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lundi, 28 février 2005
Avortement et génocide
La polémique est repartie de plus belle avec la parution imminente du livre de Jean-Paul II, dans lequel il compare le drame de l'avortement à la Shoah.
On se jette les chiffres à la tête : 6.000.000 de morts dans les camps contre 6.000.000 de non-nés (en France depuis 30 ans sur la base de 200.000 avortement par an). La collision des 30 ans de la loi Veil et de la libération du camp d'Auschwitz vient renforcer l'effet.

Le génocide impliquerait la volonté délibérée de tuer et d'éradiquer ce qui gêne. Le mot dérange et ce n'est pas innocemment que les adversaires de l'avortement l'utilise. On pourrait argutier des heures sur son usage. Regardons simplement les résultats et constatons que si ce n'est pas un génocide, le résultat y ressemble très fortement. La mort est partout, voilà les conséquences.
Par ailleurs, ce qui gêne est que le mot génocide nous place face une responsabilité personnelle que nous rejettions fort facilement sur le "diable" personnifié, à savoir Adolf Hitler. Ah ! il est bien pratique celui-là !
Quels juges sommes-nous donc pour mettre hors de la vie et de l'humanité les générations futures dont nous nous gobergeons si facilement quand on parle d'écologie ?
Ce qui est étonnant dans ce triste débat, c'est que bien souvent, les partisans de l'avortement sont également contre la peine de mort et que les anti-avortement sont pour la peine de mort.
Quelle erreur ! Mort à toute peine de mort, disait feu Georges Brassens. Un avortement est l'élimination d'une vie (ou alors que l'on vienne m'expliquer en quoi un foetus n'est pas vivant)
Un simple principe de précaution voudrait que la vie soit simplement respectée du début à la fin (biologiquement parlant et non légalement).
De l'avortement, il ne peut résulter qu'un grand chagrin pour tous.
Un chagrin ? Quel romantisme absurde ! Qu'est-ce donc par rapport à la liberté que nous avons d'être les maîtres de la vie et de la mort ?
Maîtres ? Ceux qui tiennent ce discours ne sont maîtres de rien du tout. Ils ne peuvent même pas donner le choix entre la sécurité matérielle donnée aux femmes qui souhaitent poursuivre leur grossesse et celles qui veulent l'arrêter. La seule solution offerte est celle de l'élimination. Joli résultat !
Serions-nous donc dans une situation où il nous serait impossible de faire marche arrière, repartir dans une autre direction. Est-ce cela, l'effet cliquet du progrès : le massacre à grande échelle dans les champs aseptisés des cliniques ?
Serions-nous placés là devant ce que l'on appelerait une structure du "mal", une chose que nous aurions engendré et que nous ne pourrions plus arrêter car incontrôlable ? Nous serions dans ce cas peut-être dans la situation de ces hommes qui conduisaient les trains de la mort vers les camps d'extermination et qui n'avaient rien à se reprocher car ils ne faisaient que leur métier, honnêtement.
Situation terrible.
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Pour ceux qui ont les yeux bien accrochés (photos choc ) : http://www.cbrinfo.org/index.html
15:30 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note
vendredi, 18 février 2005
Conversation entre les millénaires
Alors que les vautours officiels tournent autour du lit de Jean-Paul II, la presse annonce que celui va sortir un nouveau livre, le cinquième, intitulé "Mémoire et Identité: Conversation entre les Millénaires".
Ce livre sera essentiellement une transcription de conversations tenues entre le pape et des proches, le philosophe Krzysztof Michalski et le Père Jozef Tishner, en 1993 dans sa résidence d'été de Castelgandolfo près de Rome. Jean Paul II y évoquerait des thèmes qui lui sont chers comme les combats du XXe siècle contre le nazisme et le communisme et, bien entendu, la valeur de la vie humaine.
Fidèle à son rôle de mise en garde, Jean-Paul II exhorterait les pays d'Europe centrale à se défier des "modèles culturels négatifs" de l'Ouest. Pour lui, "La menace fondamentale à laquelle est confrontée l'Europe centrale" est la perte de son identité. Le risque est grand pour ces pays de "tomber sous l'influence de modèles culturels négatifs répandus à l'Ouest".
