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lundi, 21 février 2000
Russie : un renouveau à contrepied
Le 19 décembre 1999, le peuple russe envoyait à la Douma une majorité de députés se réclamant ouvertement du parti de l'Unité. Ce parti fait la part belle aux sentiments nationaux russes. Ce fait a, semble-t-il indisposé bien des commentateurs de notre beau pays, toujours prompts à voir l'extrême-droite dans n'importe quel parti qui ose parler au nom du peuple. Personne ne s'est estomaqué que le Parti communiste de M. Guennadi Ziouganov égalise le Parti de l'Unité, soit 28% des voix.
Non, bien sûr. Le parti communiste est un parti naturel pour la Russie. On se demande bien pourquoi l'URSS a éclaté puisque, après tout, le communisme part d'une si belle idée de départ ! En plus, le PC Russe se réclame ouvertement de l'héritage soviétique. Une poutre qui entre bien facilement dans l'oeil de nos borgnes alors que la paille Poutine qui les démange beaucoup plus. Ah! Bien entendu, Vladimir Poutine n'y va pas avec le dos de la cuillère en Tchétchénie mais quand on sait que les combattants Tchéchènes sont financés par les "démocrates" whahabittes, cela renforce les ardeurs de l'Armée Russe.
Pourquoi une telle attitude de l'Occident ? Pourquoi, comme le décrit si bien André Vendières dans l'Homme Nouveau du 16 janvier 2000, l'Occident ne s'apitoit-il pas sur l'echec des libéraux, pourtant plus proches de l'idéal de bien des politiques d'ici ? Parce que c'est l'enterrement dun joyeux rêve éveillé appelé "perestroïka". Oui, de cette politique finale de l'URSS qui a été menée par M. Gorbatchev, celui-là même qui était le grand invité du 10ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin
L'auteur de l'article écrit : "Il a été montré et démontré en effet que la "perestroïka" avait été conçue par le KGB, et particulièrement par Youri Andropov décédé avant d'avoir pu la mettre en oeuvre, comme un moyen de contourner l'immobilisme du PCUS et d'engager une rénovation "technique" de l'URSS(...). Parmi les hommes de cette politique, figurait en bonne place Evgueni Primakov, lequel assurait depuis dix ans, au sein de l'IREX, financée par Rockfeller, la coordination entre Moscou et la Trilatérale pour le compte du KGB... Et c'est M. Gorbatchev, dauphin de M. Andropov, qui eut la charge de la mettre en oeuvre, avec
le "succès" que l'on sait, puisque piégé par ses propres initiatives, il ne put finalement préserver ni le communisme ni l'URSS, l'élection de Boris Eltsine à la tête de la Fédération de Russie mettant un point final à ses entreprises."
"Depuis cette date", continue André Vendières, "le combat n'a jamais cessé entre deux factions opposées des anciens communistes. L'une, regroupée autour de Primakov, est étroitement liée au capitalisme international et veut faire entrer la Russie dans le mondialisme tout en travaillant à un partage de sphères d'influence "reservées" entre les Etats-Unis entre les Etats-Unis et tout ce qui reste de l'URSS. L'autre, tout aussi préoccupée de "modernisation" économique, mais opposée à ce même mondialisme, rêve au contraire de restaurer une Russie nationalement forte, et capable de forger son propre destin dans le respect de sa propre culture (ce qui explique le soutien apporté par Alexandre Soljenitsyne au Kremlin dans l'affaire Tchétchène). Les deux camps ne sont d'accord que sur un seul point : le marxisme-léninisme est mort, ce qui explique leur hostilité commune à l'égard du Parti Communiste, dont tous sont pourtant issus.
"Les évènements récents peuvent donc être considérés sans grand risque de se tromper comme marquant l'échec définitif de l'opération imaginée par Youri Andropov et Mikhaïl Gorbatchev. Si l'obstacle qu'opposait à toute évolution réelle un parti communiste sclérosé a été effectivement contourné, c'est en fin de compte au profit d'une faction que l'on attendait pas vraiment, laquelle refuse de rentre "dans le rang" du "nouvel ordre international", ce qui explique l'hostilité à son égard de l'Occident médiatique."
Le "nettoyage" énergique mené chez les "bandits Tchétchènes" par les gars de Poutine ennuit l'Occident. C'est que la Russie a des forces armées autrement plus conséquentes que la Serbie. On ne pourrait guère provoquer sans escalade majeure un bombardement "humanitaire" de Moscou cette fois-ci !
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lundi, 07 février 2000
Qui fera le procès du communisme ?
