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mardi, 19 décembre 2006

Le regard, miroir de l'âme

Il y a quelques jours, j'ai regardé en différé l'émission RIPOSTES, organisée par Serge Moati, à laquelle était invité Jean-Marie Le Pen (voir l'emission sur le site du FN). Après une première partie d'émission très détendue, la seconde partie a été plus offensive. Plusieurs adversaires politiques du leader de la droite nationale croisaient le fer avec lui mais un seul a retenu mon attention : Christiane Taubira, et ceci pour un seul détail. En effet, pas une seule fois au cours de ce débat, elle n'a croisé le regard avec Jean-Marie Le Pen.

Ceci m'a choqué. On peut penser ce que l'on veut des idées défendues par le Front National mais la moindre des courtoisies quand on s'engage dans le métier de la politique, c'est de parler en regardant son interlocuteur. Refuser le contact visuel, c'est refuser l'autre, c'est le considérer comme un moins que rien, une chose, un accessoire. Le contact du regard implique que l'on parle d'égal à égal, en tant qu'être humain, en tant qu'adversaires acharnés peut-être mais pas en tant qu'ennemis. Le combat politique, aussi rugueux puisse-t-il être, a pour fondement la reconnaisance de l'autre, comme dans le sport. L'échange des regards permet d'avoir un reflet de l'âme de son adversaire. Mme Taubira estime-t-elle que Jean-Marie Le Pen n'a pas d'âme ? Si elle ne le pense pas, son attitude le crie.

Toute rencontre sportive s'initie par des salutations des adversaires. Dans le cas présent, Mme Taubira est hors jeu. De tous les propos qu'elle a pû tenir durant cette émission, je n'ai retenu que le silence méprisant de son regard.