Arguant que lors de sa lutte contre la domination soviétique, "cette partie de l'Europe est parvenue à un travail de maturation spirituelle grâce auquel certaines valeurs importantes de la vie humaine ont été moins dévaluées qu'à l'Ouest", il exprime sa conviction que "Dieu est la plus haute garantie de la dignité humaine et des droits de l'homme".
Le pape s'en prend par ailleurs aux lois autorisant l'avortement. Comme l'Holocauste, affirme-t-il, l'IVG résulte d'une usurpation de "la loi de Dieu".
"C'est un Parlement légalement élu qui a permis l'élection de Hitler en Allemagne dans les années 30 puis le même Reichstag qui a donné à Hitler les pouvoirs ouvrant la voie à l'invasion politique de l'Europe, la création des camps de concentration et (...) la 'solution finale' de la question juive, qui a signifié l'extermination de millions de fils et de filles d'Israël", explique le pape.
"Nous devons mettre en question les dispositions légales qui ont été décidées par les Parlements des démocraties d'aujourd'hui" concernant l'avortement, poursuit-il. "Les Parlements qui créent et promulguent de telles lois doivent être conscients qu'ils transgressent leurs pouvoirs et restent en conflit ouvert avec la loi de Dieu et la loi de la nature", ajoute-t-il.
Sans nul doute que ce nouvel ouvrage sera largement diffusé. Bien entendu, nous entendrons, avant même la mise en place dans les librairies et les diffuseurs, les vertes critiques de ceux pour qui la porcherie intellectuelle est une seconde nature, reprochant l'intégrisme du pape et le souhait que celui-ci meurt le plus vite posible afin que l'Eglise s'affranchisse de son dogme, de son histoire sanglante, de ses prêtres, de son Dieu et qu'elle disparaisse à tout jamais dans la poubelle des infamies de l'histoire.
Ne polémiquons pas avec ces pisse-vinaigre. L'Eglise elle-même, malgré tous ses efforts pour appliquer ce programme, n'a pas réussi à disparaître. Il doit bien y avoir quelque chose en plus. Une sorte de vent frais et pur qui souffle, comme au matin de la création du monde, et qui sussure que l'Homme doit assumer un destin de géant.
09:55 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note
vendredi, 11 février 2005
Kosovo : sur la route de la purification ethnique
Dans la tribune parue le 5 février 2005 dans le journal Le Monde, le général Wesley Clark s'engage vers la voie de l'indépendance du Kosovo. Il prend ainsi acte de l'échec terrible de la soi-disante "communauté internationale" à pacifier la province. Sous les efforts conjugués de l'OTAN et de l'ONU, le Kosovo est devenu la portion de territoire d'Europe la plus mono-ethnique qui soit. Rappelons que l'entrée en guerre en 1999 a été faite justement sur ce critère et que les armées occidentales défendaient un Kosovo pluri-ethnique.
Quel terrible aveu ! Pour en arriver là, il faut vraiment que la situation sur place soit dégradée, que les administrations de l'alliance soient dans l'incapacité de faire quoi que ce soit, mais également qu'elle n'aient plus la volonté de faire quoi que ce soit. Le Kosovo, berceau de la nation serbe, est désormais aux mains de la communauté albanaise, et quand on parle de communauté, il faut plutôt evoquer tous les gangs criminels et mafieux qui ont fait de ce bout de territoire la plaque tournante de tous les trafics européens, que ce soit de la drogue ou de la prostitution. Voilà le résultat de l'offensive de mars 1999 ! Il y a effectivement de quoi s'enorgueillir !
Pour mesurer l'exclusion totale des serbes du Kosovo, il suffit tout simplement de lire l'entretien donné par
le Père Sava le 21 août 2004 et de suivre l'actualité sur son site web. Les exactions anti-serbes sont quotidiennes, les morts s'accumulent, les souffrances sont immenses. Depuis que la KFOR est déployée sur le terrain, les serbes déplorent plus de morts que les albanais durant la guerre. L'impuissance est de rigueur, mais n'est-ce pas voulu ?
Le général Wesley Clark est un chaud partisan de l'indépendance. Dans cet entretien au Monde, il prône :
1- pas de rattachement à Belgrade ;
2- pas de partition du territoire ;
3- pas d'union future avec l'Albanie ni aucun autre territoire voisin.
