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lundi, 01 janvier 2007

2007

A l'aube d'une nouvelle année, que souhaiter :

  • Que les gouvernements, et en particulier celui de la France, s'engagent dans le respect de la vie ;
  • Que les élections qui s'annoncent en France donnent lieu à de véritables débats, au lieu du pitoyable cirque médiatique ;
  • Que les français soient dignes de leur histoire, que celle-ci leur paraisse sombre ou lumineuse ;
  • Que l'Europe se tourne vers ses racines chrétiennes car seules les racines peuvent faire croître l'arbre ;

Mais le plus important de tous, c'est que nous vivions tous sous le regard aimant de Dieu, dans la lumière du Christ et de Marie.

Amis lecteurs, bonne et sainte année 2007, pour vous et votre famille.

lundi, 25 décembre 2006

Et le Verbe s'est fait chair...

... et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité" - Jean, 1,14-18

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Nous n'avons pas découvert Dieu, c'est lui qui nous a cherché et qui s'est révélé, progressivement, doucement, en tenant compte de la liberté insensée et fondamentale qu'il laissait à sa créature. Dieu, l'incréé, celui qui, par définition, n'a ni début ni fin, à qui appartiennent tous les attributs de perfection et que personne n'a vu de ce côté-ci de la mort, Dieu donc, entre dans sa Création. L'artiste entre dans son oeuvre, comme élément fondateur de son oeuvre, comme élément essentiel du tableau qu'il parachève de sa signature en demandant à l'oeuvre de participer à la vie intime de l'artiste. Nul peintre, sculpteur, musicien, danseur, n'est allé aussi loin dans la rencontre.

Si Noël est devenu une fête chrétienne que l'on cache au nom du respect des différences de l'autre et d'un matérialisme abrutissant de crasse consumériste, la méditation sur l'Incarnation de Dieu ouvre des perspectives gigantesques. Des perspectives qui s'ouvrent sur l'infini et l'éternité. En naissant dans la chair humaine, Dieu, par un effet de miroir, montre comment l'Homme peut naître à la vie de Dieu. En deux mots, "si je suis venu à toi, viens également à moi". La main tendue par le Seigneur est une main amoureuse. Elle est une main qui s'offre et s'ouvre. Elle est cette main qui prolonge magnifiquement celle qu'a voulu dessiner Michel-Ange sur le plafond de la chapelle Sixtine, où l'on voit Dieu le Père réveiller Adam d'un geste tendre et plein de force.

Noël, c'est la commémoration de la manifestation au peuple juif du mystère de l'incarnation qui consiste dans l'union en Jésus du Verbe engendré de la substance du Père avant tous les siècles avec l'humanité engendrée de la substance de sa mère dans le monde. Et ce mystère se complète par l'union de nos âmes au Christ qui nous engendre à la vie divine.

Noël, c'est la prise de risque du Créateur des mondes qui s'incarne et se confie entièrement aux mains de l'humanité.  Dieu s'est d'abord donné à une femme, la Femme par excellence, qui a pris sur elle, en son for intérieur et avec la plus manifeste liberté, d'accueillir son créateur et de devenir ainsi sa mère. Ce paradoxe total, incompréhensible par la raison raisonnante, rejeté par les Juifs et les musulmans car trop fou ou scandaleux, est au coeur du message évangélique.

"Accepte, mon frère, de tordre ta logique et d'entrer dans la mienne. Accepte qu'il y ait quelqu'un qui te dépasse complètement. Fais faire un acte d'humilité à ton intelligence et prend les choses comme je te les présente. Sois un enfant comme je fus un enfant courant dans tes allées empierrées, jouant dans la poussière, courant avec mes camarades et me réfugiant dans les bras de ma mère quand les peurs m'angoissaient. Frère Homme, je sais ce que tu es car je suis ce que tu es. Et je suis ce que tu es car JE SUIS et que je t'appelle à être ce que je suis. J'ai fait un petit pas vers toi, fais un pas vers moi. Je suis celui que tu attends de tout ton coeur". Voici, sans offense ni blasphème, ni intention de gnoser, ce que pourrait être le message du créateur vers sa créature mais les phrases sont réductrices quand parle l'infini et, qui plus est, parle de coeur à coeur, sans ce médium pitoyable des mots.

