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lundi, 12 juin 2006

Les clercs contre l'Eglise

Une fois de plus, j'ai assisté à une éniemme tentative de destruction de l'Eglise par ses clercs. Ah ! les affaires du film Amen ou du Da Vinci Code sont ridicules tant elles sont outrancières. Contre ces films, les bons arguments existent. L'opposition est frontale avec ceux qui ne comprennent rien à cette fichue affaire d'un Dieu trinitaire incarné, et ceux qui ne croient plus en rien si ce n'est à leurs petits dieux personnels pris au supermarché du briciolage religieux ou matérialiste.

L'affaire pourrait rester simple à ce stade. Cela devient beaucoup plus pernicieux lorsque ce sont les propres clercs de l'Eglise qui sapent les fondements de "l'ecclesia", de l'assemblée des chrétiens. La France est un désert chrétien, hormis désormais les ilots luxuriants et prolifiques des nouvelles communautés, des ordres divers et variés. Les paroisses urbaines et rurales sont abandonnées aux prêtres qui veulent bien y aller, et dont la plupart sont agés. Mais encore faudrait-il que ces prêtres tiennent un langage à peu près cohérent et ne sombrent pas dans le préchi-précha sirupeux et télévisuel lors des célébrations des sacrements.

Samedi dernier, lors d'une célébration de baptême dans un petit village de Normandie, l'officiant a perdu l'occasion d'expliquer la foi chrétienne à l'assemblée qui était réunie. Dans toutes ces personnes autour de l'enfant, beaucoup n'ont plus de liens avec l'Eglise, ou l'ont fuit. Ces célébrations liturgiques familiales sont les seules reliques encore accessibles à un peuple déchristiannisé et ne sachant pas quels gestes faire au bon moment. C'est l'occasion justement pour l'officiant de bien expliquer ce qu'est un baptème, la signification des symboles de l'eau et du feu. Non, rien ! Ce fut d'un formalisme fonctionnarisé terrible. Encore heureux que les textes officiels de la liturgie soutenaient un tant soit peu l'ensemble car sinon, il eut été préférable d'aller arroser le nouveau baptisé au café du coin.

Et dire que ce village était au haut Moyen-âge le siège d'une puissante abbaye, haut lieu intellectuel de France, que ses moines ont émigré en Angleterre où ils ont fondé Oxford. Voir cette petite église paroissiale médiocre dans sa construction néo-bourgoise de 1902 face aux ruines puissantes et fière de cette abbaye, donne le tournis sur la dégradation spirituelle de notre pays.

Bref, j'avais envie de sortir et de pleurer. Seigneur, je t'en supplie, envoie des ouvriers dans ta vigne de France, les ceps sont en train de pourrir !

Si encore les évêques étaient à la hauteur. Mais ces pauvres évêques du CEF, au lieu de faire des déclarations sur ce qui met en péril la foi, là où on les attend, ne cessent de faire des communiqués de presse sur des sujets qui sont de l'ordre laïc. Le dernier en date est celui de l'immigration. Intervenir ailleurs que dans son champ de compétence, cela s'appelle de l'incompétence et dans le cas présent, du cléricalisme. C'est la dérive la plus idiote que peut avoir l'Eglise de France, qui veut s'occuper de tout pour ne pas paraître à la traine, et qui en fait ne s'occupe plus de ses ouailles.

Saint Michel, Sainte Marie, Sainte Jeanne d'Arc, à l'aide, ils sont devenus mous !