démocratique qui a renié tous ses principes et se vautre comme une putain dans les bras de ceux qui la viole (et c'est injurieux pour les putains qui ont l'honneteté de faire payer une prestation), mais là, quand on imagine avoir atteint le fond, on s'étonne toujours du fait que certains ont trouvé le moyen de creuser encore.
Bref, un ancien apparatchik est décoré pour services rendus à la nation. Si, si, et en présence de Marie-Georges Buffet. Chirac qui n’a jamais dénoncé une seule fois les crimes du communisme, en a même profité pour faire une publicité éhontée pour la « fête de l’Huma », « une très grande manifestation culturelle et festive ». Pas un mot sur le système de propagande soviétique que constituait cette manifestation, désormais subventionnée et perfusionnée par la très capitalistique chaîne de télévision TFI. C'est l'hommage même du vice au mensonge.
Qui se ressemble s'assemble dit le proverbe. Quand on voit l'armée méxicaine que représente désormais la Légion d'Honneur, on peut se demander si le plus grand honneur à rendre au pays n'est pas de décliner l'offre d'engagement lorsqu'il vient !
Revenons un instant à cette admission dans la Légion. Au titre de l'article R1 du code de l'ordre, " La Légion d'honneur est la plus élevée des distinctions nationales. Elle est la récompense de mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes."
"Récompense de mérites éminents acquis au service de la nation". Quel est le mérite que les communistes ont donné à la Nation. La Résistance ? Certes. Ils ne furent pas les seuls et ils l'ont pris en retard volontairement. Ajoutons que si la motivation était essentiellement patriotique pour les Résistants, les intentions étaient plus troubles au plus haut niveau (alignement sur la stratégie de conquête de l'URSS). Bon, suivant : la glorification de Staline ? Le silence sur les massacres du communisme ? l'infiltration des organismes d'Etat ? les grèves de 1949 ? La mise en place et le noyautage des syndicats les plus rétrogrades d'Europe ? Effectivement, cela vaut bien une légion d'honneur.
La France moderne des droits de l'homme, née en 1789 et célebrée comme telle fait un deuil jaloux de ne pas avoir pû conduire sa révolution complète jusqu'au bout du sang. La France l'a rêvée, l'URSS l'a faite. Il était donc normal de récompenser tous ceux qui furent d'accord avec le système communiste. La France récompense ses fils spirituels et se complait de regarder dans ce miroir parfait ce qu'elle aurait pû être si ses idéaux généreux n'avaient pas été repris par d'autres.
Les petits fours de la réception ont-ils été faits à Katyn ?
11:00 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note
vendredi, 24 juin 2005
Ô! rage, ô! des espoirs
Du bas des marches de la station de métro où j'étais coinçé par l'orage hier soir, je voyais tomber les trombes d'eau sous des lueurs d'apocalypse. Les gerbes d'eau envoyées par les voitures retombaient dans la station comme autant d'embruns maritimes. L'eau cascadait sur les marches. Tout un chacun était calfeutré dans cet antre de béton. J'ai pensé à Noé au sein de son arche, entouré de toute la création animalière du Seigneur, dans un refuge puissant contre les forces de la dévastation, contre l'épée de l'ange qui frappait la terre, contre l'ire de Dieu qui pleurait tellement de tristesse contre les turpitudes humaines qu'il sanglota durant quarante jours et quarante nuits.
Les temps cataclysmiques ramènent inévitablement l'Homme à sa juste mesure, celle d'un être bouffi d'orgueil impuissant et qui refuse d'assumer cette impuissance. Un pauvre orage mouille fort durant quelques minutes et cela fait la une des journaux. Dérisoire dérision, pied de nez d'une nature incontrôlable envers l'engeance de roi que nous sommes. Car s'il est une leçon que nous devrions tirer de cela, si nous en étions capables, ce serait de constater que le roi de la Création que nous aurions dû être s'est transformé en tyran. Que s'il était au service de la Création, comme le roi se doit à ses sujets, sans doute verrions nous les météores d'un autre oeil. La Nature n'a aucune conscience, aucune âme mais l'Homme est supposé en avoir une et se doit de tirer des leçons fort simples de ce qu'il vit, à savoir un appel incessant à l'humilité.