Faut-il donc être aveuglé à ce point pour imaginer qu'une telle décision remettrait la guerre au goût du jour dans tous les Balkans, et en premier lieu en Bosnie-Herzégovine ? La Macédoine, qui abrite une très forte communauté albanaise verrait ses jours comptés.
Les Etats-Unis veulent-ils vraiment créer un abcès de fixation purulent dans les flancs d'une Europe qui peine à résoudre ce problème, aujourd'hui comme en 1999 ? On ne s'y prendrait pas mieux autrement.
Sans nul doute que le programme imaginé par M. Clark sera le fruit de la démocratie instinctive ? La suite des évènements se lit d'emblée :
1- Purification ethnique totale du territoire
2- Rattachement progressif et naturel à l'Albanie par de somptueux contrats de "partenariats privilégiés", si au goût du jour quand on parle de la Turquie
3- Destruction progressive et rapide de tout le patrimoine culturel serbe
Wesley Clark ecrit que "Le rythme de la progression vers une indépendance totale devrait être subordonné au traitement des minorités. Ce dernier point est d'une importance cruciale." C'est effectivement l'exécution du point N°1 qui est en cours de traitement, à savoir, la purification ethnique du Kosovo.
De quoi faire pleurer de bonheur tous les humanitaro-mondialistes que l'on entendaient vociférer de haine contre les anti-guerre de 1999. Messieurs, à vos plumes puisque l'on n'entend plus vos voix !
13:50 | Lien permanent | Envoyer cette note
jeudi, 10 février 2005
Clonage : la tentation de la pureté sanitaire
La nouvelle est tombée sur les téléscripteurs de la BBC et, habitués que nous sommes à faire de petits pas inconséquents vers la barbarie, nous ne nous sommes rendus compte de rien. Tout est enrobé dans un confort douillet, comme si nous étions dans une boite garnie d'ouate.
Oui, les créateurs de la brebis Dolly ont eu l'autorisation de cloner des embryons humains pour faire des recherches médicales. Attention aux mots : la recherche médicale est implicitement désinteressée et pure et il ne faudrait pas mettre en avant le fait que cloner des embryons pour la recherche et pour la reproduction, c'est exactement la même chose d'un point de vue purement biologique. Oui, mais les pauvres embryons qui n'ont pas de "projet parental" ne sont que des matériaux de laboratoire, pas des êtres humains. On disait la même chose des Juifs au moment d'Auschwitz, dont on célébre en grande pompe la libération en ce moment.
Au nom de quoi ces pseudo-scientifiques affranchis de tout code moral s'arrogent-ils le droit de déterminer ce qui fait la frontière entre un matériau biologique et un être vivant ?
Le principe de précaution et de prudence, dont les politiques nous rebattent les oreilles depuis tant d'années, n'aurait-il aucune efficacité quand il s'agit des êtres humains non-nés ?
Pourtant, c'est assez simple : à partir du moment où deux gamètes se rencontrent et fusionnent, il y a un être vivant, qui sera un homme ou une femme si on laisse le développement aller à son terme naturel. Tout le reste n'est que verbiage inconséquent et voile de pudeur jeté sur une des plus belle escroquerie de ces dernières années : l'amélioration de la santé au détriment de la destruction de vies humaines.
Ah ! nous dit-on, mais cela permettrait de sauver au moins 5 000 patients qui sont en grave danger. D'accord, mais au prix de la destruction de combien de vies humaines ? Car le professeur Wilmut est bien clair : "his team has no intention of producing cloned babies, and said the embryos will be destroyed after experimentation." (son équipe n'a nullement l'intention de produire des bébés clonés, et affirme que les embryons seront détruits après l'expérimentation). Le mal peut-il engendrer du bien ? Non, assurèment, et la politique du moindre mal est un terrain boueux, voire carrément une planche à savon bien pentue.
Cachez ce bébé que je ne saurai voir ! En les détruisant dans le cours de leur évolution naturelle, l'escamotage est parfait, le crime invisible et surtout, légal. Pas vu, pas né, pas vivant, pas de droits.
Combien de camp d'Auschwitz nous faudra-t-il libérer pour s'affranchir d'une telle tentation de pureté sanitaire de l'être humain ?
Les scientifiques, et surtout les politiques, s'engageront-ils vraiment dans la recherche sur les cellules souches adultes, seule voie éthiquement valable et satisfaisante ? Je n'en vois pas le chemin.
