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vendredi, 10 novembre 2006

Front National, peine de mort et avortement

Il y a certains thèmes abordés par le Front National qui peuvent être séduisants et d'autres qui sont franchement rébarbatifs. Ce parti politique veut rétablir la peine de mort (par exemple pour les meurtriers de policiers). En même temps, il veut abroger complètement le recours à l'avortement. Cela peut séduire de prime abord les partisans d'un rétablissement de la sécurité à un niveau maximal et les chrétiens qui font de la défense de la vie un point non négociable.

Je suis personnellement favorable à une limitation extrême de l'avortement car la suppression d'une vie humaine non née ne me semble pas être un progrès de civilisation. En contrepartie, il faut que l'Etat se fasse réellement le promoteur d'une culture de vie dans laquelle les femmes en réelles difficultés puissent avoir les moyens de s'en sortir. Le noeud du drame contemporain est là. On ne peut interdire un acte intrinséquement mauvais (d'un point de vue social et personnel) sans avoir une franche main tendue envers celles qui n'ont pas d'autres alternatives aujourd'hui. Si la protection intégrale de l'être humain est un objectif louable, les modalités pratiques d'application doivent être soumises à la réalité de la politique. Il faut laisser in fine le choix aux personnes. Une véritable responsabilité sociale entraîne des choix individuels qui ne peuvent être forcés mais il faut que les deux plateaux de la balance soient équilibrés. L'Etat ne peut l'ignorer et se doit de protéger la vie, comme c'est inscrit dans la déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948 (article 3). Ceci implique de facto une limitation des préjudices entraînés par l'avortement. Le Front National a donc raison de s'engouffrer dans cette brêche pour remettre le débat sur la table.

Par contre, il est illogique de défendre le droit à la vie naissante et de promouvoir la peine de mort. On est humaniste en entier ou on ne l'est pas. Même le pire des salauds a droit à la vie, aussi dur que cela puisse paraître pour les victimes. D'ailleurs, si le FN poussait la logique jusqu'au bout, il faudrait que tout assassin d'un citoyen soit passible de la peine de mort. La catégorisation peut être remise en question. Or, la vie ne se discute pas. Il n'est pas dans le rôle de l'Etat d'intervenir sur la vie ou la mort de ses concitoyens (Cf. Robert Badinter), que ceux-ci soit nés ou non. Il est par contre dans le rôle de l'Etat de mettre à l'écart ceux qui commettent des actes gravissimes comme les pédophiles, assasins d'enfants ou de policiers, trafiquant de drogues. En ce sens, le parc des prisons doit être développé et aménagé. La mise à l'écart de la société doit être fait de manière drastique. Rétablir la peine de mort serait un tort.

Mon leitmotiv reste le même : "mort à la peine de mort, à toute peine de mort".