lundi, 12 février 2007
Multiculturel et multiracial
Les hommes politiques, et aussi certaines femmes dont quelques unes briguent la magistrature suprême du pays, n'ont que ce mot à la bouche : "multiculturel", ainsi que ses dérivés que sont "diversité", "métissage", "mélange", j'en passe et des meilleurs. Bien entendu, surfant sur cette vague démagogique, il est paradoxal tout autant de les entendre louer les identités locales et les fiertés d'appartenance, à condition bien entendu que cette fierté ne soit pas pour les peuplades locales blanches du bout d'Occident qu'on appelle encore France. Ce serait du chauvinisme raciste non seulement nauséabond mais en plus puni par la loi. Dont acte, la confusion est vite faite entre le multiculturel et le multiracial et celui qui est monoculturel ne peut être qu'un monoracial et donc, raciste. La boucle est bouclée, haro sur le baudet de souche !
La mode est au mélange total mais les coloristes - Benetton ne dira pas le contraire - savent que lorsque toutes les couleurs se mélangent, cela nuit très clairement à la diversité car tout tend vers un marron gris indéterminé, celui qui "donne la même couleur aux gens", comme le dit la chanson.
Mélange d'idées funestes car la réalité veut que le monde soit multiracial, et que les races perdurent et échangent, non pas qu'elles se fondent en une seule - vieille utopie babélienne. Il n'y a aucune honte à être fier de sa race puisque nous sommes nés, par le hasard et l'amour des parents, dans un lieu et une communauté humaine que nous n'avons pas choisis. Autant le concept de supériorité des races est imbécile, autant l'est celui qui veut tout fondre et tout mélanger. Mais ce concept du grand "melting pot" chromosomique - qui est soit dit en passant une idée raciste puisque se focalisant sur les races - devient totalisant et source de guerre lorsqu'il débouche sur le multiculturalisme. Sur ce point, la responsabilité des dirigeants est écrasante lorsqu'ils minorent la culture d'une nation pour mettre en valeur des cultures hétérogènes incompatibles avec celles du pays d'accueil. En faisant ainsi, en minorant la culture héritée du passé, en décrédibilisant les initiatives de mises en valeur du patrimoine, en promeuvant les initiatives "culturelles" détruisant la langue et les arts hérités, en voulant faire table rase du pasé et en faisant en sorte que ce passé soit honni, ces hommes politiques sont des fauteurs de guerre civile. La France a le goût du beau, du vrai, de la fronde, de la rebellion, de la légéreté, de l'esprit, de la grâce, de l'universalité. C'est son caractère profond et ce caractère ne s'accorde pas avec les cultures qui misent leur développement par exemple sur les concepts d'honneur et de déshonneur plutôt que sur ceux de bien et de mal. L'écart est trop important et vouloir faire des mariages forcés, c'est vouloir la mort de la civilisation française.
Etre multiculturel s'apparente aujourd'hui comme un rejet des racines, de la culture héritée. Comment dès lors peut-on s'ouvrir aux autres si on a la haine de soi ? Soyons clair, la France peut absorber toutes les races car la France est avant tout une culture qui transcende les races et les ethnies. Je suis fier de François Cheng et de Léopold Sendar Senghor, je suis fier de tous les immigrés qui, a travers les âges, ont francisé leur nom en marque d'appartenance à la communauté nationale. Je suis fier du cardinal Mazarini, de Lulli et de Ivo Livi, je suis fier des ces immigrés asiatiques d'aujourd'hui qui choisissent des prénoms français pour leurs enfants, dès la seconde génération, je suis fier de ceux qui font l'effort de comprendre notre univers, notre civilisation, même avec beaucoup de difficultés car on sait ce que ces pas peuvent être difficiles. Je suis fier de ceux qui vont dans nos musées et visitent autre chose que les "arts du Moyen-Orient".
A ceux qui font l'effort de l'assimilation et du dialogue, je tends la main. Toute assimilation est un deuil des racines, et on ne peut totalement les oublier. Faire un chemin ensemble, ce n'est pas marcher à reculons, mais c'est déjà partager la même culture, celle du pays d'accueil. Si au bout de quatre générations, l'acculturation ne s'est pas faite, c'est que la culture étrangère est incompatible.