Ainsi donc, ami lecteur, qui que tu sois, où que tu sois, et quelque soit ta relation avec Dieu, et même si tu n'as aucune relation, et que tu veuilles même ne jamais en entendre parler, reçois donc en ce "Dies Natalis" 2006, fête de l'Incarnation de Dieu, tous mes voeux d'espérance, de justice, de miséricorde et de joie profonde. Car mes voeux ne sont que le pâle reflet de ceux que formulent le Seigneur pour nous.

La gloire du Seigneur sera révélée et toute chair verra le salut de notre Dieu - Isaïe 40,5
Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime - Luc 2,14

mercredi, 20 décembre 2006

La Roumanie condamne explicitement le communisme

Ceux qui ont vécu réellement dans leur chair la réalité du communisme, et non ceux qui l'ont vécu sur le papier comme en France, savent quel fut le prix de la douleur à payer pour parvenir au paradis terrestre, version léniniste. Ils le savent et ne veulent plus le revivre. Et ils le disent.

Voici donc que la Roumanie condamne explicitement le communisme en tant que doctrine. Et dans des termes moins que feutrés. "Prétendant d’accomplir les souhaits du marxisme, le régime a traité une population entière comme une masse de cobayes soumis à cet absurde expériement d’ingénierie sociale", a dit clairement le président Traian Basescu.

Plus fort encore, ce qui prouve que le vent frais souffle en ce moment en provenance de l'Europe centrale, "Le président a sollicité le soutien, par les Chambres réunies, de sa déclaration de condamnation des crimes du communisme, de regret et de compassion à l’égard des victimes du communisme, soutenant les propositions de la Commission concernant l’établissement d’une journée commémorative, à la mémoire des victimes de la répression et de la terreur communistes. Il a soutenu aussi la construction dans la capitale d’un Monument des Victimes du Communisme".

Selon le Premier Ministre Calin Popescu-Tariceanu, ’’le fait de se détacher du communisme et de condamner le communisme est un acte nécessaire’’.

Quelques jours avant l'arrivée de la Roumanie dans l'Union Européenne, ce geste prend toute sa force.

Pendant ce temps, dans cette même Union Européenne et tout particulièrement en France, il se trouve encore des personnes, surtout chez les étudiants, qui, au nom de la justice sociale, continuent de penser que le communisme est le meilleur moyen de la réaliser. Et je n'évoque pas ceux qui, sous pretexte de mode, arborent Che Guevara sur leurs vêtements.

Nouvelle rapportée par le Salon Beige

Le chant d'amour de Dieu

medium_cantiqueDcantiques.jpgLe Cantique des Cantiques est souvant présenté comme la relation d'amour qu'entretiennent le Christ et son Eglise, du moins chez les chrétiens. D'autres y voient plus prosaïquement la relation entre un homme et une femme. Pour ma part, en méditant sur ce texte si poétique, je me sens plus proche du Rabbi Akiva qui y voyait l'amour de Dieu pour sa créature.

Comment d'ailleurs pourrait-il en être autrement puisque dans sa folie si sage, Dieu s'est abaissé jusqu'à entrer lui même dans la chair de sa créature, à la renouveller de l'intérieur, comme le fait l'union intime de l'homme et de la femme. Dans le poème nous est présenté un dialogue où deux êtres sont en dialogue mais dans l'hypothèse de l'amour insensé de Dieu, le dialogue de l'homme pourrait être alternativement celui de Dieu et de la créature et celui de la femme également alternativement celui de Dieu et de la créature. "Je te cherche et quand je t'ai trouvé, je te cherche encore" dirait l'Homme à Dieu, perdant sa finitude dans l'infini divin. "Où te cache-tu ?" questionne inlassablement Dieu à la recherche de cette créature qu'il a créé à son image. Abîme sans fond de l'amour !

mardi, 19 décembre 2006

Le regard, miroir de l'âme

Il y a quelques jours, j'ai regardé en différé l'émission RIPOSTES, organisée par Serge Moati, à laquelle était invité Jean-Marie Le Pen (voir l'emission sur le site du FN). Après une première partie d'émission très détendue, la seconde partie a été plus offensive. Plusieurs adversaires politiques du leader de la droite nationale croisaient le fer avec lui mais un seul a retenu mon attention : Christiane Taubira, et ceci pour un seul détail. En effet, pas une seule fois au cours de ce débat, elle n'a croisé le regard avec Jean-Marie Le Pen.