Revenons à Noé, le patriache gardien de zoo. Son mérite aura été d'écouter la voix du Seigneur et d'obéir. Là encore, il fut sauvé, son âme fut sauvée, la Création fut sauvée parce qu'il a obéit à un ordre qu'il ne comprenait pas. Sa raison fut enrichie par les élans de son coeur, de son âme, de sa foi. Là encore, une belle leçon à méditer pour notre époque renfermée sur elle-même, incapable de s'ouvrir à la transcendance en contemplant ce qui l'entoure, effrayée du moindre coup de vent, emportée comme un fétu de paille au vent de l'histoire et du relativisme moral.
J'entends d'ici les voix de ceux qui disent que j'exagère, que j'agglomère tout. Oui, tout se tient et s'agglomère, indissolublement lié. Coupons l'Homme de la Création et de la transcendance divine et il tombera comme une feuille d'automne. Langage d'intégriste diront d'autres. Non, langage d'intégraliste si on me permet ce barbarisme. Langage de celui qui est partout pour se joindre à nouveau à Dieu. Je suis las de cette époque qui nous sépare de Dieu. Si Léon Bloy attendait les cosaques et le Saint-Esprit, j'attends l'aube des tempêtes et le déluge de l'amour divin. Jamais le dernier verset de l'Apocalypse de Jean n'aura été autant un cri : "Viens, Seigneur Jésus".
10:28 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note
mercredi, 22 juin 2005
Lénine, Mao et consorts en brocante

Soyons solidaires envers les tyrans et les affameurs des peuples. Une fois que leur règne est terminé, continuons à alimenter leur souvenir par l'achat de bibelots et souvenirs émus.
Ah ! que la révolution était belle, et que ses sentiments étaient purs. Cela valait quand même bien quelques millions de morts, un détail de l'histoire en quelque sorte.
Mais que font nos bonnes âmes sensibles ?
11:17 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note
mardi, 21 juin 2005
Pour l'honneur du football
Je ne suis pas sportif. Je considère que c'est un très bon moyen pour se faire du mal. D'ailleurs, s'il existe une clinique du sport, c'est qu'il y a bien une raison. Je me reconnais très bien dans cette boutade de Churchill à qui on demandait à quoi était dûe sa bonne forme et qui répondit : "no sport" !
Pour autant, je reconnais que le sport apporte beaucoup de choses aux personnes qui le pratiquent et j'aime beaucoup regarder les grandes compétitions du genre championnat du monde.
Mais par pitié, quand arrêtera-t-on de faire parler des footballeurs à la radio ou à la télévision en leur donnant autant de temps d'antenne pour ne rien dire ? Ce matin encore, un individu appartenant à l'espèce loquace épanchait ses états d'âmes ridicules sur les ondes d'une grande radio : stress, on a gagné mais on fera mieux la prochaine fois, la pression, ... C'en est indécent et scandaleusement profanatoire de la tranquillité de l'auditeur qui a l'impression que seul le football existe.
Les footballeurs sont payés très chers pour taper dans la baballe. Qu'ils ne viennent pas en outre nous laver les oreilles avec leur jeu de pied ! Pour l'honneur de ce sport, qu'ils se taisent.
13:50 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note
vendredi, 17 juin 2005
IVG : Objection de conscience au Bac 2005
Parmi les sujets du Bac 2005, on pouvait lire : "A l'aide du document 4 ci-joint, dégagez les arguments en faveur de l'autorisation légale de l'IVG en France"
Le document en question, un article du Monde du 9 décembre, disait entre autres : "contrairement à ce qu'affirmaient les opposants à l'avortement lors de l'adoption de la loi, la légalisation de l'IVG n'a pas eu d'impact démographique. "Une IVG ne constitue pas une naissance en moins mais une naissance reportée à plus tard dans un contexte plus favorable"
La bonne réponse, dans les corrigés officiels est :
La maternité n'est plus contrainte mais choisie
La parentalité est conjointe
Il n'y a pas eu d'incidence sur la fécondité
Il y a dans la manière de faire des concours une forte dose de présupposé idéologique. Faire plancher de jeunes hommes et femmes sur un tel sujet en assénant un a priori de satisfescit est proprement scandaleux. Un document prétendûment scientifique justifiant l'élimination d'être humains au nom d'une logique politique aurait été taxé de nazisme et condamné justement comme tel. Dès lors, pourquoi un tel sujet, où l'on demande à des jeunes de justifier l'élimination d'êtres humains au nom d'une logique sociale est-il plus admissible ?