NB : cependant, des voies d'éspérance sont là. Ainsi est rapporté par la presse canadienne le 11 février 2005 que l'équipe du professeur John Davis, de l'Université de Toronto, a mis en lumière l'importance en cellules souches adultes des cordons ombilicaux des nouveaux-nés. Ces cellules souches permettraient d'apporter des avancées importantes dans le traitement de maladies osseuses. Comme quoi il est possible de faire des recherches poussées sans jouer à l'apprenti-sorcier !
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BBC, 08.02.2005
Tuesday, 8 February, 2005, 11:22 GMT
The creator of Dolly the sheep has been granted a licence to clone human embryos for medical research.
Professor Ian Wilmut and Kings College London scientists will clone early stage embryos to study motor neurone disease (MND).
This is the second time the Human Fertilisation and Embryology Authority has given such permission.
Critics maintain that testing human embryos is immoral. Others question the potential benefits of the work.
Professor Wilmut said it will mean MND can be studied in unprecedented detail.
Therapeutic cloning for research has been legal in the UK since 2001 and it would be only the second time the authority has given consent.
The professor's team was the first to apply for a therapeutic cloning licence in the country.
Up until now, scientists have wanted to create cloned embryos to see if they can be grown into tissues to repair damaged body parts.
But Professor Wilmut's proposal is different as he does not plan to grow healthy replacement tissue.
Instead he aims to deliberately clone embryos that have MND from patients who have the condition.
[...]
MND is caused by the death of cells - called motor neurones - that control movement in the brain and spinal cord.
Muscle weakness
It affects about 5,000 people in the UK. Half of people with MND die within 14 months of diagnosis.
Weakness in the muscles that supply the face and throat also cause problems with speech and difficulty chewing and swallowing.
The aim is to study what goes wrong in the nerve cells of patients suffering from MND.
Patients groups said studying human embryo cells might provide more information than animal experiments alone.
Those opposed to the research said the work is unethical, unnecessary and a step toward full blown human cloning.
However, Professor Wilmut has previously stressed that his team has no intention of producing cloned babies, and said the embryos will be destroyed after experimentation.
He said: "Our aim will be to generate stem cells purely for research purposes."
The MND Association has endorsed the project.
Professor Roger Pederson, professor of regenerative medicine at Cambridge University, said: "This is a very exciting development. It will enable the disease to be studied throughout its development.
"It's very likely to work."
[...]
But Dr Donald Bruce, from the Church of Scotland's Technology Project, said unless there was a global ban on cloning there was still a threat.
"Science does not know any boundaries."
A spokesperson for Comment on Reproductive Ethics (CORE) said: "Human cloning remains dangerous, undesirable and unnecessary.
"Alternative therapies and research with adult and umbilical cord blood stem cells are already providing safe and ethical solutions in this field of medicine."
Julia Millington of the ProLife Alliance said: "All human cloning is intrinsically wrong and should be outlawed.
"The creation of cloned human embryos destined for experimentation and subsequent destruction is particularly abhorrent.
"We all welcome advances which enable scientists to halt the progression of motor neurone disease but not at the expense of human embryos."
Professor Richard Gardner, chair of the Royal Society working group on stem cell research and cloning, said the United Nations was meeting to discuss the form of a political declaration on human cloning.
"As national science academies all over the world have stressed, we want to see the message made clear.
[...]
14:30 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note
Il faut se souvenir de tout
J'oserai dire que c'est de la provocation, mais venant de la camarade Arlette, ce serait un doux euphémisme. Ne voici-t-il pas qu'elle publie sur le site e-1789.com un joli texte, fort littéraire et agréable à lire comme tout ce qui sort de Lutte Ouvrière, intitulé : "Le devoir de mémoire, c'est se souvenir de tout". Béatement et innocemment, je me dis que le grand soir de la Révolution est arrivé et que Lutte Ouvrière a décidé de jeter dans les orties le masque marxiste, les idées avec et que ce mouvement fort démocratique et populaire allait se consacrer au plantage des choux et des carottes pour alimenter la pauvre masse laborieuse dont je fais d'ailleurs partie (quoique le premier qui me traite de masse se verra poliment recevoir !). Donc, j'attendais une condamnation sans ambage du communisme, du nazisme, du fascisme guerrier et de la dérive capitalistique de l'économie.
