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jeudi, 21 avril 2005

Benoît XVI contre les Arrogants

medium_b16.jpgLa charge fut violente au lendemain de l'election de Joseph Ratzinger sur le trône de Pierre en tant que Benoit XVI. Que n'a-t-on entendu sur le "panzerkardinal" promu à la tête d'une armée d'intégristes fanatisés par l'Opus Dei. Tous les medias, benêts et non benoits, se sont engouffrés dans la brêche, au nom de cet unanimisme moutonnier qui prévaut désormais.

Que reproche-t-on au Pape ? d'affirmer la foi de l'Eglise, d'être fidèle au message évangélique transmis depuis deux millénaires ? Oui, le message s'adresse à temps et à contre-temps. Il est certain que certaines phrases de l'Evangile ne sont pas tendres à entendre. Lui reproche-t-on de mettre sous le boisseau l'engagement social tel que le comprirent les théologiens de la libération ? Là encore, les plus grands commandements de l'Eglise, tels qu'ils ont été expressèment prononcés par Jésus sont : "tu aimeras ton Dieu de toute ton âme ..." et "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Et dans cet ordre, pas dans l'autre car c'est parce que l'on brûle de l'amour de Dieu que le prochain a toute sa place. On peut brûler de l'amour du prochain mais alors que reste-t-il à Dieu ? L'infini passe avant le fini, ce n'est pas être conservateur que d'affirmer cela, ou alors on ne parle plus de christianisme.

On ne comprend rien à Ratzinger si on ne voit pas que toute sa réflexion est christo-centrique. Tous ses efforts sont menés par le seul souci que les gens ne regardent plus leur nombril mais la Croix. Ce type est un amoureux du Christ et de la Vérité. C'est effectivement un type dangereux pour les partisans du relativisme moral et philosophique.

Passons sur les problèmes de capote car la presse a suffisamment glosé là-dessus, au point de connaître le marché du latex sur le bout des doigts. On dirait que les gens attendent la bénédiction de l'Eglise pour forniquer en toute liberté. Imbéciles ! Vous êtes libres, cela fait 2000 ans que le message vous est hurlé aux oreilles. Simplement, l'Eglise affirme que toute liberté doit être ordonnée à un bien supérieur. Franchement, c'est simple à comprendre ! Certains sont assez durex (sic) des oreilles !

Et puis cette manie irritante de tout ramener à une gueguerre de clans avec cette vision dichotomique et simpliste de "conservateurs" et de "progressistes" ! Quels termes éculés empruntés de marxisme doucereux et de démocratisme à l'eau de rose !

Dans le passé, j'ai lu des livres écrits par Joseph Ratzinger. Je dois avouer qu'ils sont assez lumineux mais également que je me suis contenté des livres grand public. L'homme a une tenue spirituelle de haute volée et une finesse d'analyse assez remarquable. Il connait les nuances, contrairement à moi ! A certains égards, il est plus accessible dans ses phrases que Jean-Paul II. Jean-Paul le Grand emportait par la force d'un charisme incroyable, Benoît déploiera la force de sa conviction.

De son côté "rétrograde" que lui a taillé la presse, je ne serais pas surpris d'avoir quelques bouleversements. Il est certains que sa domination intellectuelle a rendu vert de rage certains intellectuels ou chefs autoproclamés des chrétiens contestataires qui s'épanchent dans les journaux à bobos ces jours-ci.

Pour ma part, je me suis plongé quelques instants dans le livre d'entretien qui est paru en 2000 chez Mame/Plon : "Voici quel est notre Dieu"

Et voici ce que je lis :

"Il est certain que l'Eglise n'a pas encore accompli entièrement le saut dans le présent. Les anciennes paroles [la Tradition] sont importantes et toujours valables. Il s'agit de les traduire dans l'expérience vivante pour qu'elles redeviennent nettement audibles et c'est là un immense devoir qui nous incombe. Il nous reste beaucoup à faire". Pour un rétrograde, il est plutôt évolué !

Le journaliste faisait remarquer : "Parfois aussi on est méconnu. Je ne peux oublier ce que j'ai écritmedium_greco.jpg autrefois dans un portrait de vous. J'ai cité l'écrivain Stefan Andrès. Il, a écrit, dans une nouvelle sur le Grand Inquisiteur qui se fit faire le portrait par le Greco : "Il n'a pas part à l'amour".

Ratzinger a répondu : "Oui, extérieurement une charge peut avoir cet aspect. En tout cas nous essayons, lorsque nous avons une relation critique avec des personnes, de le faire dans le sens de l'amour qui n'est pas seulement flatterie mais qui pose aussi des limites là où du dommage est causé, là où la loi intérieure de l'amour est transgressée. Mes collaborateurs et moi-même nous nous efforçons de ne pas oublier la personne concernée et d'agir de manière qu'elle puisse reconnaître elle-même qu'elle est notre préoccupation. Nous ne voudrions pas lancer contre elle un anathème, mais servir la communauté dans son ensemble et finalement lui rendre service à elle aussi. Nous nous sentons avant tout obligés de protéger la foi des petits. Tout récemment, un important évêque m'a raconté qu'il a vu dans un pays asiatique comment un des adversaires célèbre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avec une incroyable arrogance, a piétiné la foi des petites gens. Ce n'est qu'à cette occasion, dit cet évêque, qu'il a réalisé que nous avions tout de même une mission importante dans la protection des petits contre les arrogants".

Benoît contre les Arrogants, voici tout un programme à mettre en oeuvre, et il y a du pain sur la planche !

samedi, 16 avril 2005

Anarcho-démocrate

Interessant petit quizz !

