vendredi, 08 décembre 2006

Rackethon scolaire

Avec l'affaire du Télethon, nous assistons à une belle empoignade sur un sujet qui aurait dû être largement débattu lors de l'adoption des lois de bioéthique en 2004. Ce débat n'a pas eu lieu mais refait surface. Chassez le naturel...

L'Eglise catholique s'oppose à la manipulation des embryons à des fins de recherche et c'est tout à fait à son honneur de remettre le débat à sa juste place. L'adoption d'une loi n'empêche pas la prise de parole sur un sujet controversé. Le Cardinal Barbarin a raison d'affirmer que "ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral", façon de dire que l'éthique ne peut être réduite au politique, par essence changeant en fonction des majorités. Si demain la peine de mort ou le port de l'étoile jaune redevenaient légaux, en seraient-ils pour autant moraux ? Bien évidemment non. Le débat est normal, souhaitable et l'Eglise a tout a fait sa place dans le débat public.

Sachant cela, les citoyens peuvent choisir, librement et en toute connaissance de cause, de donner ou pas au Téléthon. Je serai personnellement très disposé à faire un geste s'il n'y avait pas une telle destination d'une partie des financements. Une traçabilité ou, plus fort, l'interdiction de financer des recherches sur l'embyon, clarifierait beaucoup la situation. Ce serait un crève-coeur que de briser l'élan de la générosité mais il ne faut pas non plus donner en aveugle !

Les élèves des écoles publiques et libres sont-ils dans la même position que les adultes ? Sans doute pour les collèges et les lycées si l'information est faite honnêtement, mais au primaire et en maternelle ? Car voici, les instituteurs font réaliser des travaux variés aux élèves destinés à être vendus, à l'euro symbolique, à leurs parents. Comme message, on dit à ces élèves que c'est pour "soigner de grands malades". Bien, parfait, sauf que certains parents ne souhaitent pas donner, sachant désormais la réalité sur les financements. Là, ils disent à leurs enfants : non, parce que je peux donner ailleurs (par exemple la Fondation Lejeune). A ce moment, l'enfant se sent désavoué dans son travail, en porte-à-faux avec l'autorité morale de son institutrice et ne sait plus gérer le drame. Par ailleurs, l'instuteur fait bien sentir aux parents arrivant en classe avec leurs enfants (pour la maternelle), que c'est pour "une bonne cause" et qu'il faudrait y mettre du sien. Sorte de menace larvée face à une générosité rendue obligatoire. La situation devient très tendancieuse. J'appelle cela du racket social organisé par un corps d'Etat.

Ainsi que je l'expliquais à un directeur d'école l'an dernier, l'apprentissage de la solidarité est très bien et très noble mais il faut des actions qui soient réellement concrètes. La solidarité, ce n'est pas simplement donner une pièce. C'est bien, il en faut, mais c'est très abstrait. Pour le Téléthon, hormis l'aspect de la recherche embryonnaire, allez expliquer la thérapie génique à des enfants ! C'est la planète Mars. C'est déjà dur à comprendre pour les adultes. Une action concrète avec une organisation comme la Croix Rouge ou le SAMU social aurait plus de sens.

Par ailleurs, pour les plus grands, allez leur mettre dans la tête qu'il faut être solidaire, généreux, accueillir l'autre dans sa différence, ne pas être raciste, etc. ; et leur montrer qu'en réalité, leur don va servir à éliminer les plus faibles, les moins résistants, les porteurs de la maladie ! Nous préparons par de tels grands écarts une société de schyzophrènes et d'irrespondables. J'ai une autre conception de l'éducation mais la mienne n'est pas "nationale".

jeudi, 16 novembre 2006

Telethon NON

medium_telethon.jpgL'an dernier déjà, l'utilisation des fonds du Telethon donnait l'occasion d'ouvrir le débat, et cela commençait sérieusement à gratter. Quand je m'offusquais auprès de parents d'elève en leur disant que l'AFM finançait des programmes de manipulation de l'embryon, j'avais des regards lourds me faisant comprendre que j'étais dans la catégorie des pisse-vinaigres chercheurs de poux, calibre intégriste. Comment pouvait-on apporter une ombre sur cette si belle entreprise ?

Je m'étais même fendu d'une lettre auprès du directeur de l'école de mes enfants, reprenant les arguments de la Fondation Jérôme Lejeune. Le directeur a considéré que "l'apprentissage de la solidarité" pouvait se faire par d'autres moyens. Je lui suggérais la Croix Rouge, association reconnue et ayant le mérite de recueillir tous les suffrages.

Bref, c'est avec plaisir que je vois rebondir cette année cette affaire du Teléthon et là, la question semble s'inverser : comment une entreprise aussi généreuse peut-elle s'associer avec des apprentis sorciers. Peut-on faire du bien avec du mal ? La réponse de l'Eglise catholique est catégorique : NON. On ne peut manipuler les êtres humains et les faire mourir pour en soigner d'autres. La solidarité commence par un principe de prudence qui commence au seuil du vivant. S'abriter derrière la loi pour justifier l'éliminsation d'embryons ou la recherche n'est pas digne d'une association de cette ampleur. La loi est du domaine de la politique. Or, dans cette affaire, les catholiques se placent dans le pré-politique, c'est à dire dans l'âme même de ce qui fait les civilisations et les sociétés humaines.

Alors il faut louer le courage de Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission Bioéthique et Vie humaine pour le diocèse de Fréjus-Toulon d'avoir mis les pieds dans le plat cette année. Et cela prend de l'ampleur car après le premier document qui a révêler cette affaire, et la prudence de l'évêque (y compris devant les médias), ce sont d'autres évêques qui se prennent en main pour faire monter la sauce et demander un recadrage sérieux du Télethon.

Pierre-Olivier Arduin a donné sur le site de la Fondation de Service politique - Merci Philippe - un argumentaire détaillé pour expliquer et donner une contre-offensive aux principales objections opposées aux catholiques pour cette résistance à la culture de mort.

Si vous souhaitez vraiment aider la recherche médicale sans risque éthique, une bonne solution : Fondation Jérôme Lejeune.