mardi, 16 janvier 2007

Laïcité, mixité sociale et socialisme débridé

Dans la ville de l'ouest parisien où je demeure, il existe une section du Parti Socialiste qui édite une feuille d'information mise dans les boites à lettres au moment des elections. Je la lis régulièrement, histoire de connaître la température locale.

medium_rosesoc.jpgIl se trouve que dans sa dernière livraison, l'éditorial écrit par le secrétaire de la section locale faisait prendre la mesure exacte de la tolérance affichée par ce parti. Extrait éloquent :

"L'école publique, lieu par excellence de la mixité sociale, ne tient plus son rôle éducatif contre les incivilités. Elle se réduit, dans notre ville, à une peau de chagrin. Des établissements pratiquent la ségrégation à l'égard d'enfants en fonction de leur niveau social.
Ceux des habitants... qui refusent cette mixité favorisent le développement de l'enseignement privé, et portent atteinte, par voie de conséquence, au principe fondamental de notre République : la laïcité"

Quelques lignes plus loin : "De plus, nous réaffirmons notre attachement inconditionnel à la loi de 1905 sur la séparation des égises et de l'Etat".

Bien, dont acte ! Alors faisons quelques observations :

 

1- le ton sur lequel s'exprime ce secrétaire reflète une confusion des genres qui prouve bien que le PS n'a pas encore entamé sa mue dans un paysage politique qui tente de jeter ses oripeaux idéologiques par dessus-bord. La vulgate marxisante a encore de beaux jours devant elle.

2- L'école publique est-elle un lieu où on apprend un savoir, une instruction ou bien où l'on fait du mixage social une priorité éducative ? Pour ma part, l'école est un lieu où l'on apprend un savoir. Proritairement, c'est la mission de l'école que d'instruire. Or, depuis quelques années, et cela est plus fort ces derniers temps, l'école a pour objectif essentiel de faire du mixage social. Que l'on me permette de ne pas être d'accord sur cette priorité. Dans une école digne de ce nom, le mixage social est une conséquence du fait de vivre ensemble dans un établissement, au sein d'un projet éducatif commun. Le mixage social se fait dans la rue, dans la famille, dans les clubs de sport, au travail et, bien entendu, à l'école. Il n'est jamais une fin en soi.

3- Les personnes qui disent favoriser le mixage social s'appuient sur un instrument dévoyé qui s'appelle "carte scolaire". En fonction de cet instrument, des enfants d'un même secteur géographique sont expédiés dans un seul et même établissement. Bien sûr, cela ne peut pas plaire et nombreux sont les professeurs et instituteurs, et nombreux sont les hommes et femmes politiques, en particulier de gauche, qui cherchent à s'en affranchir. L'imposition de la "mixité sociale" va contre un autre principe républicain, inscrit dans notre devise celui-là, qui est la LIBERTE. Mais la liberté semble faire peur à certains vieux caciques.

4- La "mixité sociale" telle qu'elle est présentée s'apprente fort à une mixité culturelle imposée où les français doivent s'adapter aux coutumes étrangères dans un établissement géré par la République. Faut-il parler plus franchement et remplacer le concept de "mixité sociale" par "mixité ethnique" ou "mixité multiculturelle" ? Bizarrement, dans les établissements ou la majorité de la population est française de souche, le concept de "mixité sociale" paraît plus normal et il n'y a nul besoin de le mettre en avant car le creuset français a pour objectif d'assimiler les cultures, et non de les juxtaposer.

5- Si l'école ne tient plus son rôle éducatif contre les incivilités, c'est qu'elle y a renoncé par des politiques issues de doctrines socialistes. Depuis quand les pyromanes appellent-ils les pompiers ?

