lundi, 26 septembre 2005
Le saut dans l'amour vu comme sport céleste
S'il y a vraiment un évènement de la Bible que je dois retenir comme me laissant dans un abîme de perplexité et d'émerveillement, je choisirai l'Annonciation. D'accord, c'est du déjà vu, tout le monde connaît, c'est rabaché sur tous les tons dans tous les catéchismes de France et de Navarre, même les pires et il doit y en avoir ! Cette histoire d'un type à plume roucoulant auprès d'une jeune fille, telle que nous le rapporte les peintres les plus inspirés, peut lasser à force d'être répétée.
Bon, reprenons cette annonce à Marie. Déjà, pas de coups de fils ni d'emails, pas de SMS, en un mot, rien de technologique. Le plus spectaculaire est qu'un ange se matérialise. Avouons que comme effet spécial, ce n'est pas mal et je défie n'importe qui de ne pas être effrayé si une telle créature venait à se matérialiser dans votre chambre. Pas n'importe quel ange, Gabriel en personne, celui qui est chargé des grandes annonces et qui se tient devant le trone flamboyant du Seigneur.
Mais le plus étonnant vient ensuite car ce qu'annonce l'ange à Marie dépasse l'entendement : devenir la mère du Messie. Je ne sais pas si vous vous représentez ce que cela signifie pour une jeune fille juive lisant les écritures dans l'univers prophétique qui était alors le sien ! N'importe qui aurait pû être écrasé ou envahi d'un orgueil terrible. Les évangiles nous rapportent uniquement des paroles très simples qui portent sur des sujets très terre-à-terre. En gros c'est le modus operandi que demande Marie avant de confirmer sa réponse. Sans doute à ce moment-là connait-elle déjà la réponse qu'elle fournira. L'ange lui raconte une histoire abracadabrantesque d'ombre qui la couvrira mais Marie fait confiance. N'importe qui d'autre aurait renvoyé l'ange dans ses pénates avec ses histoires de science-fiction. Marie, elle, voit la simplicité car elle sait, au plus profond d'elle-même, avec cette connaissance qui remonte au jardin d'Eden, avant le goût du fruit défendu, que rien, absolument rien n'est impossible à Dieu. Les paroles que prononcent l'ange sont les paroles qui viennent de la Parole elle-même, et qui sont donc revêtues de la puissance créatrice. Ce sont des mots que nos langues humaines ne peuvent reproduire.
Le plus exceptionnel, c'est que Marie ait dit OUI, tout simplement. Non pas un OUI de crainte, mais un OUI d'adhésion, comme une jeune mariée. Pour elle, tout devenait simple, toutes les difficultés se déliaient devant ce simple évènement. Le OUI prononcé l'a été en toute liberté, vraie liberté non faussée par les illusions du monde. Marie, nous dit la tradition de l'Eglise, a été préservée de la faute initiale (je n'aime pas ce terme très culpabilisateur mais cependant parlant), de cette difformation de l'esprit qui nous fait voir les desseins de Dieu si compliqués. Je me demande parfois ce qui se serait passé si elle avait dit NON tout en me disant que c'était chose presque impossible pour celui qui se tourne entièrement vers son Créateur, source de tout bien, de tout amour et de toute beauté. Dieu a tout pour plaire !
Marie s'est précipitée dans cet amour infini comme un parachutiste se précipite dans le vide. Elle savait être entre de bonnes mains. Avec elle, la réconciliation recommençait à l'aube d'un huitième jour dans lequel nous sommes toujours. Vraiment, elle m'épate !
15:10 Publié dans Chrétiens | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Christianisme, Marie, Annonciation