J'ai donc lu fort attentivement le communiqué dans cette attente. Eh bien non ! Ce que je sais juste, c'est que "cette barbarie (nazie), c'est le fruit du système capitaliste. Et le risque de la voir ressurgir ne disparaîtra qu'avec celui-ci."
Bon, supprimons le capitalisme, autoritairement bien entendu, remettons les ouvriers au pouvoir, éliminons les riches pour enrichir les pauvres (les bons pauvres, s'entend), et je crois qu'effectivement, le monde ira beaucoup mieux !
Il y a cependant une phrase avec laquelle je suis entièrement d'accord : "la barbarie n'appartient pas qu'à un passé révolu et qu'elle peut se parer d'autres signes que la croix gammée". La faucille et le marteau
sont d'excellent signes, ainsi que les petites éprouvettes des laboratoires génétiques ou de modernes docteurs Mengele trafiquent le vivant pour en sortir des êtres humains exempts de défauts, laboratoires subventionnés par de puissants fonds capitalistiques.
Allons, encore un petit bout de chemin sur la voie du paradis pour être rouge de bonheur !
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Arlette LAGUILLER : Le "devoir de mémoire", c'est se souvenir de tout
25/01/2005 14:47
Le soixantième anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz a donné lieu à une multitude d'émissions de télévision, d'articles de journaux, au nom du "devoir de mémoire", pour éviter, nous dit-on, que de tels faits puissent se reproduire. Et c'est vrai qu'il faut se souvenir, mais pas seulement de l'abominable existence des camps de concentration, de la barbarie nazie, mais aussi des raisons qui ont permis cela.
En guise d'explication, on nous dit qu'Hitler était plus ou moins fou, que les dirigeants nazis étaient des sadiques. Mais quasiment aucun de ceux qui commentent aujourd'hui ces événements ne nous explique comment et pourquoi ce fou et ces sadiques ont pu se retrouver au pouvoir dans un des pays les plus civilisés du monde.
La vérité est que bien avant l'arrivée de Hitler au pouvoir, les milices nazies ont bénéficié d'aides financières considérables de la part du grand patronat allemand, des Krupp et des Thyssen, qui y voyaient un instrument capable de s'opposer à la classe ouvrière allemande. Ces milices avait recruté des milliers de petits commerçants enragés car ruinés par la crise économique qui avait éclaté en 1929, mais aussi dans les bas-fonds de la société. Le patronat n'a jamais été très exigeant sur la moralité de ses hommes de main !
La vérité, c'est aussi qu'Hitler est arrivé le plus légalement du monde au pouvoir. Non pas parce que les allemands avaient majoritairement voté pour lui (le parti nazi n'a jamais eu la majorité absolue dans des élections libres), mais parce que le Président de la république allemande, le maréchal Hindenburg, l'a nommé chef du gouvernement, et que tous les partis de droite lui ont apporté leur soutien, pour mener une politique qui visait à briser les puissantes organisations de la classe ouvrière allemande.
C'est dès le lendemain de cette arrivée au pouvoir, en 1933, que les nazis ouvrirent les premiers camps de concentration, pour - comme l'a fait Pinochet au Chili - y enfermer par milliers des militants ouvriers, communistes, socialistes, syndicalistes, tous ceux qui s'opposaient à eux, promis pour beaucoup à la mort par les coups ou l'épuisement. Et pour faire fonctionner ces camps de concentration on créa des unités de SS spécialisées, dans lesquelles se retrouvèrent évidemment tous les désaxés et les sadiques ravis de pouvoir y assouvir leurs fantasmes.
(...)
C'est de cela aussi qu'il faut se souvenir, du fait que les classes possédantes sont prêtes à utiliser les pires tortionnaires pour défendre leurs privilèges. Et si le régime nazi s'est effondré en 1945, les Pinochet, les généraux argentins... les Aussaresses et les sinistres méthodes de l'armée des USA en Irak doivent nous rappeler que la barbarie n'appartient pas qu'à un passé révolu et qu'elle peut se parer d'autres signes que la croix gammée.
Cette barbarie, c'est le fruit du système capitaliste. Et le risque de la voir ressurgir ne disparaîtra qu'avec celui-ci.