Au jeu du portrait chinois, je suis un anarcho-démocrate, du moins d'après la classification américaine du petit sondage présenté à cette page

Anarchism 83%
Democrat 67%
Republican 50%
Socialist 50%
Green 42%
Fascism 33%
Communism 25%
Nazi 0%

Déjà, je suis soulagé d'être lavé de tout soupçon de nazisme mais il faut avouer que les questions étaient si grossières. Comme je suis blanc de peau, on me suspectera toutefois toujours d'un peu de racisme. C'est dans l'air du temps ! Mais, si je ne suis pas nazi, je suis fasciste à 33% ce qui reviendra au même. Toutefois, je me considère innocenté grâce à mes 25% de communisme, lesquels avec mes 42% de "vert" me donne une teinte tout à fait respectueuse dans la France boboguaytisée de 2005.

Certains collègues m'ont souvent décrit comme un anarchiste de droite. Je retrouve ce trait dans ce sondage mais je suis assez perturbé par les clivages américains car spontanément, je me serai classé dans le camp républicain (réac oblige).

Allez, ce n'était qu'un amusement.

mercredi, 13 avril 2005

Jean-Paul le Grand

G.W Bush, George Bush, Bill Clinton, Condoleeza Rice devant la dépouille de JPIIRevenons quelques instants sur les obsèques du Pape Jean-Paul II, canonisé directement par acclamations le jour de ses obsèques, comme les rois étaient élus sous l'antique monarchie mérovingienne en étant hissés sur le pavois.

Jean-Paul le Grand, comme certains l'appellent déjà, a eu des funérailles de roi, telles qu'on n'en voit plus aujourd'hui, signe de la médiocrité insane de notre époque, du nivellement au niveau de l'atome ou de la glaire de tout ce qui fait la dignité humaine. De roi, oui car c'est la forte impression que m'ont laissé ces derniers jours. Jean-Paul II est décédé publiquement, comme jadis les anciens rois de France ; son corps fut transféré et vénéré publiquement et ce transfert a donné lieu à une cérémonie d'une simplicité et d'une pompe que seule l'église catholique est en mesure d'offrir.

Roi devant lequel sont venus s'agenouiller tous les roitelets de l'histoire, les grands roitelets comme les petits, les vassaux prestigieux comme les misérables barons. S'agenouiller durant quelques fugitives secondes avant de laisser le flot des humbles continuer à se déferler dans un cours majestueux.

Roi nous l'avons dit mais ce serait rester à la surface des choses, à un niveau bêtement télévisuel de ne considérer que cela. Karol Wojtyla est mort en serviteur. En serviteur de l'Eglise, en serviteur pauvre qui ne possède rien, comme l'a mentionné son testament, en serviteur à l'image de son maître et Dieu, Jésus le Christ. C'est sans doute de cela dont nous sommes le plus émus car un tel don montre bien que chaque personne que nous sommes est appelée à avoir un destin de géant si nous osions, une fraction de seconde seulement, nous livrer entièrement entre les mains de Dieu. Hélas, nous n'avons que notre indignité pour nous draper et de cela seulement, nous pouvons en faire honteuse ostentation avant de nous en remettre à cette miséricorde divine du coeur de laquelle Jean-Paul II peut regarder maintenant sereinement les gesticulations humaines.

lundi, 04 avril 2005

France, fille aînée du ringardisme

Un drapeau accaparé par les intégristes laïcBien des pays ont décidé de mettre leur drapeau en berne à l'occasion du décès du Pape Jean-Paul II. La France également, pour 24 heures, renouvelables au moment des obsèques.

Que n'avait-on pas fait là ? Atteindre le principe de laïcité sur lequel le dogme républicain est assis, comme une grosse mégère sur son tas d'or ! Certains "hommes politiques" s'en sont offusqué, comme le rappelle le journal à bobos qui n'en finit plus de se libérer.

Oui, c'était un chef d'Etat en exercice, et qui a eu une activité incroyable durant 26 ans. C'est à ce titre que le drapeau est mis en berne. Rien de plus et rien de moins. C'est sûr que le Vatican est une monarchie élective qui met en rage beaucoup de "libre-penseurs" (dont on se demande où est leur liberté).

Ces éructations d'urinoir sont à rapprocher de l'attitude d'Etats assez imperméables à la doctrine catholique : Cuba, l'Egypte, l'Inde, lesquels ont d'ailleurs proclamé des jours de deuils national.

Comme quoi, les pays en voie de développement ne sont pas forcémment ceux que l'on imagine !

samedi, 02 avril 2005

Jean-Paul l'éternel pélerin

Le monde est ma paroisseJe viens de prendre connaissance de la mort du pape Jean-Paul II. J'éprouve à la fois tristesse et sentiment d'espérance. Tristesse car avec cet homme part tout un pan de ma vie. Jean-Paul II restera gravé dans ma mémoire comme l'homme du Parc des Princes, svelte, tonique, avec cette langue de feu que nous n'écoutions guère, embringués dans nos histoires de jeunes. Il restera le héraut de la chute du communisme et de l'appel à la longue mémoire des hommes du continent européen, le pourfendeur d'un modernisme qui s'attaque aux racines de la vie, l'équarisseur des idéologies mortifères. Ce rôle, le monde n'a pas voulu l'entendre mais il proclamait l'évangile de la vie et de l'éternité contre vent et marée. Ce fut un lutteur et les jalons philosophiques qu'il a posé dans ces encycliques, sermons, lettres, etc, nourriront la reflexion chrétienne pendant de très longues années encore. Nous ne sommes qu'au début de la découverte de la langue prophétique de cet homme.

Merci Karol Wojtyla d'avoir rallumé le feu. A Dieu, auprès de qui maintenant tu vas continuer d'abattre un travail considérable.

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