Aux politiques d'en tirer des leçons !
00:35 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Culture, Immigration, Racisme, Multiculturel, Idéologie
mardi, 10 octobre 2006
Doulce France...
L'article satyrique publié par le site web senegalaisement.com sur "Venir en Europe : mode d'emploi", a été apprécié de diverses manières.
A droite, ce fut la consternation de trouver une liste des bonnes méthodes pour venir dans un supposé Eldorado européen, surtout pour gratter des sous un peu partout sur le dos des indigènes (dans ce sens là, les indigènes ont des visages pâles !). Ce fut un bon argument pour Le Pen de dénoncer la "marée montante" de l'immigration. Vu le contexte d'invasion actuelle, il faut peu d'arguments au Jean-Marie pour faire monter la sauce. Elle monte sans lui !
A gauche, ce fut l'indignation envers ces "salauds" de Noirs qui osent se moquer d'un système européen "panier perçé" et donnent du grain à moudre aux "fascistes". Des habitants du tiers-monde se moquant ouvertement des tiers-mondistes. C'est un peu le monde à l'envers.
On ne peut que sourire devant le cynisme de l'article. Mais, s'il est ordurier dans ses conclusions et développements, une chose est sûre : il y a de la liberté de ton et d'expression, ce qui n'est jamais condamnable... sauf aux yeux de certains bien-pensants de notre beau pays pour lesquels les Africains sont des victimes.
Car c'est un peu le fond de l'affaire. A la place d'un Sénégalais, je ferai pareil pour échapper à la décomposition d'un pays qui part en quenouille alors que ses dirigeants sont soutenus à bout de bras par les pays occidentaux, et la France en particulier. Nous n'avons que la monnaie de notre pièce. Si j'étais Sénégalais, je ferai des pieds et des mains pour aller dans un Eldorado que je suppose comme tel, même si la réalité de l'affaire est bien plus sordide.
Quand donc aurons-nous une politique adulte envers les pays d'Afrique en leur disant que leurs problèmes politiques et économiques sont avant tout les leurs et pas ceux des anciennes puissances coloniales ? Sans doute quand le personnel politique africain sera lui-même assez adulte pour ne pas considérer l'Occident comme une vache à lait disponible à loisir rien qu'en agitant les mots "esclavage" et "colonisation". Mais pour cela, il faut d'abord que nous considérions l'Afrique avec des yeux un peu plus larges. Le respect des Hommes passe avant tout par le respect des pays et des Nations qui les composent.
Un vieux dicton africain, datant surement de l'époque coloniale, dit que "le Blanc est fort [i.e. pour faire des lois, des codes, des machines, des routes, des systèmes complexes], mais que le Noir est malin". C'est finement vu. Ne reprochons pas aux Africains de tenter leur chance. Regardons-nous d'abord dans les yeux, prenons nos responsabilités et, en même temps que la fermeture totale des frontières, faisons la politique de la main tendue aux pays Africains, pas une mendicité humiliante. Cessons par ailleurs de pleurnicher sur la colonisation et l'esclavagisme. Mon pays a une histoire et je l'assume même si je n'ai connu ni l'esclavagisme, ni la colonisation. Cette histoire est la mienne et je ne la renie pas, je l'assume et je peux également en être fier, à condition d'en méditer les leçons. La première d'entre elle est qu'à force de cracher sur les racines, on fait pourrir l'arbre. Cela pourrait être un proverbe africain !
15:35 Publié dans Le monde à l'envers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Immigration, Afrique, Colonisation, Clandestins
jeudi, 29 septembre 2005
Salauds d'anglais
Bougre de salauds d'Anglais, maudits rosbifs !
Ah ! Dites-moi, cela fait du bien de se défouler sur nos voisins d'outre-Manche sans passer pour de fiéffés racistes réactionnaires, n'est-ce pas ? Cela faisait longtemps que le monde de la bienséance médiatique ne nous avait pas fait un tel plaisir en faisant un peu sauter la chape de plomb qui pèse sur nos langues. Enfin, on a pû dire ce que l'on pense !