En ce temps d'anniversaire -bien vite oublié il est vrai - de la chute du Mur de Berlin, tout un chacun fait haro sur le baudet Haider à tort ou à raison. Le personnage n'est peut-être pas recommandable il est vrai mais on sent dans la levée de bouclier actuelle comme un malaise. Combien étaient-elles, nos grandes consciences universelles, à manifester contre la poignée de main donnée au populicide Kabila, contre le tour de valse entre la femme du Président Chirac et le maitre de la prison chinoise, Jian Zeming ? Les manifestations contre l'Autriche me gênent, oui. Elles me gènent parce qu'elles ne sont pas équitables. Je n'ai pas dit justes, je dis équitables. Il y a deux poids deux mesures et répondre comme un seul homme aux injonctions de la presse et du système politique me semble être une preuve de "liberté d'esprit" bien mesquine ! Mesquine parce que le nettoyage de l'écurie d'Augias européenne n'a pas été fini. Il y a des coins obscurs où certains ne sont pas pressés d'aller.
Tout le monde a célébré la chute du Mur de Berlin mais personne n'a pointé le doigt vers ceux qui l'avaient érigé. Non, ce Mur, il a dû se faire tout seul ? au nom d'aucune idéologie. Un matin, il était là, balafrant l'Europe.
Quand on fête un anniversaire, quand on se goberge d'un "devoir de mémoire" et d'un "plus jamais ça", il faut aller jusqu'au bout et pointer du doigt ceux dont les cendres chaudes embrument encore les esprits enfumés de nos "intellectuels engagés". Nous avons vécu sans vouloir le voir, et souvent en se cachant les yeux, au milieu d'une entreprise criminelle organisée comme système d'Etat. Organisée en système politique au nom d'une philosophie, le Marxisme. Cette philosophie, tout comme le National-Socialisme, aurait pu passer de mode mais elle s'est installé comme un virus sur tous les continents. Ce fut une philosophie de guerre fondée sur la guerre.
10 ans après, rien sur les victimes. 30, 70, 90 millions de morts. Rien. Pas une plaque, pas un carré d'herbe où déposer une gerbe. L'Empire s'est effondré mais le drapeau rouge flotte encore dans les têtes. La grande illusion est encore vivante chez les traitres, les collabos, bêtes noires, recéleurs du crime, tous ceux que nous cotoyons. Le communisme continue toujours : "continuons le combat". 10 ans après, pratiquement jour pour jour, le dictateur chinois dansait dans les ors de la République, cette jeune fille que l'on voulait pure et qui en est réduite à faire la catin pour vendre ses avions. L'URSS s'est effondrée mais les mémoires aussi, les muscles, les reflexes vitaux de nos "élites" politiques. Seul reste dans le ton des discours comme un parfum de relachement de sphincters.
Qui fera le procès de ces vieillards, chiens de garde des camps, responsables de la destruction des Koulaks, manutentionnaires et tortionnaires ordinaires des Goulags ? C'est l'esprit des dissidents qui a miné le système de l'intérieur, le sang des fusillé a grippé les rouages de la Bête. Ne l'oublions pas : le communisme est l'ennemi absolu de l'esprit. L'esprit a gagné contre le matérialisme. Qui se souvient encore de Sakharov et de sa Résistance ? Plutôt que de rappeler son nom, c'est Gorbatchev qui a pointé son nez pour célébrer le dixième anniversaire de la chute du Mur. Un comble ! Avons-nous vu Jean-Paul II, lui qui a miné de l'intérieur le système ? Non plus.
La chute du communisme, ce fut la victoire de la vérité sur le mensonge et la Vérité les a rendus libres, comme le proclame l'Evangile. Et puis, le degel soviétique a sonné le réveil des Nations : Moldaves, Tchèques, Roumains, Polonais, Polonais surtout. Tous ont retrouvé leur fierté d'être, spirituellement.
L'effondrement s'est fait sans morts mais sans justice non plus. Comment se libérer de son passé sans la catharsis judiciaire. Il faut un temps pour juger afin de finir une époque. Oui, l'Epuration, aussi pénible soit-elle, est le corollaire de la Libération. Quand donc sera le procès de Nuremberg du communisme ? A Nuremberg, le mal a été physiquement circonscrit dans un lieu. Pas pour le communisme. Il y a eu un délitement, une fuite, un laisser-aller. Attention, le risque est grand de voir la Vengeance remplacer la Justice. Un procès a pour avantage de fixer le mal. On commémore un événement par la parole en fixant le temps. Tant que les pays ne feront pas un procès - même sans peine -, il n'y aura pas de Justice.
Pourtant, une opération judiciaire aurait pour avantage de pouvoir se regarder sans malaise dans la glace du Temps, de pouvoir repartir à neuf, lavé de l'affront du communisme, de pouvoir regarder sans honte les goulags et les cimetières.
Quand donc sera le procès du communisme ?
00:15 Publié dans Idéologies | Lien permanent | Envoyer cette note