6- Selon le PS, il existe une catégorie de mauvais français, intolérants et sectaires, qui favorisent (honte) le développement d'écoles privées. Et alors ? la liberté républicaine, c'est de pouvoir choisir son enseignement. D'ailleurs, on devrait pouvoir le choisir librement et sans aucune référence à sa fortune mais en fonction du projet éducatif de l'établissement. Le plus scandaleux, c'est qu'il y ait toujours cette main mise de l'Etat sur l'éducation des enfants.

7- En quoi les parents choisissant la voie du privé portent-ils atteinte au principe de laïcité ? Derrière cette phrase incongrue, le secrétaire de la section du PS souhaite une seule chose, vraiment très révolutionnaire : l'interdiction de la manifestation de la foi dans les actes quotidiens des familles et, en particulier, dans la manière d'élever les enfants. Il y a une chose que le PS n'a pas compris, c'est que la liberté est non-négociable.

 

Le roi se faisait jadis le garant des libertés locales et il en est mort. L'Etat d'aujourd'hui, dans sa version socialisante, veut intervenir dans tous les domaines et ses thuriféraires porte-valise jettent l'opprobre sur ceux qui sont attachés à la liberté et en particulier la liberté de l'enseignement. La Laïcité, ce n'est pas de l'athéisme de combat.

Les poubelles de l'histoire ne sont qu'à moitié remplies. Il reste encore de la place pour certaines idées que professe le Parti socialiste.

Rappelons l'article 10 de la déclaration des droits de l'homme de 1789 : Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

Rappelons l'article 10 du préambule de la constitution de 1946 : 10. La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

Rappelons l'article 1 de la constitution de 1958 : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

jeudi, 11 janvier 2007

Cathophobie ambiante : illustration

medium_croix.jpgLe simple fait d'être chrétien, catholique et pratiquant, passera bientôt pour un délit d'appartenance à un mouvement sectaire. Si mon point de vue est caricatural, ce que je suis prêt à entendre, il n'en reste pas moins que la France vit dans un état ou le fait religieux passe pour suspect. J'ai bien l'impression que la conquête islamique actuelle, et ses cohortes d'intolérance, déteigne sur toutes les autres religions dans un même syndrome : tous pourris, tous opium du peuple.

On peut voir le décalage avec la société française dans les multiples sondages qui sont publiés ça et là. Déjà, dans un récent sondage publié par le Journal La Croix, on pouvait constater que seuls la moitié des catholiques croyaient en Dieu, ce qui est pour le moins surprenant. Dès lors, on peut estimer que la partie restante reste la frange la plus "obscurantiste", "rétrograde" et "ringarde" d'une église moribonde. Dont acte, fermez le ban et transformons ces blocs de pierres que l'on nomme églises en centre musulmans, en maison pour les jeunes ou en salle de ciné.

Reste que l'Eglise est perçue avec un décalage abyssal, que renforce certains sondages. Pour ces derniers, la présentation des questions est très partiale. Sur le site Expression Publique, nous pouvons participer à un sondage intitulé : "Catholique, musulmane, juive : y a-t-il ouverture ou repli des grandes religion ?" (Cf fichier attaché)

D'emblée, avec un titre pareil et compte tenu de l'ambiance laïciste de notre pays, c'est du "pain béni" pour tous les pourfendeurs d'infâme.

Nous apprenons dès la première question qu'il n'y a que 56% d'opinions favorables sur l'Eglise, et les Juifs en recueillent 46%. Les musulmans sont eux à 79%... d'opinions défavorables.

A la seconde question, réponse implicite aux mauvais résultats de la première, nous apprenons que 62% des répondants souhaitent que les religions adaptent leur message pour tenir compte de l'évolution de la société. Donc, la solution est de se dissoudre dans un espèce de bain syncrétique qui ne ferait nul cas d'un être transcendant  ayant délivré, et le délivrant encore, un message que les religions ne font que transmettre. Si les religions ne sont que des messagers de Dieu, la société veut être Dieu toute seule.