Mais quoi ? Tout simplement que si la Sécurité Sociale est dans le rouge, c'est à cause des Anglais, qui viennent, salauds d'étrangers, se déverser dans nos hôpitaux avec femmes et enfants pour se faire soigner à l'oeil alors qu'ils ont plein de fric au pays natal. Vraiment, pour une fois que l'on peu taper sur les étrangers comme l'a fait Europe 1 ce matin en donnant cet exemple de dérive de la CMU dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, on aurait tort de s'en priver.
Mais n'a-t-on pas aussi un peu masqué, un peu seulement et toute proportion gardée, et nonobstant le fait que peut-être, sans exagérer, si on emet le début de l'ombre d'une hypothèse selon laquelle, sous réserve qu'elle soit validée par les instances expertes, le fait que d'autres étrangers pourraient plomber la Sécurité Sociale ? Des étrangers venant de pays exotiques, venus avec des familles nombreuses, que l'on croise faisant la queue en permanence dans les salles d'urgence. Non, bien sûr que non. Alors, je le dis crûment et avec toute la force de la conviction qui m'habite, il faut dire haut et fort que le comportement des Lichensteiniens est anormal !
Europe 1 ne l'a pas relevé non plus, comme c'est dommage et un peu bizarre ! Peut-être cette radio aurait-elle eu un procès sur le dos de la part de l'Association de défense des Lichensteiniens en exil ? A moins qu'elle fasse de l'autocensure mais c'est là un autre débat dans lequel je me refuse d'entrer, étant persuadé que c'est une hypothèse impossible.
15:15 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : France, Désinformation, Sécurité sociale, Angleterre, Immigration
vendredi, 01 janvier 1999
Les droits des nations
Le 5 octobre 1995, Jean-Paul II s'adressait à la communauté des Etats, aux Nations-Unies. Il rappelait, dans sa déclaration qu'il "n'existait pas encore d'accord international, comme la déclaration des droits de l'homme, qui traite des droits des nations dans leur ensemble". Voici les principaux passages de son allocution
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La Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948, a traité de manière éloquente des droits des personnes; mais il n'existe pas encore d'accord international analogue qui traite des droits des nations dans leur ensemble. C'est là un fait qu'il convient de prendre attentivement en considération, étant donné les questions urgentes qu'il suscite dans le monde contemporain au sujet de la justice et de la liberté.
En réalité, le problème de la pleine reconnaissance des droits des peuples et des nations s'est posé à maintes reprises à la conscience de l'humanité, provoquant une ample réflexion d'ordre éthique et juridique. Je pense au débat qui s'est déroulé au concile de Constance, au XVe siècle, lorsque les représentants de l'Académie de Cracovie, animés par Pawel Wlodkowic, défendirent courageusement le droit à l'existence et à l'autonomie de certaines populations européennes. Plus connue, la réflexion entreprise, à la même époque, par l'Université de Salamanque au sujet des peuples du Nouveau Monde. En notre siècle, comment ne pas faire mémoire de la parole prophétique de mon prédécesseur Benoît XV qui, au cours de la Première Guerre mondiale, rappelait à tous que "Les nations ne meurent pas" et qui invitait "à examiner avec une conscience sereine les droits et les justes aspirations des peuples" (Aux peuples belligérants et à leurs dirigeants, 28 juillet 1915)?
Actuellement, le problème des nationalités se situe dans une perspective mondiale nouvelle, caractérisée par une forte "mobilité" qui rend les frontières ethniques et culturelles des différents peuples toujours moins nettement tracées, sous l'influence de nombreux facteurs comme les migrations, les moyens de communication sociale et la mondialisation de l'économie. Et pourtant, dans cette perspective d'universalité, nous voyons ressurgir avec force les requêtes des particularismes ethniques et culturels, presque comme une exigence impérieuse d'identité et de survie, comme une sorte de contrepoids aux tendances à l'uniformisation. C'est un fait qu'il ne faut pas sous-estimer, comme s'il ne s'agissait que d'une survivance du passé; cela demande plutôt à être analysé, dans une réflexion approfondie d'ordre anthropologique, éthique et juridique.
