mardi, 11 juillet 2006
Ceci est mon corps
J'évoquais récemment le pillage de la culture chrétienne au profit d'opérations mercantiles. Les chrétiens n'égorgeant pas, ne coupant pas les mains, ne brûlant pas de drapeaux, il n'y a nulle raison pour que cela s'arrête. Bien entendu, les actes de christianophobie, même larvée, paraissent normaux car nous sommes au coeur d'un continent qui fut chrétien avant de verser dans l'apostasie. Cela fait partie des expressions populaires, de notre culture. Ceux qui font ces couvertures de magazines ne savent même pas ce qu'ils font. Donc, "Père, pardonne-leur".
Mais enfin, le magazine Enjeux Les Echos, magazine très sérieux d'économie, nous avait habitué à plus de tact. Se plaçant dans le prolongement de SAMSUNG, du film AMEN, de l'affaire MARITHE GIRBAUD, il nous offre cette affiche ambigue. Ambugue non pas par le texte, non pas par la photo, d'ailleurs très belle, mais par l'alliance des deux et de ce que cela évoque pour les chrétiens.
"Ceci est mon corps" est une des paroles du Christ instaurant le sacrement de l'Eucharistie lors de la Cène, c'est à dire son dernier repas. L'Eucharistie, c'est le don de Dieu aux hommes, le don de l'Eternité à travers ce qui est éphèmère et qui se mange, le don de l'immatériel à la matière. A travers le petit morceau de pain blanc tout pauvre que le prêtre offre de sa main indigne, c'est le Christ en personne qui vient à nous et s'offre à nouveau.
Dans la couverture du magazine, rien de tout cela. Passons sur la nudité, cela ne choque personne et moi en premier car nous sommes nés nus et nous retournerons nus à la terre. Le corps est beau car il est d'essence divine. D'essence divine mais pas à diviniser. C'est là que le bât blesse car le dossier porte justement sur la divinisation du corps pour lui-même. Notre époque, réduite à la matière ne se rend plus compte que l'Homme est corps ET âme, pas l'un ou l'autre. Diviniser le corps, c'est se l'approprier pour soi-même et uniquement soi-même (même s'ily a un reflet qui transparait dans le regard de l'autre). Où donc est le don dans ce renfermement de mollusque ?
Notre corps nous appartient-il ? En sommes-nous l'auteur ? La réponse à ses deux questions est NON. Nous ne sommes que le dépositaire d'un patrimoine corporel qui nous a été donné et que nous devons transmettre au mieux en en prenant soin de ce qui nous a été confié.
Surtout, en détournant la phrase du Christ reviennent en mémoire les slogans féministes disant exactement les mêmes choses pour ouvrir la brêche du drame de l'avortement, considérant que les cellules de l'être humain en gestation n'étaient que des tumeurs à éliminer selon les souhaits des personnes qui les portaient. En disant "Ceci est mon corps", nous interdisons à autrui, insignifiant petit autrui, de dire la même chose.
Il est simplement dommage que Les Echos aient pris ce titre pour un dossier interessant.
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Sommaire repris du site Les Echos
34. Ceci est mon corps
Beauté, santé et jeunesse régentent nos sociétés modernes. Au-delà de l'émancipation des corps, un nouveau conformisme n'est-il pas en train de naître ?
40. A CORPS PARFAIT
Inspirées par les médias, entretenues par la société,
les normes de beauté et de santé s'imposent jusque
dans l'entreprise et modèlent l'économie.
42. Vingt-quatre heures de la vie d'un corps parfait
52. La santé, un patrimoine capital pour la croissance
58. Etats-Unis : bonne santé obligatoire en entreprise
64. Au travail, l'apparence éclipse la compétence
68. Belle, blonde et mince : la règle d'or des médias
74. TOUS MUTANTS
Transformé par la vie moderne, surentraîné par les sportifs, réparé et fabriqué par la médecine, repensé par la méditation… Voici les dernières métamorphoses du corps.
76. L'homme moderne, plus grand, plus gras, plus âgé
80. Le sportif de haut niveau, vers l'ultime performance
82. L'humain en pièces détachées, bon pied bon œil
86. Le bébé sur mesure, la création sous contrôle
90. L'apprenti yogi, corps et âme en quête d'harmonie
92. ENTRETIEN. Alain Milon
"Dans la cyberculture, le corps n'a plus de chair."
94. LE CORPS SANS LIMITES
D'où est issue l'humanité ? Est-on propriétaire de son corps ?