Nous apprenons que les catholiques ne sont en phase avec la société qu'à 46%, les Juifs à 39% et les Musulmans à 5%. Je dirai que dans les pays Musulmans, ils sont en phase à 95% avec la société.

Viennent ensuite une série de questions destinée à catégoriser les religions. Là, peu de surprise. Selon les internautes, la religion catholique est à mi-chemin entre la tolérance et l'intolérance. Mais, à partir de ce moment, il y a un grave problème méthodologique car à aucun moment l'entreprise de sondage ne définit ce que peut être cette tolérance ou intolérance. Tout dépend du contexte et du sujet abordé. Rappeler une certitude de foi déclenchant des comportements sociaux est bien souvent perçu comme une marque d'intolérance par ceux qui n'ont aucune certitude et qui vivent au vent du relativisme. Reprocher à quelqu'un qu'il roule à 200 Km/h alors que la limite est à 50 Km/h est-il une marque d'intolérance ? Rappeler que les embryons sont des êtres humains que l'on ne peut tuer ni manipuler est-il une marque d'intolérance ? Non, c'est rappeler un principe. Il peut ne pas faire plaisir, certes, mais ce n'est pas de l'intolérance. Par rapport à une dictature de la pensée "inique", tout point de vue contraire est vécu comme une meurtrissure. Dès lors, où se trouve la marque de l'intolérance ? Enfin, les catholiques s'en tirent plutôt bien par rapport à l'Islam parce que là, nous sommes dans le plein choc des civilisations !

La marque de l'intolérance montre son visage dans la question suivante ou 64% des internautes estime qu'il n'est pas normal que les croyants et les religions interviennent dans le débat public. La laïcité est donc comprise comme du laïcisme, c'est à dire l'exclusion de la religion de la vie publique. Or, c'est bien l'inverse qui se produit pour une religion medium_laicite.jpgdont les internautes estiment qu'elle est intolérante, à savoir l'Islam. L'espace public, les institutions publiques et en particulier l'école, font place de plus en plus aux preceptes, en particulier alimentaires de l'Islam. Si l'espace public est vraiment a-religieux, il faut supprimer toutes les marques de différenciation. Ce n'est pas le cas. Et je passe sur les villes où la proportion de Musulmans est très forte, et dans lesquels les élus ont tendance à faire du respect de l'autre le principal mobile pour un renoncement à une laïcité neutre.

Passons sur la question inepte demandant à l'internaute de quel bord politique penche telle ou telle religion. Stupide car une religion n'a qu'un seul parti, celui de Dieu. L'Eglise a depuis longtemps renoncé à ce principe d'avoir un parti catholique. Christine Boutin en a connu les fruits amers et Philippe de Villiers risque fort de voguer dans son sillage. Le National Catholicisme est nul et non avenu. L'Eglise en a souffert sous Franco, quoiqu'on en pense. Mais cette question est quand même infesté d'un sous-entendu car l'Eglise catholique étant vue comme ringarde et réactionnaire, les votes s'orientent sur la droite et, suivez mon regard, surtout sur l'extrême Droite (avec le sifflement entre les dents et le D majuscule).

Ensuite vient une question sur le respect de la loi française où l'on voit qu'à 76% le sentiment des internautes est que les Musulmans ne la respecte pas. Malgré cela, nous avons tout fait pour que les Musulmans soient respectés. "Lèche la main que tu ne peux pas mordre" (vieux dicton arabe teinté d'Islam combattant). Passons, le sujet de ce post n'étant pas l'Islam.

