vendredi, 10 novembre 2006

Le christianisme et Confucius

medium_confucius.jpg"Il y a actuellement plus de chrétiens pratiquants en Chine que dans toute l'Europe réunie". C'est ainsi que démarrait l'autre jour une conversation avec Xavier, un ami à qui je remettais un livre déniché dans le fin fond de la bibliothèque familiale, écrit par le colonel Rémy en 1953, appelé "la pourpre des martyrs" et qui traitait du sort des chrétiens dans la Chine de l'immédiate après-guerre. Ce livre montrait d'ailleurs des caricatures dessinées du pape qui me font penser à celles de nos grands journaux progressistes du soir comme du mercredi mais passons...

Et nous voici donc parti dans une conversation sur la Chine et de l'extraordinaire vigueur morale de ce peuple. Xavier étant fin connaisseur de ce pays et ayant travaillé très étroitement pour un ancien ministre qui attendait que la Chine se réveilla, cette conversation fut vite passionnante. Nous remarquions qu'une des fautes majeures de l'évangélisation qui avait été tentée au XVIème siècle avait été de vouloir apporter la romanité à la Chine alors que son terreau culturel de l'acceptait pas. Xavier me fit alors remarquer combien la sagesse naturelle qu'était le confucianisme s'accordait bien avec le christianisme car s'arrétant au seuil de la Révèlation. Un peu, fis-je remarquer, comme Socrate s'arrêtait au seuil du Mystère.

Il se pourrait bien d'ailleurs que Confucius pourrait être le Socrate chinois dont la philosophie et la sagesse pourrait servir d'assise philosophique pour une évangélisation en Asie. Ceci est à méditer car catholicisme veut dire universel et non pas unique. S'il y a unicité de la foi, il peut y avoir pluralité des approches à cette unicité. La sagesse orientale de Confucius est une piste à explorer par l'Eglise, comme la philosophie grecque le fut.

Il est d'ailleurs surprenant de constater que ces deux maîtres à penser de l'Humanité, Confucius et Socrate, vécurent à peu près au même moment, soit 500 ans avant la venue du Christ. On peut évoquer le hasard ou la Providence.