Cette tension entre le particulier et l'universel, en effet, peut être considérée comme immanente à l'être humain. En raison de leur communauté de nature, les hommes sont poussés à se sentir membres d'une seul grande famille, et ils le sont. Mais, à cause du caractère historique concret de cette même nature, ils sont nécessairement attachés de manière plus intense à des groupes humains particuliers, avant tout à la famille, puis aux divers groupes d'appartenance, jusqu'à l'ensemble du groupe ethnique et culturel désigné, non sans motif, par le terme de "nation" qui évoque la "naissance", tandis que, si on l'appelle "patrie " ("fathertand"), il évoque la réalité même de la famille. La condition humaine est ainsi placée entre ces deux pôles l'universel et le particulier -, en tension vitale entre eux, tension inévitable, mais singulièrement féconde si elle est vécue dans un équilibre paisible.
C'est aussi sur ce fondement anthropologique que reposent les "droits des nations", qui ne sont rien d'autre que les "droits humains" considérés à ce niveau spécifique de la vie communautaire. La réflexion au sujet de ces droits n'est certes pas facile, compte tenu de la difficulté de définir le concept même de "nation" qui ne s'identifie pas nécessairement a priori avec celui de l'État. Cette réflexion est toutefois indispensable, si l'on veut éviter les erreurs du passé et mettre en place un ordre mondial juste.
Le droit d'une nation à l'existence est certainement antérieur à tous ses autres droits: personne - ni un État, ni une autre nation, ni une organisation internationale - n'est jamais fondé à considérer qu'une nation déterminée ne serait pas digne d'exister. Ce droit fondamental à l'existence ne suppose pas nécessairement une souveraineté étatique, car diverses formes de rattachement juridique entre différentes nations sont possibles, comme c'est le cas, par exemple, dans les Etats fédéraux, dans les confédérations, ou dans les États comportant de larges autonomies régionales. Certaines circonstances historiques peuvent se présenter dans lesquelles diverses formes de rattachement à l'unique souveraineté d'un Etat peuvent paraître souhaitables, mais à condition que cela advienne dans un climat de vraie liberté, garantie par l'exercice de l'autodétermination des peuples. Le droit à l'existence implique naturellement, pour toute nation, le droit à garder sa propre langue et sa culture, par lesquelles un peuple exprime et défend ce que j'appellerai sa "souveraineté" spirituelle originelle. L'histoire montre que dans des circonstances extrêmes (comme celles qu'a connues la terre où je suis né), c'est précisément sa culture qui permet à une nation de survivre à la perte de son indépendance politique et économique.
Par conséquent, toute nation a également le droit de mener sa vie suivant ses traditions propres, en excluant naturellement toute violation des droits humains fondamentaux et, en particulier, l'oppression des minorités. Toute nation a le droit de construire son avenir en donnant une éducation appropriée à ses jeunes générations.
Mais, si les "droits de la nation" traduisent les exigences vitales de la "particularité", il n'est pas moins important de souligner les exigences de l'universalité, exprimées par une conscience forte des devoirs que les nations ont à l'égard des autres et de toute l'humanité. Le premier de tous est certainement le devoir de vivre dans une disposition pacifique, respectueuse et solidaire à l'égard des autres nations. Ainsi l'exercice des droits des nations, équilibré par l'affirmation et la pratique des devoirs, entraîne un "échange de dons" fécond, qui renforce l'unité entre tous les hommes.
Au cours des dix-sept années écoulées, pendant mes pèlerinages pastoraux auprès des communautés de l'Église catholique, j'ai pu entrer en dialogue avec les nations et les cultures de toutes les parties du monde, dans leur riche diversité. Malheureusement, il faut encore que le monde apprenne à vivre dans la diversité, ainsi que l'ont douloureusement rappelé les évènements récents des Balkans et d'Afrique centrale. La réalité de la "différence" et la particularité de l'"autre" peuvent parfois être ressenties comme un poids, ou même comme une menace. Amplifiée par des ressentiments d'origine historique et exacerbée par les manipulations de personnages sans scrupules, la peur de la "différence" peut conduire à nier l'humanité même de l'"autre"; le résultat est alors que les personnes entrent dans une spirale de violence qui n'épargne personne, pas même les enfants. Des situations de cette nature sont bien connues aujourd'hui, et, en ce moment, mon coeur et ma prière se portent spécialement vers les souffrances des populations martyrisées de Bosnie-Herzégovine.