Brusquement, à partir de la question 11, alors que nous parlions jusqu'ici que des trois religions, tout se focalise sur la religion catholique et là, les questionneurs-inquisiteurs rédigent les questions d'une manière très tendancieuse. Le fait de parler de "retour à la tradition" évoque dans l'inconscient populaire une régression sociale. Des décennies de language de "progrès", "avancées" et "luttes" diverses fait paraître le mot "retour" comme marqué au rouge et fait instantanément cliquer sur la réponse que l'on souhaite voir s'afficher, à savoir NON. Qu'importe à l'internaute non croyant et non-catholique le retour à la Traditionnelle Messe de Saint-Pie V ? Il ne connaît pas ce pape au nom rigolo et étrange, il ne sait pas ce que représente une messe et voit la tradition comme un objet exotique non conforme à la marche du progrès. Quant aux catholiques, ils devraient savoir qu'il n'y a qu'une seule et même Messe qui suit plusieurs rites et que les rites, il y a en a une floppée au sein même de l'Eglise universelle, y compris dans les clergés fidèles au pape.

medium_clone.jpgC'est la question 13 du questionnaire qui fait se tenir les côtes : "Par rapport à il y a dix ou quinze ans, estimez-vous que l'Eglise catholique a évolué sur les sujets suivants ?"... Là, attention, ça dépote car les grands juges de la conscience universelle et éclairée montrent le bout de leur nez rouge : homosexualité, laïcité, renonciation aux insignes religieux à l'école publique, l'usage des contraceptifs, le droit à l'avortement, l'euthanasie, le divorce, l'égalité des hommes et des femmes, les rapports avec l'Islam, le remariage, le rapprochement avec les intégristes.

Faut-il y rajouter le viol en réunion, l'extermination d'êtres humains, l'usage des bombes à fragmentation, les executions de masse, la pédophilie (oui, certains membres de l'église essayent d'y renoncer mais le pape est intolérant en les pourchassant !), la zoophilie, la nécrophagie (sacrément intolérante sur ce sujet l'Eglise et pourtant

medium_eucharistie.jpg

les chrétiens mangent le corps de leur Dieu !)...

L'internaute digne de foi (si, osons le mot) pense-t-il un moment que sur des questions qui ont longuement été débattues par des générations de théologiens, l'Eglise allait remettre en cause ce qui touche au sacrement (mariage), à la vie (contraception, avortement), tout simplement parce que les sondages lui sont défavorables ? Là-dessus, elle est un roc et heureusement qu'elle est là, d'ailleurs.

Pourtant, paradoxalement, quelques questions plus loin, l'internaute pense à 54% que les catholiques de France sont en phase avec la société (oui, mais ils ne sont que la moitié à croire en Dieu !)

La question 20 est du même acabit et les résultats d'ensemble montre que l'Eglise ne devrait jamais intervenir et que les chrétiens devraient rester des grenouilles bien tranquillement à croasser dans leur bénitier (vous savez, à dire, je croooa, je croooa ). Pas d'intervention sur l'euthanasie, sur l'expérimention sur les embryons, sur le clonage, sur le SIDA (quand on sait pertinement avec certitude que le préservatif ne règle rien, l'attitude de la société est suicidaire mais montre bien que l'attitude courante est celle du chien de Pavlov : on dit SIDA et le bon peuple répond : capote).

Les deux questions suivantes montrent qu'incidemment dans l'inconscient populaire français, l'extrême-Droite est bien catholique puisque ce sont Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers qui sont associés au "parti catholique". Rien n'est plus faux ni dangereux. Il y a sans doute moins de personnes cryant en Dieu au Front National qu'au Parti communiste. Les chrétiens sont au-dessus et redescendent en pluie fine partout. La politique gère les solutions technqiues, pas l'Eglise. Les chrétiens peuvent être de Gauche, de Droite, du Centre, mais ils sont surtout de Dieu. Qu'on ne leur demande pas la schyzophrénique et imbécile attitude d'oublier leur foi chez eux. Dieu, ils le mangent chaque dimanche et l'emmènent donc dans chaque fibre de leur coeur, de leur esprit, de leur âme.

La dernière question résume le sentiment commun : la religion ne sert à rien. Au mieux, c'est une morale de substitution pour les couillons qui ne sont pas capables de penser par eux-même, au pire une aliénation à réprimer.

Affligeant.