Arlette Laguiller
Emetteur : Lutte Ouvrière
13:30 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note
mercredi, 09 février 2005
Carême
Nous sommes entrés dans la période de 40 jours qui nous séparent de Pâques. 40 jours d'apprivoisement entre le fini et l'infini, entre Celui qui donne et celui qui a du mal à donner, entre l'Etre lumineux par excellence et les humains que nous sommes qui ont peine à faire jaillir la lumière.
J'ai trouvé très beau ce chant que j'ai entendu tout à l'heure lors de la cérémonie des Cendres à l'église Saint Louis d'Antin
Dieu Tout puissant, toi que je nomme Père
De mes péchés, ne me tiens pas rigueur.
Pardonne-moi d'avoir, Dieu de lumière,
En moi terni l'éclat de ta splendeur
Tu lis, Seigneur, jusqu'au fond de ma vie :
Tous mes secrets pour toi sont dévoilés ;
Tu te souviens de ce que l'homme oublie :
Tu vois mon coeur, tu vois tous mes péchés.
Je n'osais pas dans ma grande misère,
Dieu juste et saint, même te supplier.
Puisque tu veux que je t'appelle "Père",
C'est comme un fils que je viens te prier.
14:00 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note
lundi, 07 février 2005
Ouvert le dimanche
S'il y a quelque chose qui me hérisse le poil ces temps-ci, c'est bien l'ouverture des magasins le dimanche. Oh ! passe encore pour les musées et les lieux dits "culturels " (quoiqu'en voyant Beaubourg !) même si la vente des CD de Britney Spears dans une boutique de fringues me laisse songeur devant l'abyssale crasse culturelle de mes contemporains. Mais surtout, c'est que les grandes surfaces arguent de cet argument spécieux de la culture pour rendre un culte dévoué à Mammon, le démon de l'argent.
Quoi, ces temples du bénéfice à outrance et des marges arrières seraient génés aux entournures de ne pas pouvoir ouvrir le dimanche ? De qui se moque-t-on ?
Dernièrement, ce sont les deux petits supermarchés de mon quartier qui ont ouvert le dimanche. A voir leurs têtes, les employées de caisse de ces enseignes ont dû sauter de joie. Il y a sur leur visage un contentement béat qui montre que la compensation financière a dû être à la hauteur. Surtout, oui, surtout, c'est le petit panonceau d'annonce de cette ouverture qui m'a fait bondir :
"AFIN DE MIEUX VOUS SERVIR, VOTRE MAGASIN SERA DESORMAIS OUVERT LE DIMANCHE ENTRE 9h00 ET 13Heures"
Afin de mieux me servir ?
Et bien d'abord, mieux me servir serait de faire en sorte que je ne sois pas pris pour un portefeuille ambulant
Ce serait également m'aider à faire mes sacs une fois que la caissière a passé à toute vitesse les produits sur son tapis roulant ultra-rapide. Suis-je équipé d'un lecteur de code-barre, moi ?
Ce serait baisser réellement les prix au lieu de faire des campagnes hypocrites autant que stupides sur ce thème.
Ce serait enfin fermer le dimanche afin de permettre aux employés une vie de famille.
Car l'ouverture du dimanche est avant tout cela, l'atteinte portée aux frontières de la gratuité, du don, de l'altérité. L'ouverture du dimanche, c'est une gangrénisation de la vie sociale, une mercantilisation des relations. Le commerce est utile, profitable, bénéfique mais s'il envahit tout, il devient un tyran sans bornes.
Oh ! les belles larmes de crocodiles que versent ceux qui se targuent de baisser le taux de chômage par cette mesure salutaire. Où ont-ils vus que le taux de chômage a baissé ?
Non, fermer le dimanche permettrait de sauver l'essentiel : une part d'humanité. Ce serait porter, certes, un coup grave aux droits des actionnaires à toucher leurs dividendes. Mais cela ne me gêne pas de voir piétiner ce droit.
16:45 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note
Rassurez-vous, les images sont là !
C'est à la Une du journal La Croix ce matin : Jean-Paul II, l'image qui rassure. Dormez bonnes gens, les images sont là, et vous en aurez une au bout de dix bons points ! Endormez-vous, les photographes, cameramen, captureurs d'âmes, prédateurs et nécrophages sont là, à ausculter, disséquer, ronger le présent pour nourrir tous ceux qui ont peur dans l'avenir.