Ceci m'a choqué. On peut penser ce que l'on veut des idées défendues par le Front National mais la moindre des courtoisies quand on s'engage dans le métier de la politique, c'est de parler en regardant son interlocuteur. Refuser le contact visuel, c'est refuser l'autre, c'est le considérer comme un moins que rien, une chose, un accessoire. Le contact du regard implique que l'on parle d'égal à égal, en tant qu'être humain, en tant qu'adversaires acharnés peut-être mais pas en tant qu'ennemis. Le combat politique, aussi rugueux puisse-t-il être, a pour fondement la reconnaisance de l'autre, comme dans le sport. L'échange des regards permet d'avoir un reflet de l'âme de son adversaire. Mme Taubira estime-t-elle que Jean-Marie Le Pen n'a pas d'âme ? Si elle ne le pense pas, son attitude le crie.

Toute rencontre sportive s'initie par des salutations des adversaires. Dans le cas présent, Mme Taubira est hors jeu. De tous les propos qu'elle a pû tenir durant cette émission, je n'ai retenu que le silence méprisant de son regard.

 

vendredi, 15 décembre 2006

Ere limbique

medium_cerveau.jpgLe cerveau limbic est le siège des émotions et des souvenirs. Le cerveau reptilien est celui de l'instinct, de la faim. Le cerveau néo-cortex est celui de la raison. Sur lequel agit le ressort du monde actuel, en particulier quand on regarde l'évolution de la marchandisation du corps humain à travers la prostitution et la pornographie ? Sur le cerveau reptilien et le limbic. La raison, plaidée par Benoît XVI et l'Eglise dans son ensemble font appel au cerveau néo-cortex, aux hautes facultés intellectuelles de l'Homme (je n'ai pas dit haut Q.I.). La foi également fait appel à ce même cerveau. Quand le monde occidental dans son entier et dans sa frénésie gesticulatoire fait appel aux niveaux inférieurs du cerveau, cela s'appelle une décroissance du cerveau.

Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il est si difficile de lutter contre la pornographie. L'impact de la pulsion sexuelle combinée au stimuli des images est une véritable bombe qui s'incruste dans les replis les plus intimes du cerveau. Plusieurs heures après, les images reviennent à la surface, comme ces mini-bombes lachées dans les champs sous forme anodine de jouets et qui pêtent en arrachant des jambes. Faire appel commercialement à ces couches intermédiaires et basses du cerveau est déshonnorant pour ceux qui utilisent de telles méthodes mais ils n'ont déjà pas d'honneur et ignorent même l'existence de ce mot comme ils ignorent celui de "dignité".

Nous ramènent également à l'hypertrophie du cerveau limbic tous les groupuscules, agences et organes de presse qui, sous pretexte de libération des moeurs et d'évolution sociétale, font descendre le degré de conscience des citoyens au dessous de la ceinture et s'en gargarisent. Ils se réclament de l'intelligence alors qu'ils en sont restés au stade anal des petits enfants. Ils se réclament de la pensée critique alors que toute leur démarche est faite pour que les personnes restent enchaînées à leurs émotions. Nous sommes entrés dans l'ère limbique de plein pied, en vouant aux Gémonies tout ce qui pourrait contrarier cette décroissance voulue.

Alors que le monde nous vend un Eros frelaté, l'Eglise nous souhaite une Agapé sereine et joyeuse. Alors que le monde nous bourre le crâne en nous persuadant que nous ne sommes que des grains de matière nés du hasard et voués à une jouissance sans fin, le Christ nous entraîne vers le Logos créateur qui promet la vraie joie permanente à côté de laquelle la jouissance sexuelle n'est que de la rigolade. Alors que le monde nous souhaite des fêtes orgiaques, Dieu nous accorde la Communion des saints.