Par d'amères expériences, nous savons donc que la peur de la "différence", surtout quand elle s'exprime dans un nationalisme étroit et exclusif qui nie tout droit à l'"autre", peut conduire véritablement à l'horreur de la violence et de la terreur. Et pourtant, si nous nous efforçons d'apprécier objectivement la réalité, nous sommes en mesure de constater que, au-delà de toutes les différences qui caractérisent les individus et les peuples, il y a entre eux une affinité fondamentale, étant donné que les diverses cultures ne sont en réalité que des manières différentes d'aborder la question du sens de l'existence personnelle. C'est justement là que nous pouvons mettre en évidence une source du respect qui est dû à toute culture et à toute nation: n'importe quelle culture est un effort de réflexion sur le mystère du monde et, en particulier, de l'homme: elle est une manière d'exprimer la dimension transcendante de la vie humaine. Le coeur de toute culture est constitué par son approche du plus grand des mystères, le mystère de Dieu.
Notre respect pour la culture des autres est ainsi fondé par notre respect des recherches que font toutes les communautés pour répondre au problème de la vie humaine. Dans cette perspective, il nous est possible de reconnaître l'importance de préserver le droit fondamental à la liberté de religion et à la liberté de conscience, colonnes essentielles sur lesquelles repose la structure des droits humains et fondement de toute société réellement libre. Il n'est permis à personne d'annihiler ces droits en faisant usage de coercition pour imposer une réponse au mystère de l'homme.
Faire abstraction des diversités réelles - ou, pire encore, tenter d'abolir ces diversités -, cela revient à se priver de la possibilité de sonder la profondeur du mystère de la vie humaine. La vérité sur l'homme est le critère immuable de jugement qui s'applique aux cultures; mais toute culture a quelque chose à enseigner sur l'une ou l'autre dimension de cette vérité complexe. C'est pourquoi la "différences" que certains trouvent si menaçante, peut devenir, grâce à un dialogue respectueux, la source d'une compréhension plus profonde du mystère de l'existence humaine.
Dans cette perspective, il faut clarifier la différence essentielle qui existe entre une forme insensée de nationalisme, qui prône le mépris des autres nations ou des autres cultures, et le patriotisme, qui est au contraire l'amour légitime du pays dont on est originaire. Un véritable patriotisme ne cherche jamais à promouvoir le bien de la nation aux dépens d'autres nations. De fait, cela finirait par nuire aussi à sa propre nation, avec des effets néfastes autant pour l'agresseur que pour la victime. Le nationalisme, en particulier dans ses expressions les plus radicales, est donc contraire au patriotisme véritable, et nous devons nous efforcer aujourd'hui de faire en sorte que le nationalisme exacerbé ne continue pas à reprendre sous de nouvelles formes les aberrations du totalitarisme. Cela vaut aussi, évidemment, dans le cas où l'on prendrait comme fondement du nationalisme le principe religieux lui-même, comme malheureusement cela se produit dans certaines manifestations de ce qu'on appelle le "fondamentalisme" ( ... ).
Nous ne devons pas avoir peur de l'avenir. Nous ne devons pas avoir peur de l'homme. Ce n'est pas par hasard que nous nous trouvons ici. Toute personne a été créée à "l'image et à la ressemblance" de Celui qui est à l'origine de tout ce qui existe. Nous sommes capables de sagesse et de vertu. Avec ces dons et avec l'aide de la grâce de Dieu, nous pouvons construire dans le siècle qui est sur le point d'arriver et pour le prochain millénaire une civilisation digne de la personne humaine, une vraie culture de la liberté. Nous pouvons et nous devons le faire! Et, en le faisant, nous pourrons nous rendre compte que les larmes de ce siècle ont préparé la voie d'un nouveau printemps de l'esprit humain.
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