Témoignage direz-vous ! Témoignage de quoi ? De la vieillesse d'un homme ? Mais tout le monde vieilli. S'il y a bien quelque chose de sûr en ce bas monde, c'est que le temps fait son oeuvre, pour les petits comme pour les puissants. Les personnes qui sont mortes durant la canicule de 2003 ont-elles eu à leur chevet des photographes chargés de communiquer au monde entier leur désarroi ?
L'image qui rassure ! Rassurer de quoi ? D'un état de santé ? Chacun sait que celui du pape va se dégrader inéluctablement. Que l'Eglise est entre de bonnes mains ? Là, on se rassure effectivement car c'est de notoriété publique que l'Eglise crévera par la faute de son clergé. Si nous devions nous en tenir à la capacité des hommes, il y a belle lurette que l'Eglise serait morte et enterrée.
La seule chose que cette image est sensée rassurer, c'est la conscience des personnes qui croient que la vie humaine peut être prolongée indéfiniment. Grave erreur, horizon terrestre absurde. Le seul fait que le pape accepte d'apparaître à sa fenêtre est déjà un témoignage de premier ordre sur le respect de la vie humaine, jusqu'au bout. Merci à lui d'être le porte-parole muet mais visible de tous ceux que l'on cache dans les hospices délabrés de notre République droitdelhommisée. La vie, c'est cela, c'est cet homme à bout de souffle qui proclame un évangile du corps. Karol Wojtyla, auteur de la plus importante somme théologique sur le corps humain, met tout simplement sa philosophie en action, dans sa chair et aux yeux du monde.
Pour mémoire, relisez son message pour le Carême 2005, qui commence bientôt : "La vie de l'homme est un don précieux, qu'il faut aimer et défendre dans chacune de ses étapes. Le commandement "Tu ne tueras pas" demande qu'elle soit respectée et promue, toujours, depuis son début jusqu'à son crépuscule naturel. C'est un commandement qui vaut aussi en présence de la maladie, et lorsque l'affaiblissement de ses forces réduit l'être humain à ne plus être autonome. Si le vieillissement et ses limites inévitables sont accueillis en toute sérénité, à la lumière de la foi, ils peuvent devenir de précieuses occasions pour mieux comprendre le mystère de la Croix qui donne pleinement son sens à l'existence humaine."
Chapeau bas, Karol !
Je suis persuadé que la seule image qui le rassure, lui, c'est l'image de la Face du Christ, l' Eternel Vivant, imprimée sur une pièce de tissu à l'instant même où il franchissait la frontière de la mort pour s'élancer en pionnier dans la vie à laquelle il nous appelle.
08:45 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note
mardi, 01 février 2005
Le crime paie encore
Syndrome bobo ou irresponsabilité notoire. Les clients (évitons le terme usager) du métro aujourd'hui découvrent le nouvel opus du magazine gratuit de la Régie, "A nous Paris". La couverture est pour le moins surprenante. On y voit en gros le symbole de l'URSS, un marteau et une faucille. Bon, d'accord, et alors ? Allez dire que je fais une fixation mais imaginez les cris d'offraies de nos professeurs de vertu si, au lieu de ces outils agricoles innocents, nous avions eu un symbole nazi.
La recherche historique a démontré combien furent meurtriers et génocidaires les régimes politiques qui s'inspirèrent du communisme. 80 millions de morts au bas mot, une paille, un détail disons ! Un tsunami social voulu expressèment.
Et voilà qu'on nous rebat encore et toujours les oreilles avec cette soi-disante bonté fondamentale qui fut à l'origine du communisme.
Oh! bien entendu, "A nous Paris" est loin de ces considérations mais en banalisant le communisme sous pretexte de "branchitude urbaine", on banalise également l'abattage de masse qu'il réalisa. Le titre est révèlateur : "Moscou branché, Capitale attitude". Ah bon ! Etre branché, c'est arborer des symboles de destruction des hommes. J'avoue que cette idée du progrès me laisse un peu sans voix.
Par le passé, c'est la société de courtage en bourse Selftrade qui nous avait offert une joyeuseté de ce genre. Qu'il était rouge mon paradis !
Nul et lamentable.
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