Masculin et féminin sont-ils les seuls genres possibles ? En mal de repères, l'individu interroge la société.
96. Les origines de l'homme toujours en débat
102. Vie, sexe, mort : à qui appartient mon corps ?
104. ENTRETIEN. Marie-Hélène Bourcier
"Le queer réinvente féminités et masculinités."
18:05 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Christianisme, corps, incarnation
vendredi, 01 juillet 2005
Le côté obscur du sexe
Une fois n'est pas coutume, parlons gaudriole ! L'activité sexuelle étant le moteur interne du monde et du moins l'activité sans laquelle l'Histoire ne serait pas ce qu'elle est, il est quand même important de s'en soucier un tant soit peu.
Depuis quelques millions d'années, l'activité sexuelle répondait à des stimulis assez naturels comme les formes appétissantes des femmes et des hommes (les femmes en ce qui me concerne), les rêves érotiques, les rencontres qui faisaient battre le palpitant,... Bref, tout ce qui faisait et qui fait encore heureusement le charme de la vie. Par ailleurs, les organisations sociales, appuyées par les organisations religieuses faisaient en sorte que cette activité soit dirigée pour le bien de la société, de la nation, de la famille, chacun voyant un intérêt à ce que tout se passe bien, quitte à tomber dans un conformisme bourgeois où le sexe était triste ! Dans ce cas, les infidélités étaient organisées et divulguées sous couvert d'horribles hypocrisies.
Puis ce fut la libération sexuelle des années 60. Hardi petit, défoulons-nous les gonades, titillons la testostérone, ce fut le grand coming-out, celui où le monde se transforma en maison close. Le balancier ne se fit pas attendre avec la terrible épidémie du SIDA. Cette maladie, outre le fait de trouver des débouchés au marché du caoutchouc, fit en sorte que de multiples pratiques virent le jour pour conjurer une ambiance de mort. La tyrannie du plaisir dénoncée par Jean-Claude Guillebaud mis la main sur tous les aspirants à une vie libre et décomplexée. Le train de la libération sexuelle débouchait sur une voie de garage. Au lieu de considérer le corps comme un tremplin vers une existence supérieure spirituelle dans laquelle le plaisir serait pleinement assumé, car voulu par Dieu (l'Eglise a sombré d'ailleurs dans un moralisme puritain durant de nombreux siècles. On entr'aperçoit le bout du tunnel avec la théologie du corps), ceux qui refusent la transcendance ne voient plus leur corps que comme une simple machine dont il faut améliorer sans cesse les performances. D'où les multiples produits allongeant les pénis, les durcissant, les empêchant de mollir au moment critique, multipliant les orgasmes, les érections, augmentant le volume des fluides corporels, etc... Bref, l'homme (car la femme me semble plus raisonnable dans ce domaine quoique certains cas relèvent d'une grave pathologie) devint esclave de son corps, le soumettant à des stimulis qui le conduisent à un état de dépendance avancé. Sans ses produits et ses prothèses, il n'est plus capable de vivre normalement, comme Darth Vador est obligé de porter son appareil respiratoire pour vivre sa haine. Triste destin de prisonnier dans une époque vouée à la libération.
Au titre des derniers gadgets reçus dans le spam qui inonde les boites mails, voici le dernier gadget à la mode, et il faut dire que dans ce domaine, la recherche est assez fructueuse !
Il s'agit d'un anneau vibrant en silicone, facile à poser (j'imagine que le produit a été étudié pour qu'on ait pas besoin d'avoir un mode d'emploi sous la main dans le feu de l'action !) qui peut s'avérer "très drôle pour elle et lui". Il est précisé que ce "produit magique stimule les partenaires en même temps sans être intrusif" (je ne sais si ce dernier mot est le plus adéquat mais il a le mérite d'être clair !). En gros, cet objet s'enfile comme une bague sauf que ce n'est pas autour du doigt et "garde l'homme dans un état de rigidité plus longtemps". Bien entendu, le fait que cet appareil vibre donnera à sa partenaire de plus grandes sensations. La publicité affirme qu'il est ainsi possible d'atteindre le point G à tout moment !
Bref, du sexe automatique donné par une prothèse mécanique alimentée par pile. Tout ce qui fait le charme de la vie ! Jeune Padawan, tes passions incontrôlées déboucheront sur le côté obscur du sexe ! Ecarte-toi du pouvoir de l'Anneau !
15:10 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Sexe, Anneau vibrant, Corps, Chair