Le but avoué est bien entendu de faire passer le message de la normalité de l'acte de l'avortement. Aucune question morale (éthique pour faire plus branchouille) n'est prise en considération. Au nom de la convention sociale, quelle qu'elle soit, nous en viendrons bientôt à justifier de nouveau la torture, le trafic humain, la guerre et l'esclavage, autant d'actes sociaux dont le christianisme nous avait affranchi. J'y vois là le retour d'une barbarie civilisationnelle majeure.
Ce sujet vient sous l'égide de l'Education nationale, organisme protéiforme et tentaculaire peuplé d'irrésponsables notoires et protégés dont le but initial (idéal et jamais atteint) est de promouvoir le bien commun de la société à travers un dispositif éducatif. Comment peut-on justifier que l'élimination d'êtres humains est un bien commun ? Quelle contorsion intellectuelle est mise en avant pour dire que le nazisme social appliqué au plus faibles d'entres nous est une bonne chose ? Tout simplement en affirmant que le foetus n'est pas un être humain car il n'est pas encore né. La position est intenable et plus le mensonge est gros, plus il peut encore passer. Mais la vieille tunique de ces non moins vieilles idées est usée jusqu'à la corde et est en train de craquer. Il n'est plus admissible aujourd'hui que des sujets promouvant un tel racisme social sous couvert scientifique soit diffusés.
Revenons un instant sur le dernier item du corrigé : "Il n'y a pas eu d'incidence sur la fécondité". 200.000 avortements durant 30 ans = 6.000.000 de naissances en moins. Comment peut-on dire qu'il n'y a pas eu d'incidences ? L'immigration a compensé sans doute, mais cela fait tout de même 6 millions d'enfants en moins, tués sur l'autel sanguinolent de la liberté de choisir. Pouvons-nous réellement choisir la vie ou la mort d'une autre personne ? Que l'Etat couvre un tel scandale est proprement vertigineux. 6 millions de non-nés, cela devrait faire réfléchir ceux qui mettent le seul Génocide Juif comme summum de l'horreur humaine et de trou noir de la conscience. Ce ne sont plus simplement des trous qui se forment aujourd'hui dans les salles d'hopitaux, mais des gouffres, des vortex où le néant s'engouffre. L'horreur est aujourd'hui cliniquement testée et approuvée, donc acceptable et diffusable en toute impunité.
Si un jeune rate son bac parce qu'il a "mal" répondu à ce sujet, je considerai qu'il est de l'étoffe des héros.
Honte à vous, "professeurs de mort".
Consultez le dossier de Liberté Politique à partir duquel vous pourrez réagir.
La photo placée dans cet article est issue du blog : http://sigyn.skynetblogs.be/
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mercredi, 15 juin 2005
Vocifération du monde
Station Trocadéro, heure de pointe. La foule se presse, nonchalante ou pressée, comme d'habitude. Depuis plusieurs jours, les hauts-parleurs de la station ejectent un gargouillis sonore infâme que personne n'écoute. Je dis infâme car aucune parole n'est intelligible. Il m'a semblé tout d'un coup que cette répétition idiote de messages que plus personne n'écoutait parce qu'inaudibles était une métaphore de notre situation contemporaine. Envahis des flots d'une parole dévoyée, nous ne sommes plus à même de remonter à la surface du dégueulis verbal. Tout éjacule du son, du bruit, des solgans, des mots d'ordre, des brèves, des news, des flashs, et tout sombre dans l'indifférence protectrice et silencieuse. L'indifférence est le meilleur moyen de se protéger et le silence devient une forme d'action privilégiée.
Notre monde, en rejetant le Verbe, a perdu la vraie parole, a perdu le sens des mots, le sens de cette communication qui pousse vers l'autre, quand la communication officielle, dérivée de la pub, rejette à l'intérieur. La parole contemporaine agresse, pollue, dépersonnalise, moutonnise alors que le don de la parole devrait faire émerger l'être. Que de mots pour ne rien dire.
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