Loin de refuser la chair, bien au contraire, il nous appartient de l'assumer au plus haut point, en la maîtrisant, en la forçant à devenir l'instrument de notre croissance spirituelle plutôt que d'être l'instrument de notre esclavage. Telle est la vocation humaine : glorifier la Création à travers la chair, en la portant en communion avec l'autre, puis le Tout Autre.

La glorification de la chair, c'est ce qui se passe à Noël, fête de l'Incarnation de Dieu.

vendredi, 08 décembre 2006

Rackethon scolaire

Avec l'affaire du Télethon, nous assistons à une belle empoignade sur un sujet qui aurait dû être largement débattu lors de l'adoption des lois de bioéthique en 2004. Ce débat n'a pas eu lieu mais refait surface. Chassez le naturel...

L'Eglise catholique s'oppose à la manipulation des embryons à des fins de recherche et c'est tout à fait à son honneur de remettre le débat à sa juste place. L'adoption d'une loi n'empêche pas la prise de parole sur un sujet controversé. Le Cardinal Barbarin a raison d'affirmer que "ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral", façon de dire que l'éthique ne peut être réduite au politique, par essence changeant en fonction des majorités. Si demain la peine de mort ou le port de l'étoile jaune redevenaient légaux, en seraient-ils pour autant moraux ? Bien évidemment non. Le débat est normal, souhaitable et l'Eglise a tout a fait sa place dans le débat public.

Sachant cela, les citoyens peuvent choisir, librement et en toute connaissance de cause, de donner ou pas au Téléthon. Je serai personnellement très disposé à faire un geste s'il n'y avait pas une telle destination d'une partie des financements. Une traçabilité ou, plus fort, l'interdiction de financer des recherches sur l'embyon, clarifierait beaucoup la situation. Ce serait un crève-coeur que de briser l'élan de la générosité mais il ne faut pas non plus donner en aveugle !

Les élèves des écoles publiques et libres sont-ils dans la même position que les adultes ? Sans doute pour les collèges et les lycées si l'information est faite honnêtement, mais au primaire et en maternelle ? Car voici, les instituteurs font réaliser des travaux variés aux élèves destinés à être vendus, à l'euro symbolique, à leurs parents. Comme message, on dit à ces élèves que c'est pour "soigner de grands malades". Bien, parfait, sauf que certains parents ne souhaitent pas donner, sachant désormais la réalité sur les financements. Là, ils disent à leurs enfants : non, parce que je peux donner ailleurs (par exemple la Fondation Lejeune). A ce moment, l'enfant se sent désavoué dans son travail, en porte-à-faux avec l'autorité morale de son institutrice et ne sait plus gérer le drame. Par ailleurs, l'instuteur fait bien sentir aux parents arrivant en classe avec leurs enfants (pour la maternelle), que c'est pour "une bonne cause" et qu'il faudrait y mettre du sien. Sorte de menace larvée face à une générosité rendue obligatoire. La situation devient très tendancieuse. J'appelle cela du racket social organisé par un corps d'Etat.

Ainsi que je l'expliquais à un directeur d'école l'an dernier, l'apprentissage de la solidarité est très bien et très noble mais il faut des actions qui soient réellement concrètes. La solidarité, ce n'est pas simplement donner une pièce. C'est bien, il en faut, mais c'est très abstrait. Pour le Téléthon, hormis l'aspect de la recherche embryonnaire, allez expliquer la thérapie génique à des enfants ! C'est la planète Mars. C'est déjà dur à comprendre pour les adultes. Une action concrète avec une organisation comme la Croix Rouge ou le SAMU social aurait plus de sens.

Par ailleurs, pour les plus grands, allez leur mettre dans la tête qu'il faut être solidaire, généreux, accueillir l'autre dans sa différence, ne pas être raciste, etc. ; et leur montrer qu'en réalité, leur don va servir à éliminer les plus faibles, les moins résistants, les porteurs de la maladie ! Nous préparons par de tels grands écarts une société de schyzophrènes et d'irrespondables. J'ai une autre conception de l'éducation mais la mienne n'est pas "nationale".

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